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Mis à jour le 26 septembre 2026
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16 min de lecture

Andorre est-elle encore un paradis fiscal ? Le point complet en 2026

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L’Andorre n’est plus un paradis fiscal au sens des listes officielles, mais elle reste l’un des pays à la fiscalité la plus légère d’Europe. Pour la situer face aux autres juridictions, consultez notre comparatif des paradis fiscaux, avec leurs critères de légalité et de transparence.

L’Andorre ne figure ni sur la liste de l’Union européenne des juridictions non coopératives ni sur la liste française des États et territoires non coopératifs, et elle transmet depuis 2018 les données bancaires de ses non-résidents à leur pays (norme CRS). Ses taux restent bas : impôt sur le revenu (IRPF) de 10 % au-delà de 24 000 € exonérés, impôt sur les sociétés de 10 %, TVA locale (IGI) de 4,5 %, ni impôt sur la fortune ni droits de succession. Pour un Français, le gain suppose une vraie résidence, désormais coûteuse : le permis sans activité exige 1 000 000 € investis (ou 400 000 € dans le fonds public pour le logement), 50 000 € versés sans restitution et 90 jours de présence par an. En partant, vous restez imposable en France sur vos revenus de source française, et l’exit tax peut s’appliquer : elle vise un portefeuille de titres de plus de 800 000 € ou une participation d’au moins 50 % dans une société.

Dans ce guide, vous découvrirez :

  • L’évolution du système fiscal andorran depuis 2015
  • Les taux d’imposition actuels sur le revenu, les sociétés et le patrimoine
  • Les démarches concrètes pour s’expatrier fiscalement en 2026
  • Un comparatif avec les autres pays à fiscalité avantageuse

Le terme “paradis fiscal” : définition et réalité en 2026

Il n’existe pas de définition légale unique du paradis fiscal. Deux listes officielles comptent pour un contribuable français : la liste de l’Union européenne des juridictions non coopératives à des fins fiscales, révisée deux fois par an, et la liste française des États et territoires non coopératifs (ETNC), fixée par arrêté. Un taux d’impôt sur le revenu bas ne suffit pas à y faire inscrire un pays : l’Union juge sa transparence fiscale, l’équité de son système et sa coopération, au regard des standards de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce qui peut valoir une inscription :

  • Absence d’échange automatique des données bancaires
  • Régimes fiscaux de faveur réservés aux non-résidents ou sans activité réelle
  • Non-application des mesures de l’OCDE contre l’érosion de la base d’imposition
  • Refus de coopérer avec l’UE et l’OCDE sur la fraude fiscale

Une charge fiscale faible ne suffit donc pas : l’Andorre, petit pays à fiscalité basse, coopère et n’est inscrite sur aucune des deux listes.

Andorre a-t-elle été un paradis fiscal ?

Jusqu’au milieu des années 2010, Andorre n’avait pas d’impôt général sur le revenu des personnes physiques et protégeait le secret bancaire. Elle a changé de modèle sous la pression de l’OCDE et de l’Union européenne, en signant des accords d’échange de renseignements puis en créant ses impôts directs.

  • 2009 : accord d’échange de renseignements fiscaux avec la France, signé le 22 septembre
  • 2013 : convention de non double imposition avec la république française, signée le 2 avril, en vigueur le 1er juillet 2015
  • 2015 : création de l’IRPF, l’impôt sur le revenu des résidents (loi 5/2014)
  • 2016 : accord avec l’Union européenne sur l’échange automatique des données bancaires, signé le 12 février, et loi 19/2016 sur la norme CRS
  • 2018 : premiers échanges automatiques, sur les comptes de 2017, et suppression des régimes de faveur de l’impôt sur les sociétés (fin de la transition en 2020)

Ces réformes ont fait de la principauté un pays coopérant à faible fiscalité plutôt qu’un refuge opaque : la fiscalité reste attractive, mais les comptes détenus par des non-résidents sont déclarés à leur pays de résidence, ce qui ferme la porte à l’évasion fiscale et laisse la place à une activité économique réelle.

