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Mis à jour le 9 août 2026
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24 min de lecture

ETF hydrogène : quel fonds choisir en 2026 et lequel écarter

Comparatif des 7 ETF hydrogène accessibles en France : frais, encours, concentration réelle et éligibilité PEA. Les chiffres datés pour arbitrer.
etf hydrogene

Sept ETF portent aujourd’hui le mot hydrogène dans leur nom et se négocient sur les places européennes. Le premier place 28,98% de son actif dans ses dix premières lignes. Le dernier en place 88,90%. Ces deux fonds portent des paris industriels distincts, avec des amplitudes de baisse sans rapport. Les frais tiennent dans une fourchette étroite de 0,30 % à 0,60 % par an, ce qui en fait un critère de tri secondaire. Ce dossier compare les huit parts cotées en Europe au 2 août 2026 : indices, concentration réelle, enregistrement en France et traitement fiscal.

Sept fonds, huit parts cotées, un seul mot sur l'étiquette.
Deux paris industriels opposés sous le même nom
Éligibilité PEA Aucune des huit parts recensées
Le compte-titres ordinaire reste l'enveloppe d'accès. Le quota de 75 % de titres européens posé par l'article L221-31 du Code monétaire et financier n'est atteint par aucun de ces fonds, la filière s'étant industrialisée hors d'Europe.
Ce qui départage vraiment : la concentration
Le plus dilué 28,98 % Invesco Hydrogen Economy Aucune ligne au-dessus de 4,03 %
Le plus concentré 88,90 % Global X Hydrogen Six titres portent l'essentiel
Poids cumulé des dix premières lignes du portefeuille. Positions arrêtées entre le 26 et le 29 mai 2026 selon les fonds.
Frais courants 0,30 % à 0,60 % Soit 0,30 point d'écart annuel entre le moins cher et le plus cher du panel. Un critère de tri secondaire, très loin derrière la concentration du portefeuille et la taille du fonds.
Réserve d'accès Global X publie au 27 juillet 2026 la liste des pays où le fonds est enregistré à la commercialisation. La France n'y figure pas.
Online Asset — Analyse Sources : article L221-31 du Code monétaire et financier (Légifrance) ; documentation produit des émetteurs Invesco, Global X et BNP Paribas Asset Management ; fiches justETF. Données arrêtées au 2 août 2026.

Les huit parts d’ETF hydrogène cotées en Europe en 2026

Le marché européen compte huit parts d’ETF UCITS dont le nom, l’objectif d’investissement ou l’indice de référence vise explicitement l’économie de l’hydrogène. Ces huit parts correspondent à sept fonds ou compartiments distincts : les deux lignes BNP Paribas, l’une en euro, l’autre en dollar, appartiennent au même compartiment et leurs encours ne s’additionnent pas, erreur fréquente dans les classements par taille.

Le reste du panorama est homogène sur trois points. Toutes ces parts répliquent physiquement leur indice, toutes capitalisent les revenus, et aucune ne couvre le risque de change. Cinq des sept fonds ont le dollar pour devise de base. L’enregistrement à la commercialisation varie en revanche d’un émetteur à l’autre.

