Sur la défense, le tri se fait avant les frais. Vingt et un ETF sectoriels sont accessibles en Europe, deux seulement se logent dans un PEA, et les fonds centrés sur l’Europe reculent sur douze mois pendant que les fonds mondiaux progressent. Cette page tranche ces trois écarts.
Le filtre qui élimine n'est ni le TER ni la construction de l'indice. C'est d'abord l'encours, ensuite le quota européen du PEA.
Segment quasi neuf : la plupart ont ouvert entre mars et août 2025.
Plancher d'encours à 100 M€, sous lequel le spread efface l'économie de frais.
Quota de 75 % de titres de l'Espace économique européen, Royaume-Uni exclu depuis le Brexit.
-4,08 % à -0,46 %
Les quatre fonds centrés sur l'Europe reculent, réarmement compris.
+4,73 % à +21,47 %
Les trois fonds mondiaux progressent, aérospatial civil inclus.
Deux constats structurent la sélection. Le premier sépare les deux fonds logeables en PEA du reste. Le second oppose les fonds européens, tous nés au printemps 2025 et plafonnés autour de 500 millions d’euros, aux fonds mondiaux bien plus capitalisés.
Meilleurs ETF défense : trois critères de tri
Sur la plupart des secteurs, le TER arbitre. Ici il arrive en dernier, parce que la quasi-totalité des fonds européens ont ouvert entre mars et août 2025. Sur les vingt et un ETF du segment, seul le VanEck Defense dispose de trois années pleines d’historique.
- Ancienneté : sous douze mois d’existence, ni la tracking difference ni le comportement en phase de repli ne sont mesurables. Ce critère ne disqualifie personne ici, il conditionne la confiance accordée aux autres.
- Encours : plancher fixé à 100 millions d’euros. En dessous, le spread à l’achat efface l’économie de frais et le risque de fermeture devient réel. Sept fonds tombent sur ce seul critère.
- Frais et structure d’indice : le TER va de 0,15 % à 0,75 % sur le segment, et de 0,18 % à 0,55 % chez les fonds retenus. Le poids des dix premières positions pèse davantage.
L’éligibilité PEA reste hors de cette grille. C’est un filtre binaire, et il ne dit rien de la qualité d’un fonds. Pour situer la défense parmi les autres expositions disponibles, le classement des meilleurs ETF tous secteurs confondus donne le point de comparaison.
| Fonds | Ticker | ISIN | Indice | TER | Encours | Enveloppe | Devise |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense | GUARD | LU3047998896 | Bloomberg Europe Defense Select | 0,18 % | 539 M€ | PEA et CTO | EUR |
| Amundi Stoxx Europe Defense | DEFS | LU3038520774 | STOXX Europe TM Defense Capped | 0,35 % | 568 M€ | PEA et CTO | EUR |
| iShares Europe Defence | DFEU | IE000IAXNM41 | STOXX Europe Targeted Defence | 0,35 % | 359 M€ | CTO | EUR |
| WisdomTree Europe Defence | WDEF | IE0002Y8CX98 | WisdomTree Europe Defence UCITS | 0,40 % | 4 162 M€ | CTO | EUR |
| VanEck Defense | DFNS | IE000YYE6WK5 | MarketVector Global Defense Industry | 0,55 % | 6 022 M€ | CTO | USD |
| HANetf Future of Defence | NATO | IE000OJ5TQP4 | EQM Future of Defence | 0,49 % | 2 709 M€ | CTO | USD |
| iShares Global Aerospace and Defence | IE000U9ODG19 | S&P Developed BMI Aerospace and Defense 35/20 | 0,35 % | 1 560 M€ | CTO | USD |
Les deux seules lignes éligibles au PEA sont aussi les moins chères du panel, mais l'enveloppe se paie ici en périmètre plutôt qu'en frais : elle cantonne l'exposition à l'Europe et écarte les groupes américains présents dans les fonds à vocation mondiale, lesquels concentrent les encours les plus élevés. Entre ces deux lignes, GUARD facture moitié moins que DEFS pour une exposition européenne voisine, écart à examiner au regard de la composition des indices, une sélection Bloomberg face à un STOXX plafonné.