Système fiscal actuel d’Andorre : ce qui a changé

Le système fiscal andorran repose sur quatre impôts de l’État : l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPF), l’impôt sur les sociétés (IS), l’impôt sur le revenu des non-résidents (IRNR) et l’impôt général indirect (IGI). Leur taux général est de 10 %, l’IGI mis à part. S’y ajoutent des impôts sur l’immobilier et des taxes communales.

IRPF (Impôt sur le revenu) : taux, abattements et exonérations

L’impôt sur le revenu (IRPF) andorran a un taux unique de 10 %, appliqué au revenu mondial des résidents fiscaux. Les premiers 24 000 € de revenu sont exonérés (30 000 € en cas d’incapacité, 40 000 € si le conjoint n’a pas de revenus). Une bonification, plafonnée à 800 €, divise par deux l’impôt sur la tranche de 24 000 à 40 000 € des revenus du travail, d’activité ou immobiliers : le taux équivalent y est de 5 %.

  • 1 000 € déduits du revenu imposable par enfant de moins de 25 ans ou par ascendant de plus de 65 ans à charge
  • 3 000 € de revenus de l’épargne exonérés chaque année
  • Dividendes de sociétés andorranes exonérés
  • Plus-values sur titres exonérées pour une participation de 25 % au plus ; au-delà, après 10 ans de détention

Exemple : un salarié qui perçoit 70 000 € nets de cotisations sociales est imposé sur 46 000 € (70 000 € moins les 24 000 € exonérés) : 46 000 € × 10 % = 4 600 €, moins la bonification de 800 €, soit 3 800 € d’IRPF, un taux d’imposition effectif de 5,4 %. La déclaration se dépose entre le 1er avril et le 30 septembre de l’année suivante.

Impôt sur les sociétés : taux et base imposable

L’impôt sur les sociétés est de 10 % ; seuls les fonds d’investissement de droit andorran sont à 0 %. Les régimes à environ 2 % pour le commerce international et la gestion intragroupe ont été supprimés en 2018, avec une transition jusqu’à fin 2020 ; il ne reste qu’une réduction pour les revenus de propriété intellectuelle, proportionnée à la part de recherche réalisée par la société elle-même. Les pertes se reportent sur 17 ans, sans que l’impôt dû puisse descendre sous 30 % de l’impôt brut. Une société en Andorre qui dégage 200 000 € de bénéfice imposable paie donc 20 000 € d’IS. Les dividendes qu’elle verse à un associé non résident ne subissent pas de retenue en Andorre. La double imposition est évitée par 19 conventions en vigueur, dont celle entre Andorre et la France.

IGI (TVA) : taux et opérations exonérées

L’IGI, équivalent andorran de la TVA, a un taux général de 4,5 %, inchangé en 2026.

  • 0 % : soins de santé, enseignement, location de logements
  • 1 % : alimentation, eau, livres et presse
  • 2,5 % : transport de personnes, objets d’art
  • 9,5 % : services bancaires et financiers

Une entreprise dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 40 000 € n’est pas assujettie à l’IGI, sauf si elle choisit de l’être. Pour comparer avec les juridictions que retiennent souvent les indépendants et les e-commerçants, consultez notre guide sur la création en ligne d’une société offshore.

Fiscalité du capital, de l’immobilier et des successions

Il n’existe ni impôt sur la fortune ni droits de succession, et les donations en famille jusqu’au troisième degré sont exonérées. Depuis 2024, les plus-values immobilières d’un résident relèvent de l’IRPF à 10 %, avec une surtaxe de 10 % du gain avant 2 ans et de 5 % entre 2 et 5 ans de détention, une réduction progressive de 6 à 10 ans et une exonération au-delà de 10 ans. Un non-résident paie 25 %, 20 % ou 15 % selon qu’il revend avant 2 ans, entre 2 et 5 ans ou entre 5 et 10 ans. À l’achat, un non-résident, ou un résident qui ne justifie pas de trois ans de résidence sur les dix dernières années, paie en plus l’impôt sur l’investissement étranger immobilier : créé en 2024, il est depuis février 2026 de 6 % pour un seul logement et de 10 % au-delà.