Fiche technique
ETF hydrogène cotés en Europe : identifiants, indices et caractéristiques
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Fonds et part ISIN, ticker et places Indice et fournisseur Réplication, revenus, devise TER Création Encours daté
L&G Hydrogen Economy UCITS ETF USD Acc IE00BMYDM794HTMW sur Xetra, HTWO sur LSE et Borsa Italiana Solactive Hydrogen Economy Index NTRSolactive AG Physique intégrale, capitalisant, USD 0,49 % 01/02/2021 426 M€justETF, 02/08/2026
Amundi Global Hydrogen UCITS ETF Acc FR0010930644ANRJ sur Euronext Paris Bloomberg Hydrogen Screened Net ReturnBloomberg Index Services Physique directe, capitalisant, EUR 0,45 % 28/09/2010stratégie hydrogène depuis le 27/09/2023 234,54 M€Amundi, 30/06/2026
VanEck Hydrogen Economy UCITS ETF IE00BMDH1538HDR0 sur Xetra, HDRO sur LSE et Borsa Italiana MVIS Global Hydrogen Economy ESGMarketVector Indexes Physique intégrale, capitalisant, USD 0,55 % 26/03/2021 113,5 M$VanEck, 31/07/2026
iShares Energy Storage & Hydrogen UCITS ETF USD (Acc) IE000DR59CI3STOR sur Euronext Amsterdam STOXX Global Energy Storage and Hydrogen IndexSTOXX Physique, capitalisant, USD 0,50 % 06/02/2025 57,19 M$BlackRock, 31/07/2026
Global X Hydrogen UCITS ETF USD Accumulating IE0002RPS3K2HYCN sur Xetra, HYGN sur LSE et Borsa Italiana Solactive Global Hydrogen v2 IndexSolactive AG Physique intégrale, capitalisant, USD 0,50 % 07/02/2022 35,89 M$Global X, 31/07/2026
BNP Paribas Easy ECPI Global ESG Hydrogen Economy UCITS ETF EUR LU2365458145HYDRO sur Euronext Paris ECPI Global ESG Hydrogen Economy Index EUR Net ReturnECPI Physique intégrale, capitalisant, EUR 0,30 % 04/02/2022 20,05 M€compartiment, BNP Paribas AM, 30/06/2026
Invesco Hydrogen Economy UCITS ETF Acc IE00053WDH64HYDE sur Xetra et LSE, HYDN sur LSE en livre WilderHill Hydrogen Economy Net Returncalcul Solactive AG Physique, capitalisant, USD 0,60 % 07/09/2022 9,89 M$Invesco, 30/06/2026
BNP Paribas Easy ECPI Global ESG Hydrogen Economy UCITS ETF USD LU2533813023HYDUS sur Euronext Paris, HYDU sur LSE Même indice ECPI que la part EUR Physique intégrale, capitalisant, part USD 0,30 % 18/01/2023 Compris dans le compartiment commun

Huit lignes mais sept portefeuilles, les deux parts BNP Paribas partageant le même compartiment, et sept indices distincts derrière une thématique unique, du Solactive au WilderHill en passant par un STOXX qui intègre aussi le stockage d'énergie. Les performances passées ne se comparent donc pas d'un produit à l'autre, d'autant que l'antériorité affichée par Amundi remonte à 2010 alors que la stratégie hydrogène ne date que de septembre 2023.

Ce périmètre reste minuscule à l’échelle du marché : le plus gros fonds hydrogène pèse moins de la moitié d’un milliard d’euros, quand le classement ETF toutes catégories aligne des véhicules à plusieurs dizaines de milliards.

Ce que ce tableau exclut, et pourquoi

Un produit coté à Francfort porte pourtant le nom d’indice hydrogène : l’ETP on H2 Technologie Index de Leonteq, ISIN CH1505560610, créé le 2 décembre 2025 avec un TER de 0,85 %. Il s’agit juridiquement d’un ETN suisse, donc d’un titre de dette exposant au risque de crédit de son émetteur, et non d’un fonds UCITS. Sa commercialisation effective auprès d’un particulier français demande vérification.

Sont également hors périmètre les ETF cotés aux États-Unis, faute d’un document d’informations clés conforme au règlement PRIIPs, ainsi que les fonds clean energy généralistes, dont l’exposition à l’hydrogène reste incidente.

Le critère qui départage vraiment ces sept fonds

Sur une filière où une part significative des sociétés cotées reste déficitaire, l’écart de frais entre le moins cher et le plus cher représente 0,30 point par an. La concentration, elle, fait varier le profil de risque du simple au triple. C’est donc elle qui commande le classement retenu ici, selon cinq critères pondérés :

  • Concentration et pureté de l’exposition : 35 %, mesurées par le poids des dix premières lignes et par la nature des sociétés détenues.
  • Taille du fonds et pérennité économique : 25 %, appréciées à partir de l’encours publié par l’émetteur.
  • Frais courants : 15 %, secondaires vu l’étroitesse de la fourchette.
  • Profil de volatilité : 15 %, sur un an et trois ans quand l’historique existe.
  • Lisibilité de l’historique : 10 %, pénalisant les fonds dont la stratégie est plus récente que la création juridique.

