Un prêteur à qui WeShareBonds rembourse 10 000 € voit 200 € HT retenus avant impôt : depuis le 1er décembre 2024, la plateforme prélève 2 % HT sur les sommes qu’elle recouvre, selon le courrier adressé à ses prêteurs. Cette retenue accompagne l’arrêt des nouvelles collectes, annoncé fin novembre 2024. L’avis WeShareBonds qui en ressort tient en une note, 4,3/10, calculée sur six critères pondérés à partir des données publiées par la plateforme et relevées le 17 septembre 2026.
Plus aucune collecte depuis fin 2024 : la plateforme se limite désormais au remboursement des prêts déjà souscrits.
- InvestirCréation de compte investisseur suspendue, aucune collecte ouverte.
- Sortie anticipéeAucun marché secondaire : le capital ne revient qu'au remboursement du projet.
- Agrément PSFPFP-2023-6, toujours inscrit sur la liste blanche de l'AMF.
- Prêts en coursRemboursés au fil du recouvrement, 2 % HT retenus sur chaque flux reversé.
WeShareBonds obtient 4,3/10, une note tirée vers le bas par l’arrêt des collectes
Les critères qui touchent au capital déjà prêté pèsent double : l’accès à l’offre est devenu théorique. Chaque note sur 10 repose sur un document public daté.
Les critères qui touchent au capital déjà prêté pèsent double.
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| Critère | Poids dans la note | Note | Justification |
|---|---|---|---|
| Accès et offre actuelle | 11 % | 1/10 | Création de compte suspendue, aucune collecte ouverte au public (page performances) |
| Cadre réglementaire | 22 % | 7/10 | Agrément PSFP FP-2023-6 actif sur la liste blanche de l'AMF, paiements via Lemonway, sans passeport européen |
| Qualité du portefeuille | 22 % | 4/10 | 12 projets en défaut pour 2,3 M€ de capital, 60 remboursements encore en cours |
| Coût pour le prêteur | 11 % | 5/10 | Plateforme gratuite, mais 2 % HT sur les flux recouvrés et frais de recouvrement possibles (CGU, articles 14 et 15) |
| Transparence | 22 % | 4/10 | Indicateurs mis à jour, mais deux montants investis différents sur la même page et une fiscalité affichée périmée |
| Liquidité et sortie | 11 % | 3/10 | Aucune revente possible avant l'échéance, retrait des liquidités non investies sans frais |
Note globale : moyenne pondérée de 4,33, arrondie à 4,3/10. Sources : wesharebonds.com, AMF, données relevées le 17/09/2026. Poids arrondis à l'unité.
À ce niveau, la plateforme ne s’adresse plus qu’à ses prêteurs historiques, et la note mesure d’abord la manière dont leurs créances sont suivies.
Peut-on encore investir sur WeShareBonds ?
Non, et la plateforme l’écrit elle-même : sa page de performances indique qu’il n’est plus possible, « pour le moment », de créer un compte investisseur. La même page continue pourtant d’afficher des invitations à s’inscrire.
La rupture date du 27 novembre 2024 : dans un courrier aux prêteurs, la direction annonce la mise en sommeil de l’activité commerciale et de l’analyse crédit pour de nouveaux projets, faute de perspectives sur le marché immobilier français. Selon CF News Immo, une équipe restreinte se consacre depuis au recouvrement d’une cinquantaine de crédits immobiliers. La plateforme s’est ainsi éloignée de son métier d’origine : lancée en 2016, elle faisait du prêt participatif aux PME avant de se tourner vers l’immobilier.
Sur le papier, le régulateur n’a rien retiré. Wiseprofits SAS, la société qui exploite la marque, figure encore sur la liste blanche des PSFP de l’AMF avec l’agrément FP-2023-6 délivré le 4 juillet 2023. Suspendre les inscriptions ne vaut pas retrait d’agrément, et l’agrément lui-même ne garantit ni la solvabilité des emprunteurs ni le remboursement des obligations.