Est-ce toujours un paradis fiscal pour les Français ?

Oui pour les taux, non pour l’opacité : l’Andorre impose peu mais coopère avec la France. Pour un contribuable français, le gain est réel s’il y transfère vraiment sa résidence fiscale, et nul s’il reste fiscalement domicilié en France.

Pourquoi Andorre attire les entrepreneurs, indépendants, retraités

Andorre attire surtout les indépendants, les dirigeants de société, les retraités aisés et les sportifs, grâce à :

  • Un impôt sur le revenu de 10 %, sans impôt sur la fortune ni droits de succession
  • Des cotisations sociales (CASS) de 22 % du salaire : 6,5 % pour le salarié et 15,5 % pour l’employeur
  • Une qualité de vie de montagne, entre la France et l’Espagne
  • 19 conventions fiscales avec des pays du monde entier, dont la France et l’Espagne

La langue officielle est le catalan. Pour anticiper les formalités et les documents à fournir, lisez notre guide comment s’expatrier en 2026.

Avantages réels vs clichés fiscaux dépassés

Réalité vs mythes :

  1. Faible imposition : oui, 10 % sur le revenu et les bénéfices.
  2. Secret bancaire : fini pour les non-résidents, dont les comptes sont déclarés chaque année à leur pays.
  3. TVA inexistante : faux, l’IGI est de 4,5 %.
  4. Aucun impôt sur les plus-values : faux, l’immobilier et les grosses participations détenues moins de 10 ans sont imposés.
  5. Fiscalité des sociétés à 2 % : fini depuis 2021, le taux est de 10 %.
  6. Liste noire des paradis fiscaux : l’Andorre ne figure ni sur la liste européenne ni sur la liste française.
  7. Résidence facile : de moins en moins, avec un million d’euros à investir (ou 400 000 € dans le fonds public pour le logement), 50 000 € versés à fonds perdus et des quotas.
  8. Cadre fiscal aligné sur les standards de l’OCDE, notamment l’échange automatique.

L’expression « Andorre paradis fiscal » est donc devenue un cliché : l’attractivité existe, mais dans un cadre fiscal contrôlé.

Ce que dit le droit fiscal français sur l’expatriation vers Andorre

Le code général des impôts ne fixe aucun seuil de 183 jours. Vous restez domicilié fiscalement en France si vous y gardez votre foyer ou le lieu de votre séjour principal, si vous y exercez votre activité professionnelle principale ou si vous y avez le centre de vos intérêts économiques : un seul de ces critères de l’article 4B CGI suffit. Si l’Andorre vous considère aussi comme résident, la convention franco-andorrane tranche dans l’ordre : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité. Une de ses clauses autorise la France à imposer ses ressortissants résidant en Andorre comme si la convention n’existait pas, mais seulement si une loi française l’organise : aujourd’hui, un non-résident n’est imposable en France que sur ses revenus de source française.

Deux impôts suivent le départ. Si vous avez été résident français au moins 6 ans sur les 10 dernières années, l’exit tax impose au jour du départ les plus-values latentes de vos titres, dès que leur valeur dépasse 800 000 € ou que vous détenez au moins 50 % des bénéfices d’une société, au taux de 31,4 % pour un départ en 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). L’Andorre n’ouvrant pas droit au sursis de paiement automatique, l’exit tax est à payer avec l’impôt sur le revenu de l’année du départ, sauf sursis demandé avant de partir ; si vous gardez les titres 2 ans (5 ans au-delà de 2,57 M€), elle est ensuite dégrevée, ou restituée si elle a été payée. Indépendamment, l’article 244 bis B impose en France à 12,8 % la plus-value d’un non-résident qui vend des parts d’une société française dont il a détenu, avec son conjoint, ses ascendants et ses descendants, plus de 25 % des bénéfices au cours des cinq dernières années, quelle que soit la date de la vente.