Cette pondération est une grille éditoriale propre à Online Asset, sans valeur normative. Un investisseur qui privilégie le coût plutôt que la dispersion obtiendra un autre classement.

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Fonds Poids du top 10 Trois premières lignes Ce que le fonds achète en réalité
Invesco Hydrogen Economy 28,98 % ITM Power 4,03 %Taiyo Yuden 3,51 %Ballard Power 3,46 % Chaîne industrielle élargie, aucune ligne au-dessus de 5 %
BNP Paribas Easy Hydrogen 32,60 % Bloom Energy 4,55 %Plug Power 3,88 %Garrett Motion 3,83 % Filtre ESG, industriels et renouvelables mêlés aux pure players
L&G Hydrogen Economy 46,50 % FuelCell Energy 6,99 %Doosan Fuel Cell 6,24 %Ceres Power 4,94 % Pure players plafonnés, répartition Europe, Asie, Amérique du Nord
Amundi Global Hydrogen 48,77 % Bloom Energy 9,39 %Cummins 5,65 %Linde 5,27 % Gaz industriels et énergéticiens établis en tête de portefeuille
iShares Energy Storage & Hydrogen 66,15 % Bloom Energy 17,18 %Murata Manufacturing 9,82 %Samsung SDI 8,90 % Stockage d'énergie majoritaire devant l'hydrogène proprement dit
VanEck Hydrogen Economy 83,83 % Doosan Fuel Cell 12,88 %Bloom Energy 11,19 %Plug Power 11,07 % Pure players de la pile à combustible et de l'électrolyse
Global X Hydrogen 88,90 % Plug Power 14,26 %Bloom Energy 14,10 %Doosan Fuel Cell 12,54 % Six titres portent l'essentiel de la performance

Positions arrêtées entre le 26 et le 29 mai 2026 selon les fonds. Les poids évoluent avec les cours et les rééquilibrages.

Concrètement, un investisseur qui achète l’Invesco détient une trentaine de lignes industrielles diluées, dont plusieurs sociétés rentables. Celui qui achète le Global X détient six paris sur des sociétés majoritairement déficitaires. Le mot hydrogène désigne les deux. Un tracker mondial classique répartit au contraire le risque par la capitalisation, sans exposition sectorielle choisie.

Les quatre ETF hydrogène les plus diversifiés

Ces quatre fonds partagent une caractéristique : aucune de leurs positions ne dépasse 10 % du portefeuille. L’exposition reste répartie sur l’ensemble de la filière, des gaz industriels aux fabricants d’électrolyseurs.

Le saviez-vous ?
Le seuil de 10 % qui sépare ces quatre fonds des trois suivants n'est pas un choix éditorial, c'est un plafond réglementaire. Deux régimes coexistent pour un OPCVM européen :
  • Régime général, dit règle 5/10/40 : 5 % de l'actif au maximum par émetteur, limite portée à 10 % tant que la somme des lignes dépassant 5 % reste sous 40 % de l'actif.
  • Dérogation indicielle : un fonds dont l'objectif est de reproduire un indice peut atteindre 20 % sur un seul émetteur, et jusqu'à 35 % dans des conditions de marché exceptionnelles.
Les quatre fonds réunis ici restent sous le régime général. Ceux de la section suivante s'appuient sur la dérogation indicielle, ce qui demeure parfaitement conforme au cadre UCITS. Sources : directive 2009/65/CE, articles 52 et 53, et article R214-21 du Code monétaire et financier.

L&G Hydrogen Economy UCITS ETF USD Acc

Son encours est le plus élevé du groupe, ce qui donne un indicateur de taille sans permettre à lui seul de conclure sur la liquidité de la part ou sur sa fourchette achat-vente. Son indice Solactive Hydrogen Economy plafonne les lignes : FuelCell Energy culmine à 6,99 % et Doosan Fuel Cell à 6,24 %, ce qui limite la dépendance à un titre unique tout en gardant une orientation pure player. La répartition géographique équilibre Europe, Asie et Amérique du Nord. Le revers existe pourtant. Sur cinq ans arrêtés au 31 juillet 2026, la performance en euros ressort négative de 3,47 %, pour une volatilité annualisée de 25,09 % sur la même période. Cinq ans de détention pour un capital revenu à son point de départ.