Les tickets d’entrée qui circulent encore n’ont plus de portée pratique : 50 € sur la page d’aide, 1 000 € pour certains nouveaux investisseurs depuis décembre 2020 selon un article de la plateforme. Les comparatifs qui vantent WeShareBonds comme accessible dès 50 € décrivent une offre fermée aux nouveaux comptes depuis fin 2024.
Le statut de PSFP encadre la manière dont la plateforme sélectionne, informe et protège ses investisseurs, pas la qualité des projets financés.
- Ce qu'il impose : test de connaissances et simulation de la capacité à supporter des pertes pour l'investisseur non averti (article 21), délai de réflexion de 4 jours calendaires (article 22), fiche d'informations clés pour chaque projet (article 23).
- Ce qu'il ne couvre pas : la fiche d'informations clés précise elle-même que l'offre n'a été ni vérifiée ni approuvée par l'autorité compétente, et que l'investisseur en assume pleinement les risques, y compris la perte totale du capital.
Source : Règlement (UE) 2020/1503 et modèle de fiche d'informations clés de la Commission européenne (EUR-Lex).
Que deviennent les prêts en cours et quels frais WeShareBonds prélève-t-il ?
Les obligations déjà souscrites sont remboursées selon l’échéancier propre à chaque projet, amortissable ou in fine. Quand une échéance glisse, l’assemblée des obligataires choisit entre accorder un délai et forcer la vente par l’hypothèque ou la fiducie, selon une réponse publique de la plateforme sur Trustpilot en septembre 2024.
Quand un emprunteur demande un report d'échéance, c'est l'assemblée des obligataires qui tranche, et sa décision s'impose à l'ensemble de la masse.
- Quorum : un cinquième des obligations ayant droit de vote sur première convocation, aucun sur seconde convocation.
- Majorité : deux tiers des voix exprimées. Ne pas voter, s'abstenir ou voter blanc revient à laisser les autres porteurs décider.
Voter à chaque convocation reste le seul moyen de peser sur l'arbitrage entre délai supplémentaire et vente forcée.
Source : Code de commerce, articles L228-65 et L225-98 (Légifrance).
Retenue de 2 % HT sur chaque remboursement depuis décembre 2024
Les conditions générales présentent la plateforme comme gratuite pour l’investisseur, sa rémunération principale, environ 5 % HT des fonds levés, étant facturée à l’emprunteur. Ce même courrier a pourtant ajouté une ligne aux frais WeShareBonds : 2 % HT sur tous les flux recouvrés pour les prêteurs dont le remboursement intervient après le 1er décembre 2024, capital compris. Sur un prêt de 10 000 € à 8 % remboursé in fine après deux ans, le flux de 11 600 € supporte 232 € HT de retenue, soit environ un septième des intérêts.
Le même taux figure à l’article 15 des conditions générales, qui le prévoit sur le capital comme sur les intérêts lorsqu’un prestataire extérieur reprend la gestion extinctive. WeShareBonds l’a étendu à son propre recouvrement : le prêteur paie ce tarif sans que la plateforme se déclare dans cette situation.
S’y ajoutent les frais de recouvrement de l’article 14, plafonnés à 5 % des sommes en retard effectivement recouvrées et à 5 000 €. Aucun document public ne précise comment ils se combinent avec cette retenue sur un même projet.
Qui gère les prêts si WeShareBonds cesse son activité ?
En cas de défaillance ou de cessation d’activité de la plateforme, les conditions générales confient le suivi des remboursements et la gestion des flux à Capsens, en qualité d’agent de Lemonway, établissement de paiement agréé par l’ACPR. WeShareBonds s’y réserve aussi la possibilité d’opérer elle-même cette gestion extinctive, sous réserve de l’accord du régulateur, et le prestataire peut confier le recouvrement des impayés à un tiers aux frais des investisseurs.
Quel rendement réel attendre des prêts WeShareBonds ?
