Un tracker a pour objectif de reproduire les variations de son indice de référence, à la hausse mais aussi à la baisse. C’est le principe même de la gestion indicielle, et la construction du fonds ne prévoit aucun mécanisme de protection quand le marché recule. La réserve est plus récente : depuis le 1er mars 2024, un fonds coté en France n’est plus tenu d’avoir un objectif de gestion fondé sur un indice. L’énoncé reste exact pour un tracker. Il devient approximatif dès qu’on l’applique à toute la catégorie ETF.
L'énoncé reste exact tant qu'il désigne un fonds indiciel. Il devient approximatif dès qu'on l'applique à toute la catégorie ETF.
Le fonds a pour objectif de suivre son indice dans les deux sens. Aucun mécanisme interne ne protège le capital quand le marché recule.
Depuis 2024, un ETF peut être géré activement. Les ETF inverses et à effet de levier visent une performance quotidienne, pas la reproduction d'un indice.
Répliquer est un objectif, pas un résultat. Un écart de suivi subsiste, alimenté par les frais et par la méthode de réplication retenue, et il peut jouer dans un sens comme dans l'autre.
Oui, un tracker suit son indice dans les deux sens
Un ETF indiciel ne cherche pas à sélectionner les titres gagnants ni à écarter les perdants. Sa société de gestion met en œuvre la stratégie de réplication prévue par le prospectus, totale, partielle ou synthétique, et procède aux ajustements nécessaires lorsque l’indice évolue. Aucune décision discrétionnaire ne vient en revanche protéger le portefeuille quand le marché baisse.
Concrètement, un tracker adossé au CAC 40 monte quand l’indice monte et baisse quand l’indice baisse, aux frais et à l’écart de suivi près. C’est ce que signifie répliquer les variations d’un indice de marché à la hausse comme à la baisse : la symétrie n’est pas un effet secondaire de la gestion passive, elle en est le principe de fonctionnement.
La diversification ne protège pas contre une baisse générale du marché. Elle réduit principalement le risque spécifique lié à une entreprise ou à un petit nombre de titres. Certaines valeurs du panier peuvent progresser pendant que d’autres reculent, mais c’est la contribution agrégée de toutes les lignes qui détermine la performance du fonds. Un indice largement diversifié peut donc subir une forte baisse, et l’AMF le formule sans détour dans sa documentation destinée aux épargnants : un ETF peut entraîner la perte de tout ou partie du capital investi.
- Recul de 10 % : 11,1 % de hausse nécessaires pour retrouver le capital initial.
- Recul de 20 % : 25 % de hausse nécessaires.
- Recul de 30 % : 42,9 % de hausse nécessaires.
- Recul de 50 % : 100 % de hausse nécessaires.
Répliquer, dupliquer, suivre et reproduire décrivent le même objectif indiciel, et l’AMF emploie indifféremment plusieurs de ces verbes selon ses pages. Aucun de ces mots ne désigne une méthode de gestion particulière. Pour comparer deux fonds, l’indice suivi et les caractéristiques du véhicule pèsent bien plus que ces différences de vocabulaire, et c’est le critère retenu dans un comparatif de fonds indiciels.
Les cas où cet énoncé ne tient plus
Une première évolution réglementaire est intervenue en 2024. Le décret n° 2024-151 du 27 février 2024 a supprimé des articles D.214-22-1 et D.214-32-31 du Code monétaire et financier la condition d’un objectif de gestion fondé sur un indice. Depuis son entrée en vigueur le 1er mars 2024, un fonds admis à la négociation en France peut être géré de façon discrétionnaire tout en restant un ETF. L’arrêté du 27 mars 2024, qui a homologué les modifications correspondantes du règlement général de l’AMF, a complété ce cadre, et l’AMF a publié le 5 juin 2024 une recommandation sur la transparence des portefeuilles de ces ETF actifs.
Un ETF actif peut d’ailleurs disposer d’un indice de référence. Ce qui change, c’est qu’il n’est pas tenu d’en reproduire la composition ni la performance : son gérant sélectionne et pondère les titres selon sa stratégie, et le résultat peut s’écarter de l’indice dans un sens comme dans l’autre.
- Directive 2014/65/UE (MiFID II), article 4, paragraphe 1, point 46 : la définition européenne du fonds coté repose sur la négociation intrajournalière d'au moins une catégorie de parts et sur la présence d'au moins un teneur de marché chargé d'éviter un écart significatif du prix par rapport à la valeur liquidative et, le cas échéant, à la valeur liquidative indicative. La réplication d'un indice n'y figure pas comme condition.
- Décret n° 2024-151 du 27 février 2024, publié au JORF du 29 février 2024, entré en vigueur le 1er mars 2024.
- Arrêté du 27 mars 2024 portant homologation de modifications du règlement général de l'AMF.
- Articles D.214-22-1 et D.214-32-31 du Code monétaire et financier, versions en vigueur depuis le 1er mars 2024.
Un ETF inverse vise généralement une performance quotidienne opposée à celle de son indice de référence. Un ETF à effet de levier amplifie cette performance quotidienne au lieu de la reproduire. Dans les deux cas, l’effet de la capitalisation et du rééquilibrage quotidien fait que le résultat sur plusieurs jours ou plusieurs semaines peut s’écarter fortement du simple opposé, ou du simple multiple, de la performance cumulée de l’indice. L’AMF range ces produits parmi les instruments complexes et très spéculatifs.