Amundi Global Hydrogen UCITS ETF Acc

L’Amundi est l’une des deux lignes hydrogène cotées en euros sur Euronext Paris, avec la part EUR du BNP Paribas Easy Hydrogen. Il affiche la volatilité la plus basse du panel, à 16,68 % sur un an. L’explication tient au portefeuille : Cummins, Linde, Siemens Energy, Iberdrola, Engie et Air Liquide figurent parmi les dix premières positions. Ce sont des industriels rentables dont l’hydrogène ne représente qu’une fraction de l’activité. En pratique, ce fonds achète la transition énergétique par ses acteurs établis plutôt que par ses défricheurs.

La performance affichée à cinq ans, +243,48 % au 31 juillet 2026, ne mesure pas la stratégie hydrogène. Le fonds existe juridiquement depuis 2010, mais son reporting officiel situe le passage à l’indice Bloomberg Hydrogen Screened au 27 septembre 2023. Les performances antérieures à cette date correspondent à des indices européens de l’énergie et ne sont pas représentatives de la stratégie actuelle.

BNP Paribas Easy ECPI Global ESG Hydrogen Economy UCITS ETF

Frais les plus bas du marché et deuxième portefeuille le plus dilué. L’indice ECPI Global ESG Hydrogen Economy applique un filtre extra-financier qui élargit sensiblement l’univers, jusqu’à Garrett Motion, Infratil, Sensata Technologies, Umicore ou Nordex. La volatilité descend à 16,27 % sur un an. La contrepartie, c’est la taille : 20,05 M€ pour l’ensemble du compartiment au 30 juin 2026. La part en dollar est arrondie à 0 M€ par les comparateurs, ce qui signifie moins de 0,5 M€ et non un encours nul. Un encours de ce niveau entre dans l’appréciation de la pérennité économique d’un fonds, sans qu’aucun émetteur du panel ne publie de seuil automatique de fermeture.

Invesco Hydrogen Economy UCITS ETF Acc

C’est le portefeuille le mieux réparti du marché, aucune position ne dépassant 4,03 %. L’indice WilderHill Hydrogen Economy, sponsorisé par WilderHill New Energy Finance et calculé par Solactive AG, mêle électrolyseurs, composants et électronique de puissance : Taiyo Yuden, SMA Solar, Delta Electronics et Infineon y côtoient ITM Power et Ceres Power. Invesco combine donc le TER le plus élevé du panel et l’encours le plus faible, sous les 10 M$ au 30 juin 2026.

Trois ETF hydrogène concentrés sur les pure players

Au-delà de 65 % de poids cumulé dans les dix premières lignes, la dépendance aux principales positions change d’échelle.

Ce qu'une baisse doit regagner pour revenir à zéro
Une perte ne se rattrape jamais au même pourcentage qu'elle s'est creusée, et l'écart devient vertigineux sur les portefeuilles les plus concentrés. Appliqué aux reculs relevés dans cette section :
  • Recul de 26,23 % : il faut regagner +35,6 % pour retrouver le point de départ.
  • Recul de 53,79 % : il faut regagner +116,4 %.
  • Recul de 82,83 % : il faut regagner +482,4 %, soit un capital multiplié par près de six.
Calcul : 1 divisé par (1 moins le taux de baisse), moins 1. C'est la raison pour laquelle un gain de 59,49 % sur douze mois ne restaure pas un portefeuille amputé de plus de 80 % depuis son lancement.