Statut légal, transparence, échange automatique d’infos

La loi 19/2016, en vigueur depuis le 1er janvier 2017, applique la norme d’échange automatique de l’OCDE (CRS). Les premiers échanges ont eu lieu en 2018 sur les comptes de 2017, d’abord avec les États de l’Union européenne, dont la France, puis avec un nombre croissant de juridictions :

  • Les banques andorranes identifient chaque année les comptes des non-résidents
  • Elles transmettent le solde et les revenus du compte à l’administration andorrane
  • Celle-ci les envoie au pays de résidence du titulaire, pour la France à la direction générale des Finances publiques (DGFiP)

Inscrite en décembre 2017 sur la liste grise de l’Union européenne, pour des régimes fiscaux jugés dommageables qu’elle s’était engagée à supprimer, l’Andorre n’y figure plus dans la révision de mars 2019. Avec cette transparence fiscale, le secret bancaire andorran ne couvre plus la fraude fiscale : le compte ouvert en Andorre par un résident français est connu du fisc français. Pour diversifier dans des actifs tangibles, voyez comment placer son argent hors des banques.

Avantages fiscaux et patrimoniaux pour les résidents andorrans

Choisir la principauté comme résidence fiscale donne accès à des taux plafonnés, à une transmission sans droits de succession et à un secteur bancaire garanti, dans un cadre désormais transparent.

Taux d’imposition bas et plafonné

Le taux de l’impôt direct d’un résident andorran est de 10 % sur les revenus et de 10 % sur les bénéfices d’entreprise, hors surtaxe sur les reventes immobilières rapides. Un dirigeant qui se verse 60 000 € nets de cotisations est imposé sur 36 000 € (60 000 € moins 24 000 €) : 36 000 € × 10 % = 3 600 €, moins la bonification de 800 €, soit 2 800 € d’IRPF. La couverture santé passe par la CASS, à laquelle cotisent salariés et indépendants.

Absence d’ISF et de droits de succession

L’absence d’impôt sur la fortune et de droits de succession ne règle pas tout pour un Français : les biens situés en France restent soumis aux droits de succession français, et la convention franco-andorrane ne couvre que les impôts sur le revenu. Pour organiser le reste de votre patrimoine, voyez notre guide d’optimisation fiscale pour un particulier.

Optimisation des revenus et des structures de société

Pour un associé résident, les bénéfices d’une société andorrane ne supportent que l’IS de 10 % : les dividendes qu’il en reçoit sont exonérés d’IRPF. Cette approche s’intègre dans une stratégie plus large d’optimisation fiscale pour un particulier souhaitant structurer ses revenus durablement.

Sécurité bancaire, confidentialité encadrée

Le secteur bancaire compte trois groupes agréés par l’Autoritat Financera Andorrana (AFA), l’autorité financière du pays : Andbank, Creand (Crèdit Andorrà) et MoraBanc. Les dépôts sont garantis jusqu’à 100 000 € par déposant et par banque par le FAGADI, le fonds andorran de garantie des dépôts. Pour les conditions d’ouverture, consultez notre page sur le compte bancaire andorran. Un résident fiscal français qui en ouvre un doit le déclarer chaque année, même si son solde est modeste : voyez la règle pour un compte offshore avec moins de 50000 euros, souvent négligée lors d’une première expatriation.

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Comment s’expatrier fiscalement en Andorre ?

S’installer en principauté suppose d’obtenir un permis de résidence, dans la limite de quotas annuels, puis d’y vivre réellement. Deux voies concernent la plupart des Français : la résidence sans activité, dite passive, et la résidence avec activité pour compte propre, dite active.