Tous capitalisants, tous en réplication physique. Encours : justETF, juillet 2026, sauf iShares Europe Defence, fiche BlackRock, juillet 2026. Frais du BNP Paribas Easy repris de la fiche émetteur, voir la fiche du fonds pour l'écart avec les agrégateurs. Investir en ETF sectoriel comporte un risque de perte en capital.
ETF défense éligible PEA : deux fonds seulement
Le Code monétaire et financier impose qu’un OPCVM logé dans un PEA détienne au moins 75 % de son actif en titres de sociétés de l’Espace économique européen. Depuis le Brexit, le Royaume-Uni en est sorti. Or BAE Systems, Rolls-Royce et Babcock comptent parmi les poids lourds de la défense européenne. D’où la rareté de l’offre.
| Fonds européen | Exposition Royaume-Uni | Éligible PEA |
|---|---|---|
| BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense | 17,40 % | Oui |
| Amundi Stoxx Europe Defense | Environ 23 % | Oui |
| iShares Europe Defence | BAE et Rolls-Royce en tête, plus Aselsan (Turquie) | Non |
| WisdomTree Europe Defence | Exposition hors EEE supérieure au plafond | Non |
Compositions publiées par les émetteurs, printemps 2026. La fiche produit de l'iShares Europe Defence ne mentionne aucun régime PEA.
En pratique, cette éligibilité tient à une marge, pas à une construction étanche. Le coussin sous le plafond des 25 % hors Espace économique européen s’établit autour de sept points chez le BNP Paribas Easy, et de deux points seulement chez l’Amundi. Une rotation d’indice défavorable mettrait ce dernier sous tension réglementaire.
Deux idées reçues tombent au passage.
- Le WisdomTree serait inéligible « parce qu’il détient BAE et Rolls-Royce ». Les deux fonds éligibles les détiennent aussi, dans des proportions comparables. Ce qui le disqualifie, c’est le total de son exposition hors EEE.
- L’Amundi devrait son éligibilité à une réplication synthétique. Sa fiche produit indique une réplication physique. Aucun swap n’intervient : l’éligibilité repose sur la composition effective du portefeuille.
Le point qui tranche, c’est que cette éligibilité se revérifie à chaque publication de portefeuille. Elle n’est pas un attribut permanent du produit. Pour les autres secteurs accessibles dans l’enveloppe, la liste des ETF éligibles au PEA couvre l’ensemble du marché.
L'éligibilité se vérifie fonds par fonds, sur le document d'informations clés et la composition datée publiée par l'émetteur, jamais par analogie avec un fonds voisin ou un indice de nom proche.
Source : Légifrance, article L221-31 du Code monétaire et financier.
Secteur défense : le réarmement déjà dans les cours
Le 25 juin 2025, la déclaration du sommet de La Haye a engagé les membres de l’OTAN à porter à 5 % du produit intérieur brut, d’ici 2035, la part consacrée chaque année à la défense et à la sécurité. Le texte distingue au moins 3,5 points pour la défense proprement dite et jusqu’à 1,5 point pour les infrastructures critiques, la défense des réseaux, la résilience et la base industrielle. Les carnets de commandes se sont remplis. Les cours, eux, avaient anticipé.
| Fonds | 1 an glissant | 2025 | 2024 |
|---|---|---|---|
| iShares Global Aerospace and Defence | +21,47 % | +36,57 % | Non disponible |
| HANetf Future of Defence | +15,35 % | +37,26 % | +40,79 % |
| VanEck Defense | +4,73 % | +49,25 % | +52,70 % |
| BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense | -0,46 % | Non disponible | Non disponible |
| Amundi Stoxx Europe Defense | -1,23 % | Non disponible | Non disponible |
| iShares Europe Defence | -3,08 % | Non disponible | Non disponible |
| WisdomTree Europe Defence | -4,08 % | Non disponible | Non disponible |
Seule la colonne à un an couvre les sept fonds, les années civiles manquant aux quatre lignes européennes faute d'exercice complet à la date d'arrêt. Les trois fonds à vocation mondiale restent positifs quand les quatre européens reculent tous, retournement qui succède à deux exercices exceptionnels, jusqu'à +52,70 % en 2024, et qui rappelle qu'un secteur porté par un cycle budgétaire ne progresse pas de façon linéaire.