VanEck Hydrogen Economy UCITS ETF

Doosan Fuel Cell, Bloom Energy, Plug Power et Ceres Power pèsent à eux seuls plus de 45 % du portefeuille. L’indice MVIS Global Hydrogen Economy ESG cible les acteurs dont l’activité dépend directement de la pile à combustible et de l’électrolyse. Les chiffres traduisent ce parti pris. En euros au 31 juillet 2026 : +39,26 % sur un an, mais un recul de 26,23 % sur trois ans et de 53,79 % sur cinq ans. La volatilité annualisée atteint 34,91 %. Le rebond récent n’a pas encore effacé la baisse antérieure.

iShares Energy Storage & Hydrogen UCITS ETF USD (Acc)

Seul fonds du panel dont l’intitulé annonce une exposition mixte, et c’est le stockage qui domine. Murata Manufacturing, Samsung SDI, Furukawa Electric et CATL occupent quatre des dix premières places, aux côtés de Bloom Energy à 17,18 %. La performance suit : +81,24 % sur un an, la plus forte du panel, portée par un cycle batteries dont le lien avec la molécule reste indirect. Lancé le 6 février 2025, ce fonds ne dispose d’aucun historique à trois ans. BlackRock publie une fiche produit en français et l’enregistre à la commercialisation en France.

Global X Hydrogen UCITS ETF USD Accumulating

Six titres portent l’essentiel du portefeuille. Plug Power, Bloom Energy, Doosan Fuel Cell, Ceres Power, Ballard Power et ITM Power cumulent près de 74 %. La volatilité annualisée atteint 51,09 % sur un an et 45,15 % sur trois ans, tandis que la baisse maximale depuis le lancement approche 82,83 %.

Ce fonds appelle une réserve qui ne tient pas à sa gestion. Global X publie au 27 juillet 2026 la liste des pays où le produit est enregistré à la commercialisation : Allemagne, Autriche, Danemark, Espagne, Finlande, Irlande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse. La France n’y figure pas. Le fonds reste coté sur trois places européennes, mais son accessibilité à un particulier résident français ne peut pas être présentée comme acquise à cette date.

Pour plus d'informations, prenez contact avec un membre de notre équipe.

Aucun ETF hydrogène n’est éligible au PEA

Au 2 août 2026, aucune des huit parts recensées n’est éligible au plan d’épargne en actions. BNP Paribas Asset Management l’indique explicitement sur sa fiche produit, et Amundi ne fait apparaître aucune enveloppe fiscale sur la sienne. La cotation parisienne n’y change rien : ni l’Amundi sous le ticker ANRJ, ni la part EUR du BNP Paribas Easy sous HYDRO ne sont logeables dans un plan. Une exposition compatible passe par d’autres briques, recensées dans le dossier sur quels ETF loger dans un PEA.

Pourquoi les portefeuilles hydrogène échouent au quota du PEA

L’article L221-31 du Code monétaire et financier pose une double condition. Le fonds doit employer plus de 75 % de ses actifs en titres éligibles de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen. Il doit aussi être lui-même établi dans un État de l’Union ou de l’Espace économique européen. Les sept fonds satisfont la seconde condition, puisqu’ils sont domiciliés en Irlande, en France ou au Luxembourg. C’est sur la première qu’ils échouent.

Bloom Energy et Plug Power sont américains, Doosan Fuel Cell et Samsung SDI coréens, Nippon Sanso et Kyocera japonais, Weichai Power et CATL chinois. Ces sociétés occupent les premières lignes de tous les indices du secteur, parce que la filière s’est industrialisée hors d’Europe. Ces fonds répliquant physiquement leur indice, leur portefeuille réel reflète cette géographie.

Cette situation ne vaut pas interdit juridique définitif. Le texte porte sur les actifs détenus, pas sur les sociétés composant l’indice suivi. Un ETF à réplication synthétique peut suivre un indice mondial tout en détenant un panier européen, mécanisme déjà employé sur d’autres thématiques mais qu’aucun émetteur n’a construit sur l’hydrogène. Pour la poche actions européennes du plan, les ETF small caps éligibles restent la voie physique classique.

Compte-titres, assurance-vie, holding : les enveloppes qui restent

Le compte-titres ordinaire devient de fait l’enveloppe d’accès, sous réserve que le courtier retenu référence la ligne visée et ouvre l’accès à sa place de cotation. Ce référencement varie d’un intermédiaire à l’autre, un point détaillé dans l’avis sur Trade Republic.