Conditions de résidence passive et résidence active

Résidence passive :

  • Investir au moins 1 000 000 € en Andorre (immobilier, parts de sociétés, dette publique, assurance-vie locale), ou 400 000 € dans le fonds public pour le logement ; en immobilier, plus de 800 000 € par logement acheté
  • Verser à l’AFA 50 000 €, plus 12 000 € par personne à charge, non restitués sauf refus du permis
  • Résider au moins 90 jours par an en Andorre
  • Justifier de revenus supérieurs à trois fois le salaire minimum annuel, plus une fois par personne à charge

Résidence active (entrepreneur) :

  • Créer une société en Andorre et en détenir plus de 34 %, avec un mandat d’administrateur
  • Verser à l’AFA 50 000 € non restitués (un projet numérique ou innovant reconnu en est dispensé)
  • Exercer une activité réelle, avec un commerce enregistré
  • Résider au moins 183 jours par an pour obtenir le renouvellement

Dans les deux cas : casier judiciaire vierge, assurance maladie couvrant l’Andorre, bail ou titre de propriété d’un logement, puis inscription à la commune dans le mois. Les membres de la famille peuvent être rattachés au permis principal.

Démarches concrètes : documents, délais, obligations

Documents : passeport, certificat de casier judiciaire, justificatif de logement, d’assurance et de ressources, documents étrangers apostillés. Si vous déteniez un compte hors de France avant le départ, appliquez la règle de déclaration d’un compte à l’étranger pour l’année du départ.
Étapes :

  1. Vérifier qu’une place reste dans le quota de l’année
  2. Verser le dépôt à l’AFA et réaliser l’investissement
  3. Signer le bail ou l’acte d’achat
  4. Déposer la demande auprès du service de l’immigration
  5. S’inscrire à la commune et obtenir son numéro fiscal pour la fiscalité en Andorre

Les autorisations de résidence sans activité sont accordées pour deux ans, renouvelées pour deux ans puis pour trois ans, et ensuite pour dix ans. Pour 2026, le quota est de 200 autorisations, dont 163 pour la résidence passive. Les étapes complètes figurent dans notre guide comment s’expatrier en 2026.

Combien investir ? Quel revenu prouver ?

Pour la résidence passive, comptez 1 050 000 € : 1 000 000 € d’investissement et 50 000 € versés à l’AFA et non restitués, plus 12 000 € par personne à charge ; le total descend à 450 000 € si l’investissement se fait dans le fonds public pour le logement (400 000 €). Le revenu à prouver se calcule sur le salaire minimum, de 9,05 € de l’heure soit 1 568,67 € par mois depuis le 1er juillet 2026 : 1 568,67 € × 12 × 3 = 56 472 € par an pour le titulaire, plus 18 824 € par personne à charge. Pour la résidence active, le coût d’entrée est le versement de 50 000 € et la création de la société. Pour comparer, voyez les conditions d’une expatriation à Malte, souvent choisie pour ses régimes de résidence non-dom.

Statuts particuliers : talents et professionnels à dimension internationale

Professionnels à rayonnement international : au moins 85 % des services rendus hors d’Andorre, au plus un salarié, 90 jours de présence par an et un dépôt non rémunéré à l’AFA.
Scientifiques, artistes et sportifs de renommée internationale : mêmes conditions de présence, de services rendus hors d’Andorre et de dépôt.

Ces statuts illustrent la concurrence fiscale d’Andorre : ils visent des profils dont l’activité s’exerce surtout hors du pays.

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Andorre vs. autres paradis fiscaux ou pays à fiscalité avantageuse

Comparer Andorre à Dubaï, Malte, au Portugal, à l’Irlande et à la Suisse aide à mesurer son cadre fiscal. Les critères utiles : taux effectifs, conventions de double imposition avec la France, coût de l’installation et statut au regard des listes officielles.

Comparatif avec Dubaï, Malte, Portugal, Irlande, Suisse

En matière de concurrence fiscale, les six pays ont signé une convention fiscale avec la France, qui encadre l’imposition des revenus de source française. Pour un départ avec des titres, la différence tient à l’exit tax : seuls Malte, le Portugal et l’Irlande, membres de l’Union européenne, ouvrent droit au sursis de paiement automatique ; vers l’Andorre, Dubaï ou la Suisse, il faut le demander avant de partir.