Le rendement WeShareBonds mis en avant, 8,1 % de taux d’intérêt moyen, est contractuel : il ignore défauts, retards, retenue de recouvrement et impôt. Les chiffres publiés par la plateforme à deux ans d’intervalle en disent davantage.
Indicateurs de la page performances, mis en regard des chiffres communiqués en 2024.
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| Indicateur | Valeur publiée | Point de comparaison antérieur |
|---|---|---|
| Capital remboursé | 98,1 M€ | 88 M€ (juin 2024), près de 100 M€ (septembre 2024) |
| Intérêts et rémunération versés | 10,0 M€, dont 9,9 M€ d'intérêts bruts | 10 M€ (septembre 2024) |
| Part de remboursements anticipés | 50 % | 54 % (juin 2024) |
| Montant total investi | 161,8 M€ ou 154,1 M€ selon le bloc de la page | Non communiqué |
| Projets financés, remboursés, en défaut | 202, 130, 12 | Non communiqué |
| Capital en défaut | 2,3 M€ | Non communiqué |
| Capital restant dû | 53,6 M€ | Non communiqué |
| Intérêts restant à percevoir | 9,3 M€ | Non communiqué |
| Taux moyen, maturité, duration | 8,1 %, 22 mois, 18 mois | Non communiqué |
| Duration moyenne résiduelle | -8 mois | Non communiqué |
- 130remboursés64 %
- 60en cours30 %
- 12en défaut6 %
Capital remboursé et capital restant dû totalisent 151,7 M€, soit 2,4 à 10,1 M€ de moins que les deux montants investis affichés, sans explication publiée.
Sources : page performances de WeShareBonds relevée le 17/09/2026 ; réponses publiques de la plateforme sur Trustpilot des 5 juin et 12 septembre 2024.
Le capital remboursé affiché, 98,1 M€, reste en deçà des « près de 100 M€ » que la plateforme revendiquait déjà en septembre 2024. Aucune donnée publique ne permet de savoir si l’indicateur est recalculé ou si les remboursements ont été marginaux depuis. La page ne publie en revanche aucune mesure des retards, un indicateur dont l’AMF a montré la fragilité en janvier 2025 : sur dix grandes plateformes de crowdfunding immobilier, le taux de retard des projets financés en 2019 passait de 15,2 % à 60,2 % une fois réintégrés les remboursements tardifs.
Nous ne calculons pas de taux de défaut à partir des 2,3 M€ publiés : rapporté au montant investi, ce chiffre produirait un pourcentage flatteur qui mélange projets remboursés depuis des années et encours encore à dénouer.
Un défaut n'est pas non plus une perte définitive, qui ne se constate qu'au terme des procédures. La lecture utile porte sur l'évolution du capital restant dû, que la plateforme ne documente pas.
Les intérêts perçus en 2026 supportent par défaut le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, sauf option globale pour le barème progressif, selon impots.gouv.fr. La page fiscale de WeShareBonds affiche encore 30 % : sur 1 000 € d’intérêts bruts que vous percevez, l’écart représente 14 € de prélèvement en plus. Entre retenue, défauts et impôt, c’est le rendement net réel d’un placement qui dit ce que ces prêts rapportent. Les formalités suivent les règles de déclaration des revenus du financement participatif.
Que disent les avis des investisseurs sur WeShareBonds ?
Sur Trustpilot, WeShareBonds affiche un TrustScore de 2,4/5 pour 238 avis (relevé du 17 septembre 2026), alors que 85 % de ces avis lui attribuent 4 ou 5 étoiles. L’écart vient du calcul de la note, qui accorde plus de poids aux avis récents selon la méthode publiée par la plateforme d’avis : les éloges datent surtout des années de collecte, les critiques des retards et prorogations qui ont suivi. Un seul avis a été déposé sur les douze derniers mois, en mars 2026, pour une demande de retrait de liquidités restée sans réponse, et le profil affiche la mention « N’a pas répondu aux avis négatifs ».
Ces retours renseignent sur le service et la communication. Le sort financier d’un projet donné se suit ailleurs, dans les documents d’information remis pour chaque opération.