Performances en euros, dividendes réinvestis, arrêtées au 30 juin 2026, source justETF. Les chiffres cités dans les fiches produits partagent cette date d'arrêt. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Les quatre fonds européens reculent sur douze mois. La revalorisation a eu lieu avant le sommet de La Haye. Le point d’entrée de 2026 n’est pas celui de 2023.
Trois risques restent mal pris en compte.
- Dépendance à la commande publique : le chiffre d’affaires de ces sociétés dépend de budgets votés, pas du cycle économique. C’est le seul secteur coté dont la thèse d’investissement est une ligne budgétaire.
- Concentration extrême : les dix premières positions pèsent 82,71 % de l’actif du BNP Paribas Easy et 87,13 % de celui de l’Amundi. Volatilité sur un an de 27,10 % pour le premier, avec une perte maximale de 20,26 % depuis son lancement.
- Risque de change : trois fonds cotent en dollar. Une cotation en euro n’y changerait rien, c’est la devise des actifs sous-jacents qui crée l’exposition.
Aucune donnée publique ne permet de chiffrer la part des trajectoires budgétaires annoncées déjà intégrée dans les valorisations. Ce qui est mesurable, c’est l’écart de vingt-cinq points entre les fonds européens et les fonds mondiaux sur douze mois.
Meilleurs ETF défense : sept fonds au crible
Les fiches suivent l’ordre de la sélection, des deux fonds logeables en PEA aux trois fonds mondiaux. Chacune indique ce qui distingue réellement le fonds, pas seulement ses caractéristiques.
BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense UCITS ETF
Sous l’ISIN LU3047998896, ce fonds est le seul à cumuler éligibilité PEA, cotation en euro sur Euronext Paris et réplication physique sans prêt de titres.
- Indice : Bloomberg Europe Defense Select, 36 positions
- Frais courants : 0,18 % estimés, frais de gestion plafonnés à 0,23 %
- Encours : 539 M€, lancé en mai 2025
- Concentration : top 10 à 82,71 %
- Géographie : France 22,20 %, Allemagne 18,94 %, Royaume-Uni 17,40 %, Pays-Bas 12,42 %
Ses frais méritent une explication, parce que les sources divergent. La fiche émetteur retient 0,18 % de frais courants estimés et un plafond de gestion de 0,23 %, quand plusieurs agrégateurs affichent 0,35 %. En cas d’écart entre la documentation du fonds et un comparateur, c’est la documentation qui prime. Retenu à 0,18 %, ce tracker devient le moins cher de la sélection, et pas seulement le mieux placé sur l’enveloppe.
Sa composition penche vers l’aéronautique, avec Airbus à 12,42 % et Safran à 11,05 % aux côtés de Rheinmetall à 11,27 %. Une version distribuante existe sous l’ISIN LU3047998979, mais ses 10 millions d’euros d’encours la rendent difficilement défendable.
Amundi Stoxx Europe Defense UCITS ETF
Second fonds logeable en PEA, et le plus gros des deux avec 568 millions d’euros d’encours. Lancé en mai 2025 sous l’ISIN LU3038520774, il réplique physiquement l’indice STOXX Europe Total Market Defense Capped pour un TER de 0,35 %.
Son argument différenciant est le plafonnement de l’indice : aucune ligne ne dépasse 10,33 %, contre 12,42 % chez son concurrent. La contrepartie, c’est une concentration globale supérieure, avec un top 10 à 87,13 %. Le plafonnement répartit mieux entre les dix premiers sans élargir le portefeuille.