Fiscalité comparée : 6 juridictions attractives (2025)
Juridiction IR max IS max TVA/IGI ISF Convention France Note OCDE
Andorre 10 % 10 % 4,5 % Non Oui Largely Compliant
Dubaï 0 % 9 % (2025) 5 % Non Oui Compliant
Malte 35 %* 35 %* 18 % Non Oui Compliant
Portugal 48 % 21 % 23 % Non Oui Compliant
Irlande 40 % 12,5 % 23 % Non Oui Compliant
Suisse 40 %** 15 % 8,1 % Cantonal Oui Compliant

Coût de la vie, sécurité juridique, réputation internationale

Le gain fiscal se compare au coût de l’installation : investissement ou dépôt non restitué, logement, assurance santé, allers-retours en France. Côté sécurité juridique, les lois andorranes, publiées au Bulletin officiel (BOPA), changent souvent : le seuil d’investissement de la résidence passive est passé de 400 000 € à 600 000 € fin 2022, puis à 1 000 000 € en février 2026. Pour sécuriser une partie du capital en période d’incertitude monétaire, consultez aussi notre guide d’investissement sur l’or.

Pourquoi Andorre reste compétitive dans un cadre réglementé

Plusieurs raisons font qu’Andorre reste compétitive :

  • Taux d’imposition de 10 % sur le revenu et les bénéfices, IGI à 4,5 %
  • Frontière commune avec la France
  • Transparence fiscale : échange automatique CRS et absence des listes UE et française

L’Andorre combine faible fiscalité, proximité et coopération fiscale, mais le gain suppose de s’y installer vraiment. Face à Dubaï, cette proximité fait la différence ; face à Malte, en revanche, l’Andorre n’ouvre pas droit au sursis automatique de l’exit tax. Pour approfondir cette comparaison, consultez notre dossier dédié à l’expatriation à Malte.

Autres pays considérés comme paradis fiscaux en 2026

Deux listes officielles coexistent, à ne pas confondre. La « liste noire » de l’Union européenne, révisée le 17 février 2026, compte dix juridictions : Anguilla, Guam, les Îles Turques-et-Caïques, les Îles Vierges américaines, Palaos, Panama, la Russie, les Samoa américaines, Vanuatu et le Vietnam. La liste française des États et territoires non coopératifs, fixée par l’arrêté du 15 avril 2026, reprend ces dix juridictions et y ajoute Antigua-et-Barbuda, soit onze. C’est cette liste française qui déclenche les sanctions fiscales françaises, comme la retenue à la source de 75 % sur les dividendes versés dans l’un de ces territoires. Ce taux ne vise toutefois que quatre d’entre eux : Anguilla, Antigua-et-Barbuda, les Îles Turques-et-Caïques et Vanuatu. L’Andorre ne figure sur aucune des deux listes : les revenus qui y sont versés échappent à ces sanctions, et la convention franco-andorrane protège contre la double imposition.

Juridictions non coopératives en 2026 : liste UE et liste française
Juridiction Liste UE (17/02/2026) Liste française (arrêté du 15/04/2026) Retenue de 75 % sur les dividendes
Anguilla Oui Oui Oui
Antigua-et-Barbuda Non Oui Oui
Guam Oui Oui Non
Îles Turques-et-Caïques Oui Oui Oui
Îles Vierges américaines Oui Oui Non
Palaos Oui Oui Non
Panama Oui Oui Non
Russie Oui Oui Non
Samoa américaines Oui Oui Non
Vanuatu Oui Oui Oui
Vietnam Oui Oui* Non
Andorre Non Non Non
* Vietnam : ajouté à la liste française par l’arrêté du 15 avril 2026, mesures françaises applicables depuis le 1er juillet 2026. Les Îles Turques-et-Caïques y figuraient déjà depuis l’arrêté du 18 avril 2025.
Sources : conclusions du Conseil de l’UE du 17 février 2026 ; arrêté du 15 avril 2026 (JO du 26 avril 2026) ; articles 119 bis et 187 du code général des impôts.
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FAQ – Réponses aux vraies questions sur Andorre et la fiscalité