Ces sept fonds capitalisent tous leurs revenus : aucun dividende à déclarer chaque année, l’imposition intervenant à la cession des parts sur la plus-value réalisée. Elle relève alors du prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, sauf option globale pour le barème progressif. Après cinq ans, un PEA exonère les gains d’impôt sur le revenu mais laisse subsister les prélèvements sociaux, régime détaillé dans le dossier sur la fiscalité du PEA.

L’assurance-vie constitue une seconde voie, mais elle dépend entièrement du référencement de l’assureur. Aucune liste de contrats proposant ces sept fonds ne peut être établie de façon fiable à cette date : la vérification se fait contrat par contrat, sur la liste des unités de compte.

Certains industriels présents dans ces portefeuilles, Air Liquide, Siemens Energy, Engie, Iberdrola ou Nexans, restent accessibles en direct dans un plan. Une détention via une société soumise à l’impôt sur les sociétés relève d’un autre régime de plus-values. La détention de titres cotés par une holding suppose une structure préexistante et un arbitrage fiscal distinct.

Hydrogène vert, bas-carbone ou gris : ce que les indices achètent

Aucun des sept fonds n’est un ETF d’hydrogène vert au sens réglementaire. Les indices sélectionnent des sociétés exposées à la filière, selon des seuils de chiffre d’affaires et des filtres extra-financiers, sans jamais qualifier la molécule produite.

Le cadre européen distingue pourtant deux catégories que le langage commercial confond. Les RFNBO, carburants renouvelables d’origine non biologique, supposent une électrolyse alimentée en électricité renouvelable, avec des exigences d’additionnalité et de corrélations temporelle et géographique. L’hydrogène bas-carbone forme un ensemble plus large, retenant une économie d’émissions d’au moins 70 % par rapport au combustible fossile de référence. De cette qualification dépendent l’accès aux aides et aux quotas, donc la rentabilité de projets entiers.

Vert, bleu, gris : un vocabulaire sans existence juridique
Aucune de ces couleurs n'apparaît dans les textes français. L'article L811-1 du Code de l'énergie ne reconnaît que trois catégories :
  • l'hydrogène renouvelable, produit à partir d'électricité de sources renouvelables sous un seuil d'émissions défini ;
  • l'hydrogène bas-carbone, qui respecte ce même seuil sans remplir les autres critères du renouvelable ;
  • l'hydrogène carboné, qui n'est ni l'un ni l'autre.
L'arrêté du 1er juillet 2024 fixe ce seuil commun à 3,38 kgCO2éq/kgH2. La Stratégie nationale hydrogène révisée en 2025 qualifie elle-même l'appellation « bleu » d'abus de langage. Un code couleur qu'aucun texte ne définit ne peut donc servir de critère de sélection entre des fonds. Sources : Légifrance et ministère de l'Économie.

L’écart avec le récit commercial se mesure. En 2022, l’hydrogène représentait moins de 2 % de la consommation énergétique européenne et environ 96 % en était produit à partir de gaz naturel. Les gaz industriels en tête des portefeuilles Amundi et VanEck, Linde, Air Liquide ou Nippon Sanso, tirent aujourd’hui l’essentiel de leur activité hydrogène de ce procédé fossile. L’étiquette verte relève du positionnement, pas de la composition.

Où en est vraiment le secteur de l’hydrogène en 2026

La production mondiale d’hydrogène à faibles émissions a approché 1 million de tonnes en 2025, selon l’Agence internationale de l’énergie. REPowerEU vise pour 2030 10 millions de tonnes produites dans l’Union et autant d’importées.

Ce qui décide de la valeur d’un portefeuille, c’est le taux de conversion des projets. Ceux ayant franchi la décision finale d’investissement en 2025 pèsent moins de 0,8 Mt par an. Le pipeline bas-carbone visant 2030 a été raboté d’environ 10 Mt par an pour retomber près de 27 Mt, dont 4,3 Mt réellement engagés. Plus de 100 GW d’électrolyse annoncée pourraient ne jamais aboutir faute de décision avant fin 2027.