Son poids britannique est plus élevé : BAE Systems à 9,97 %, Rolls-Royce à 9,78 %, Babcock à 2,97 %. Performance sur un an à moins 1,23 %, légèrement en retrait.
Le BNP Paribas Easy l’emporte sur quatre points convergents : des frais courants deux fois moindres, une concentration plus faible, une marge plus confortable sous le quota PEA et l’absence de prêt de titres. L’Amundi garde son utilité pour diversifier l’émetteur au sein d’un PEA, ou pour qui privilégie le plafonnement de l’indice.
Entre un fonds facturé 0,18 % et un fonds facturé 0,55 % de frais annuels, l'écart représente environ 1 320 euros de capital final. Réel, mais secondaire sur un segment qui affiche vingt-cinq points d'écart de performance entre fonds sur douze mois.
iShares Europe Defence UCITS ETF
Troisième fonds européen par la taille, à 359 millions d’euros d’encours sous l’ISIN IE000IAXNM41, TER de 0,35 %.
Son intérêt tient à une méthodologie plus resserrée sur les entreprises réalisant une part dominante de leur chiffre d’affaires dans la défense. Là où les deux fonds PEA laissent une large place à l’aéronautique civile, cet indice place BAE Systems et Rolls-Royce en tête et intègre Aselsan, Dassault Aviation et Hensoldt.
L’exposition à la défense pure y est plus franche, et c’est exactement ce qui le sort du PEA. Sa fiche produit ne mentionne aucun régime PEA. Top 10 à 87,59 %, performance sur un an de moins 3,08 %.
WisdomTree Europe Defence UCITS ETF
Le point le plus contre-intuitif du segment se loge ici. Avec 4 162 millions d’euros d’encours, le WisdomTree (IE0002Y8CX98) est de très loin le plus gros ETF défense européen, presque huit fois l’Amundi, et il n’est pas logeable en PEA.
Lancé en mars 2025, deux mois avant ses concurrents, il a capté l’essentiel des flux du premier semestre. Son encours sécurise la liquidité et le spread, ce qui n’est pas rien sur ce segment.
Mais son TER de 0,40 % le place au-dessus de trois concurrents sans que sa construction le justifie, et sa performance sur un an, à moins 4,08 %, est la plus faible des quatre fonds européens. Choix par défaut, pas premier choix.
VanEck Defense UCITS ETF
Poids lourd du segment avec 6 022 millions d’euros d’encours, et seul fonds à disposer de trois années pleines d’historique : 141,55 % sur trois ans, après 52,70 % en 2024 et 49,25 % en 2025. ISIN IE000YYE6WK5, lancé en mars 2023, TER de 0,55 %, le plus élevé de la sélection.
Sa composition explique l’écart avec les fonds européens. L’indice MarketVector Global Defense Industry retient 55 lignes autour d’un axe défense et technologie :
- RTX Corporation : 9,07 %
- Palantir Technologies : 7,10 %
- Thales : 6,86 %
- Curtiss-Wright : 6,39 %
- Leonardo : 6,06 %
Top 10 à 58,53 %, soit près de trente points de moins que les fonds européens. C’est le portefeuille le mieux réparti de la sélection.
La présence de Palantir en deuxième position le déplace vers un profil hybride, entre défense et logiciel, dont la valorisation obéit à d’autres logiques que les carnets de commandes. Cette exposition technologique rejoint celle des ETF sur l’intelligence artificielle. Classification SFDR article 6, sans filtre d’exclusion.
HANetf Future of Defence UCITS ETF
Filtre géopolitique explicite : l’indice EQM Future of Defence ne retient que des sociétés dont le siège se situe dans un pays membre de l’OTAN ou allié, et intègre les prestataires de cybersécurité sous contrat avec ces États. ISIN IE000OJ5TQP4, 2 709 millions d’euros d’encours, TER de 0,49 %, lancé en juillet 2023.