Le co-investissement des actionnaires protège-t-il les prêteurs ?
Le modèle d’origine reposait sur ce principe. La Banque Postale, entrée à hauteur de 10 % du capital, se présentait en 2017 comme actionnaire minoritaire et partenaire, et la page partenaires de WeShareBonds précise qu’elle détient aussi des parts des fonds de crédit qui co-investissent dans les PME sélectionnées. En juin 2024, la plateforme chiffrait sur Trustpilot la part de l’équipe et des actionnaires à un tiers des montants financés, soit 50 M€.
Aucune publication récente ne détaille cette participation projet par projet ni l’actionnariat actuel. Le co-investissement aligne les intérêts sans protéger le capital des particuliers : un actionnaire qui prête dans les mêmes conditions subit les mêmes retards. Les obligations sont par ailleurs émises par les porteurs de projet, si bien que la présence de La Banque Postale au capital de la plateforme ne l’engage pas sur leur remboursement.
Pour quels profils WeShareBonds reste-t-il pertinent ?
Pour un prêteur qui détient encore des obligations, tout se résume au suivi de ses créances : convocations aux assemblées, relevés fiscaux annuels et dates d’échéance. Un recours individuel contre un emprunteur défaillant se valide avec un avocat, les droits de la masse des obligataires étant d’abord exercés par son représentant.
Pour un épargnant qui cherche une exposition au crowdfunding immobilier, WeShareBonds sort du champ et la comparaison se fait entre plateformes de crowdfunding qui collectent encore. Leurs indicateurs de retard se lisent avec la même exigence, ce que montre l’examen détaillé de ClubFunding. Les mêmes critères valent pour la plateforme Homunity, également active en crowdfunding immobilier.
Le cas WeShareBonds donne une grille de lecture applicable à toute plateforme de crowdfunding immobilier encore active :
- Le taux de retard publié réintègre-t-il les projets finalement remboursés en retard ?
- Quels frais l'investisseur supporte-t-il en cas de recouvrement ou de gestion extinctive ?
- Qui reprend le suivi des prêts si la plateforme cesse son activité ?
- Quelle sûreté protège chaque projet : hypothèque, fiducie, garantie à première demande ?
- Existe-t-il une possibilité de revente avant l'échéance ?
Les réponses figurent dans les conditions générales et dans la fiche d'informations clés que tout PSFP doit remettre avant la souscription.
Ce que les prêteurs demandent sur We Share Bonds
Mise en sommeil, gestion extinctive et liquidation désignent trois situations distinctes : la première arrête les nouveaux financements, la deuxième confie les prêts en cours à un gestionnaire de substitution, la troisième suppose un jugement du tribunal.
WeShareBonds est-elle en faillite ?
Rien ne l’indique dans les registres publics. Au relevé du 17 septembre 2026, Wiseprofits SAS figure comme société en activité dans l’Annuaire des entreprises de l’État. La plateforme a cessé de lancer des collectes, ce qui ne caractérise pas une cessation des paiements. Tout jugement d’ouverture d’une procédure collective serait publié au Bodacc.
Les liquidités non investies se retirent sans frais depuis l’espace client, ce que le courrier de novembre 2024 a confirmé. Seul le solde du compte est concerné : les obligations en cours ne peuvent pas être revendues. Une demande restée sans suite justifie une réclamation écrite : le 12 mars 2026, l’AMF a rappelé que chaque PSFP doit proposer un dispositif de réclamation gratuit et indiquer le médiateur compétent en cas de désaccord persistant.
WeShareBonds est-elle une arnaque ?
Aucun élément public n’établit une fraude : Wiseprofits SAS figure sur la liste blanche des PSFP de l’AMF et publie 98,1 M€ de capital remboursé. Retards, défauts et retenue sur les remboursements relèvent du risque de crédit et des conditions contractuelles acceptées à la souscription. Un éventuel manquement aux obligations de la plateforme peut être signalé à l’AMF.
- Wiseprofits SAS, fiche PSFP
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