Cette mécanique frappe inégalement les sept fonds. Une annulation de projet pénalise d’abord les fabricants d’électrolyseurs et les sociétés dépendantes de quelques mégaprojets, soit exactement les lignes qui pèsent 74 % du Global X et 45 % du VanEck. Les gaz industriels du portefeuille Amundi encaissent le même choc sur une fraction de leur chiffre d’affaires. S’y ajoute une pression chinoise que l’agence décrit en offres parfois inférieures aux coûts de fabrication, avec l’effet attendu sur les marges des équipementiers occidentaux. Le détail par segment figure dans le Global Hydrogen Review 2026.

La trajectoire française revue à la baisse
La deuxième Stratégie nationale hydrogène décarboné, publiée le 16 avril 2025, acte un déploiement plus lent que prévu sur le territoire français :
  • 4,5 GW d'électrolyse visés pour 2030, contre 6,5 GW dans la version de 2020.
  • 8 GW de capacité installée visés à l'horizon 2035.
  • 9 milliards d'euros d'enveloppe publique engagée d'ici 2030.
  • 4 milliards d'euros de mécanisme de soutien à la production, sécurisé sur quinze ans.
  • Plus de 150 projets soutenus depuis 2020, pour 8 000 emplois directs attendus en 2030.
Les secteurs prioritaires retenus sont l'industrie et les mobilités lourdes, la mobilité routière légère ayant été largement écartée. Source : ministère de l'Économie et des Finances.

Ce que les performances affichées ne disent pas

Les chiffres qui suivent proviennent des fiches justETF de chaque part, en euros, distributions comprises, et sont arrêtés au 31 juillet 2026. Les émetteurs publient de leur côté des performances en devise de base, à d’autres dates d’arrêté et sur d’autres méthodes de calcul : les deux séries ne se comparent pas ligne à ligne.

Glissez pour voir le tableau complet →
Fonds et part YTD 2026 1 an 3 ans 5 ans Volatilité 1 / 3 / 5 ans
iShares Energy Storage & Hydrogen +45,05 % +81,24 % N/D N/D 29,68 % / N/D / N/D
Invesco Hydrogen Economy +35,98 % +55,84 % +13,74 % N/D 23,63 % / 21,41 % / N/D
L&G Hydrogen Economy +28,02 % +49,55 % +35,29 % -3,47 % 29,06 % / 25,05 % / 25,09 %
VanEck Hydrogen Economy +27,89 % +39,26 % -26,23 % -53,79 % 34,91 % / 31,02 % / 32,27 %
Global X Hydrogen +26,69 % +59,49 % -18,07 % N/D 51,09 % / 45,15 % / N/D
BNP Paribas Easy Hydrogen EUR +21,08 % +36,92 % +39,62 % N/D 16,27 % / 16,02 % / N/D
Amundi Global Hydrogen +20,20 % +40,54 % +111,66 % +243,48 % 16,68 % / 14,55 % / 20,50 %
BNP Paribas Easy Hydrogen USD +19,02 % +33,73 % +38,23 % N/D 17,01 % / 17,27 % / N/D

Le rebond de 2026 masque des trajectoires longues très différentes, VanEck restant à -53,79 % sur cinq ans quand la colonne YTD affiche +27,89 %. Le +243,48 % d'Amundi ne reflète pas une performance hydrogène, le fonds n'ayant adopté cette stratégie qu'en septembre 2023, ce que sa volatilité de 14,55 % sur trois ans confirme face aux 45 % du plus concentré des sept portefeuilles.

Les huit parts affichent un gain sur un an. Sur cinq ans, trois seulement disposent d’un historique, et deux sont négatives. Le L&G gagne 49,55 % sur douze mois et reste négatif de 3,47 % sur cinq ans. Le VanEck perd 53,79 % sur la même période, et la baisse maximale du Global X depuis son lancement approche 82,83 %. Une hausse sur douze mois ne décrit donc pas la performance cumulée depuis le lancement.