Ce choix de construction colle au volet de la déclaration de La Haye consacré aux réseaux et aux infrastructures critiques. Il dilue en revanche l’exposition à l’industrie lourde de l’armement, ce qui explique un comportement distinct du VanEck : 15,35 % sur un an, contre 4,73 %.
iShares Global Aerospace and Defence UCITS ETF
Réponse la plus directe à une recherche d’exposition aéronautique plutôt que strictement militaire, sous l’ISIN IE000U9ODG19. TER de 0,35 %, le plus bas des fonds mondiaux, pour 1 560 millions d’euros d’encours.
Sa performance sur un an atteint 21,47 %, la meilleure de la sélection, après 36,57 % en 2025. Le périmètre aérospatial élargi, aviation civile incluse, lui a permis de capter un cycle que les fonds défense pure ont manqué.
Quatorze ETF défense écartés, et pourquoi
Sur les vingt et un fonds du segment, quatorze ne passent pas la sélection. Les raisons diffèrent.
| Motif | Fonds concernés |
|---|---|
| Encours sous 100 M€ | Xtrackers Europe Defence Technologies 39 M€, TER 0,15 % SPDR S&P Europe Defense Vision 25 M€ ARK Space and Defence Innovation HANetf Drone HANetf Indo-Pacifique Future of US Defence WisdomTree Asia et Global Defence |
| Frais mal placés ou périmètre étroit | Global X Defence Tech 445 M€, TER 0,50 % Invesco Defence Innovation 128 M€ First Trust Indxx Global Aerospace and Defence 128 M€, TER 0,65 % |
| Taille insuffisante malgré un filtrage ESG | HANetf Future of European Defence Screened 156 M€, article 8 SFDR |
| Part distribuante marginale | BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense Dist 10 M€ |
Le fonds le moins cher de tout le segment, à 0,15 %, figure parmi les écartés avec 39 M€ d'actifs : la baisse des frais précède ici l'arrivée des encours, et un tarif agressif ne compense pas une taille qui expose à la fermeture. La majorité des exclusions tiennent d'ailleurs à ce seul critère, en particulier sur les sous-thèmes drones, espace et Indo-Pacifique, signe d'un segment encore en cours de peuplement.
Le cas du Xtrackers illustre la limite du raisonnement par les frais. Son TER de 0,15 % est le plus bas de tout le segment, mais sur 39 millions d’euros d’encours, le spread à l’achat annule l’économie dès le premier ordre. Un ETF trop petit, c’est un commerce sans clientèle : il peut fermer, et le porteur constate alors sa plus-value à une date qu’il n’a pas choisie.
L’Invesco Defence Innovation mérite d’être suivi, avec la meilleure performance du segment sur douze mois, à 54,01 %. Ses 128 millions d’euros d’encours le laissent pour l’instant en dehors.
Pour les véhicules non cotés du secteur, les fonds d’investissement dédiés à la défense relèvent d’une logique différente de celle des trackers indiciels.
Armes controversées : ce que les indices filtrent
La majorité des ETF défense ne filtre rien. Le VanEck relève de l’article 6 SFDR, catégorie qui n’implique aucune prise en compte des critères de durabilité. Le BNP Paribas Easy est référencé sans caractéristique de durabilité.
Deux fonds seulement appliquent un filtre revendiqué : les déclinaisons Screened de HANetf, classées article 8, qui excluent les armes prohibées par le droit international.
Le point pratique tient en une phrase. Un investisseur soumis à une charte d’exclusion ne peut pas s’appuyer sur le libellé d’un fonds pour présumer d’un filtrage : la vérification passe par la classification SFDR et la méthodologie de l’indice. Aucun des deux fonds éligibles au PEA ne propose ce filtrage.
- Article 6 : le fonds n'affiche aucun objectif de durabilité. Il indique seulement comment les risques de durabilité entrent dans ses décisions d'investissement, ou pourquoi ils n'y entrent pas.
- Article 8 : le fonds promeut des caractéristiques environnementales ou sociales, sans en faire son objectif d'investissement. C'est le premier niveau qui suppose un filtrage documenté.
Sources : règlement (UE) 2019/2088, Commission européenne.