En France, l’AMF utilise encore très souvent « ETF » et « tracker » comme synonymes dans ses contenus destinés aux particuliers, et définit le tracker comme un fonds coté qui reproduit les variations d’un indice. La différence tient au statut des deux mots : ETF est une notion juridiquement définie, tracker reste un terme d’usage associé aux produits indiciels cotés. Depuis l’arrivée des ETF actifs, réserver « tracker » au sens indiciel dans une explication technique évite l’ambiguïté.
Un ETC ou un ETN n’est généralement pas un fonds : il s’agit d’un titre de créance dont la valeur est liée à un sous-jacent. Selon le montage retenu, le porteur peut se trouver exposé au risque de crédit de l’émetteur, une caractéristique qu’un ETF constitué sous forme d’OPCVM ne présente pas sous cette forme. La confusion est fréquente sur les produits cotés adossés aux matières premières, où de nombreux véhicules présentés comme des ETF sont en réalité des ETC.
Comment un ETF suit-il son indice ?
Trois méthodes coexistent. Celle qui s’applique se lit dans le prospectus du fonds, jamais dans son nom commercial.
- Réplication physique totale : le fonds détient tous les titres de l’indice, dans les pondérations de l’indice. Méthode lisible, praticable tant que le nombre de composants reste raisonnable.
- Réplication physique partielle, ou échantillonnage : le fonds ne retient qu’une sélection représentative. Cette approche peut être utilisée lorsque la réplication intégrale est difficile, coûteuse ou peu efficiente, notamment quand l’indice comprend un très grand nombre de titres ou des valeurs peu liquides.
- Réplication synthétique : le fonds conserve un portefeuille d’actifs et conclut un swap avec un établissement financier, qui lui livre la performance de l’indice cible. Les actifs détenus et l’exposition obtenue divergent alors, et un risque de contrepartie apparaît, que la détention directe ne porte pas sous cette forme.
L’ESMA sépare nettement ces deux familles dans sa doctrine sur les OPCVM.
Aucune de ces méthodes ne produit une réplication exacte. La performance d’un ETF indiciel peut différer de celle de son indice, dans un sens comme dans l’autre. Les frais de gestion, les frais de transaction supportés lors des rééquilibrages, le traitement fiscal des dividendes encaissés et la trésorerie non investie contribuent à cet écart de suivi. C’est pour cette raison que la formulation d’origine parle d’objectif et non de résultat. L’AMF situe les frais annuels des ETF souvent sous 0,5 % par an, un ordre de grandeur pédagogique et non un plafond réglementaire.
- L'écart entre le cours de Bourse et la valeur de référence, seul encadré par le texte ci-dessus.
- La tracking difference, qui mesure l'ampleur de l'écart de performance entre le fonds et son indice.
- Le tracking error, qui en mesure la régularité.
Questions fréquentes sur la réplication d’un ETF
Le vocabulaire de la gestion indicielle mêle termes réglementaires et termes commerciaux, ce qui explique une large part des confusions autour de cet énoncé. Les réponses ci-dessous s’en tiennent aux définitions publiées par l’AMF.
Répliquer ou dupliquer un indice, est-ce la même chose ?
Oui, les deux verbes décrivent le même objectif. Répliquer est le terme retenu par la documentation réglementaire et par l’AMF, dupliquer relève du langage courant. Suivre et reproduire s’emploient aussi. Aucun de ces mots ne désigne une méthode de gestion particulière. La distinction utile porte sur la façon dont le fonds obtient son exposition, physique ou synthétique, pas sur le verbe choisi pour la décrire.
ETF et tracker, est-ce le même produit ?
Presque, et la nuance s’est renforcée depuis 2024. L’AMF emploie encore la formule « ETF (ou tracker) » dans ses pages destinées aux épargnants. La différence porte sur le statut des deux termes : ETF désigne une catégorie juridiquement définie, tracker reste un terme d’usage associé aux fonds indiciels cotés. Depuis mars 2024, un ETF peut être géré activement, ce qui rend l’assimilation des deux mots moins exacte qu’auparavant.
Un ETF peut-il monter quand son indice baisse ?
Oui, s’il s’agit d’un ETF inverse. Ce type de fonds vise généralement une performance quotidienne opposée à celle de l’indice suivi, et progresse donc lorsque le marché recule sur la journée. Un ETF indiciel classique, lui, baisse avec son indice. L’AMF range les ETF inverses et les ETF à effet de levier parmi les produits complexes et très spéculatifs, notamment parce que leur rééquilibrage quotidien rend leur performance sur plusieurs semaines difficile à déduire de celle de l’indice.
- Ce qu'il faut savoir sur les ETF avant d'investir
- Trackers (ou ETF pour Exchange Traded Funds)
- ETF actifs, recommandation sur la transparence des portefeuilles
- Directive 2014/65/UE, article 4, paragraphe 1, point 46
- Décret n° 2024-151 du 27 février 2024
- Article D.214-22-1 du Code monétaire et financier
- Questions-réponses 1103 sur la réplication physique et synthétique