Oui, la loi ne l’interdit pas, à condition que le départ soit réel : vous devez obtenir un permis de résidence andorran et ne plus avoir en France ni votre foyer, ni votre activité principale, ni le centre de vos intérêts économiques. Une installation de façade expose à un redressement. Si vous cherchez seulement à loger une activité à l’étranger sans déménager, une société ne change pas votre domicile fiscal ; consultez notre article sur la création en ligne d’une société offshore.

L’année qui suit le départ, vous déclarez les revenus de l’année du départ : sur la 2042 ceux perçus jusqu’au départ, sur la 2042-NR vos revenus de source française perçus ensuite. Si vos titres dépassent 800 000 € ou si vous détenez au moins 50 % des bénéfices d’une société, l’exit tax se déclare sur la 2074-ETD, au plus tard 90 jours avant le départ si vous demandez le sursis de paiement. Un compte andorran ouvert avant le départ se déclare aussi (formulaire 3916), l’obligation ne visant que les personnes domiciliées en France. Ensuite, seuls vos revenus de source française restent imposables en France : loyers, plus-values immobilières, dividendes de sociétés françaises (retenue à la source de 12,8 %), sans prélèvements sociaux sur ces dividendes.

Oui, en Andorre : pas d’impôt sur la fortune ni de droits de succession, et sont exonérés d’IRPF les premiers 24 000 € de revenu, 3 000 € de revenus de l’épargne par an, les dividendes de sociétés andorranes et les plus-values sur titres pour une participation de 25 % au plus. Côté français, si vous conservez vos titres 2 ans après le départ (5 ans au-delà de 2,57 M€ de titres), l’exit tax est dégrevée, ou restituée si elle a été payée. La convention fiscale franco-andorrane, elle, évite qu’un même revenu soit imposé deux fois.

Pas forcément. En Andorre, vous êtes résident fiscal si vous y passez plus de 183 jours dans l’année ou si le cœur de vos activités ou intérêts économiques s’y trouve ; le permis de résidence passive, lui, n’exige que 90 jours par an sur place. En France, le nombre de jours ne suffit pas : vous restez résident fiscal français si votre foyer, votre activité principale ou le centre de vos intérêts économiques y demeure. Tenez un relevé de vos séjours et gardez les justificatifs de votre vie en Andorre.

Oui. L’administration peut contester votre départ si votre foyer, votre activité principale ou le centre de vos intérêts économiques est resté en France. Elle dispose en principe de trois ans pour le faire, jusqu’à la fin de la troisième année qui suit celle des revenus concernés ; ce délai passe à dix ans si vous n’avez pas déclaré un compte détenu à l’étranger alors que vous étiez résident français, sauf si le total de vos soldes à l’étranger n’a jamais dépassé 50 000 € dans l’année. Archivez les preuves de votre installation.

Oui, si l’essentiel de votre vie est en Andorre. Si chacun des deux pays vous considère comme résident, la convention fiscale tranche : l’État où vous avez un foyer d’habitation permanent, puis celui de vos intérêts personnels et économiques les plus étroits, puis celui où vous séjournez habituellement. Garder un logement disponible en France et y passer une grande partie de l’année rend l’issue incertaine : limitez vos séjours français et centralisez en Andorre logement, contrats et activité.

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Auteur
Kévin Gouraud
Rédacteur Financier
Kévin Gouraud est rédacteur financier chez Online Asset. Titulaire d’une licence AES à l’Université Toulouse Capitole et d’une maîtrise en droit des affaires à l’Université de Montréal, il rédige et analyse un large éventail de contenus liés à la finance et à l’investissement, avec une attention particulière portée à la fiabilité des sources et à la clarté de l’information.
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