L’effet de la devise se mesure sur un même fonds, à une même date. Au 31 juillet 2026, VanEck publie pour sa part un recul de 9,17 % sur trois ans en dollar et sur valeur liquidative, quand la mesure en euros distributions comprises ressort à moins 26,23 %. Les deux lignes BNP Paribas donnent la même lecture : même portefeuille, mêmes poids, 36,92 % contre 33,73 % sur un an, la seule différence tenant à la devise de la part. Toute comparaison suppose une base identique de devise, de date et de méthode.

Invesco à 9,89 M$ au 30 juin 2026, le compartiment BNP Paribas à 20,05 M€ à la même date et Global X à 35,89 M$ au 31 juillet évoluent loin des encours des deux premiers du panel. Aucun émetteur étudié ne publie de seuil automatique de fermeture, mais une fusion ou une liquidation force la vente au moment choisi par le gérant, pas par le porteur.

Expert Online Asset
Conseil de l'équipe
Notre lecture : cette thématique se traite en poche satellite, adossée à un cœur de portefeuille large et liquide, jamais l'inverse.
La concentration du portefeuille dans ses dix premières lignes et la date d'adoption de la stratégie actuelle sont les deux points à vérifier avant tout achat, davantage que le niveau de frais.
L'amplitude observée sur les fonds les plus concentrés se rapproche de celle des ETF à effet de levier, sans qu'aucun levier soit employé. Pour une poche satellite au profil différent, un ETF sur l'Inde obéit à une autre logique thématique.

ETF hydrogène : les questions fréquentes en 2026

Ces cinq questions reviennent le plus souvent dès qu’un investisseur français regarde la thématique de près. Les réponses sont arrêtées au 2 août 2026.

Existe-t-il un ETF hydrogène éligible au PEA ?

Non, aucun au 2 août 2026. Les huit parts UCITS recensées répliquent physiquement des indices mondiaux et ne détiennent pas plus de 75 % de titres de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, quota posé par l’article L221-31 du Code monétaire et financier. La cotation parisienne de l’Amundi Global Hydrogen ou de la part EUR du BNP Paribas Easy n’y change rien, le critère portant sur les actifs détenus par le fonds.

Quel est le plus gros ETF hydrogène accessible en France ?

Le L&G Hydrogen Economy UCITS ETF, avec 426 M€ affichés au 2 août 2026. Il devance l’Amundi Global Hydrogen, à 234,54 M€ au 30 juin 2026. Les cinq autres évoluent sous les 120 M$. L’encours donne un ordre de grandeur, mais la liquidité réelle d’une part se juge sur la fourchette achat-vente affichée au moment de passer l’ordre.

Faut-il acheter un ETF hydrogène ou des actions hydrogène en direct ?

Les deux approches ne portent pas le même risque. Un ETF concentré comme le Global X répartit malgré tout sur une trentaine de lignes, là où une position unique expose à la dilution ou à la défaillance d’une société souvent déficitaire. La sélection de titres vise un potentiel supérieur contre un risque nettement moins réparti : le sujet est traité dans le dossier consacré aux actions du secteur de l’hydrogène.

Existe-t-il un ETF hydrogène vert au sens strict ?

Non. Les indices sélectionnent des sociétés exposées à la filière selon des seuils de chiffre d’affaires, sans qualifier la molécule produite. Un fonds portant le mot hydrogène détient des gaz industriels dont l’activité repose largement sur le reformage du gaz naturel. La qualification RFNBO ou bas-carbone s’applique à des projets, pas à des ETF.

Peut-on loger un ETF hydrogène dans une assurance-vie ?

Cela dépend entièrement du contrat. Ces fonds ne figurent pas toujours parmi les unités de compte référencées, et aucune liste fiable de contrats les proposant ne peut être établie à cette date. La vérification se fait sur la liste des supports du contrat visé, avant toute souscription.

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Auteur
Kévin Gouraud
Rédacteur Financier
Kévin Gouraud est rédacteur financier chez Online Asset, spécialisé en investissement, optimisation fiscale et gestion de patrimoine. Diplômé en économie (Toulouse Capitole) et en droit des affaires (Montréal), il publie des analyses sourcées et actionnables pour aider les épargnants à décider en confiance.
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