Où loger un ETF défense : PEA, CTO, assurance-vie
- PEA : seuls GUARD et DEFS, cotés en euro sur Euronext Paris, accessibles chez la quasi-totalité des courtiers français référençant Euronext.
- Compte-titres ordinaire : les cinq autres fonds. L’iShares Europe Defence cote sur Euronext Amsterdam, les trois fonds mondiaux principalement à Londres et Milan.
- Assurance vie : offre encore rare. Le BNP Paribas Easy figure dans quelques contrats en unités de compte, mais aucun des sept fonds n’est largement référencé chez les principaux assureurs français.
Un investisseur qui se réjouit d’un TER inférieur découvre souvent, au premier ordre passé sur une place étrangère, que les frais de courtage majorés et le spread élargi pèsent plus lourd que l’économie de frais courants. Sur des fonds dont l’encours reste sous 600 millions d’euros, l’ordre à cours limité évite le décalage de prix en séance creuse.
Sur l’arbitrage entre intermédiaires, [PLACEHOLDER PILIER COURTIERS, URL non transmise]. Sur la démarche générale, les critères à passer en revue avant d’acheter un tracker s’appliquent sans modification.
Imposition des gains : 31,4 % hors PEA
Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique s’établit à 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, en application de la loi n° 2025-1403. Ce taux remplace les 30 % encore largement affichés. Il concerne les plus-values de cession de valeurs mobilières et les revenus de capitaux mobiliers perçus dans un compte-titres ordinaire, sauf option globale du foyer pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Les sept fonds retenus étant capitalisants, aucun dividende n’est versé au porteur. L’imposition n’intervient qu’à la cession : les revenus réinvestis composent sans friction fiscale annuelle.
En PEA, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu après cinq ans de détention, mais les prélèvements sociaux restent dus au retrait. L’écart avec le compte-titres se réduit donc à 12,8 points, soit 1 280 euros sur une plus-value de 10 000 euros. Significatif sur un horizon long, à mesurer plutôt qu’à supposer.
Sur une optimisation fiscale individualisée ou un arbitrage d’allocation d’ensemble, le recours à un conseiller en gestion de patrimoine agréé ou à un avocat fiscaliste reste la démarche appropriée. Les éléments présentés ici sont informatifs et ne se substituent pas à l’examen d’une situation personnelle.
Questions fréquentes sur les ETF défense
Les réponses ci-dessous portent sur les points les plus souvent mal tranchés : l’éligibilité PEA au cas par cas, l’accès depuis un courtier français et l’arbitrage entre tracker et actions en direct.
Quel ETF défense est éligible au PEA en 2026 ?
Deux fonds seulement : le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (LU3047998896) et l’Amundi Stoxx Europe Defense (LU3038520774). Tous deux cotent en euro sur Euronext Paris et capitalisent leurs revenus. L’éligibilité dépend de la composition effective du portefeuille et se revérifie à chaque publication.
VanEck Defense UCITS ETF, éligible au PEA ?
Non. Le fonds détient majoritairement des sociétés américaines, avec RTX Corporation et Palantir Technologies en tête. Son exposition hors Espace économique européen dépasse largement le plafond de 25 %. Compte-titres uniquement.
Amundi propose-t-il un ETF sur la défense européenne ?
Oui, l’Amundi Stoxx Europe Defense UCITS ETF, code DEFS sur Euronext Paris, lancé en mai 2025, 568 millions d’euros d’encours pour un TER de 0,35 %. Contrairement à ce qui est parfois écrit, son éligibilité PEA ne repose pas sur une réplication synthétique : le fonds détient réellement les titres de son indice.
Les deux fonds PEA cotant sur Euronext Paris sous les codes GUARD et DEFS, ils sont disponibles chez les courtiers français référençant Euronext, dont les principales banques en ligne. Un ordre à cours limité évite le décalage de prix en séance creuse.
Existe-t-il un ETF aéronautique éligible au PEA ?
Aucun ETF centré sur l’aéronautique n’est éligible. L’exposition la plus large passe par l’iShares Global Aerospace and Defence (IE000U9ODG19), en compte-titres. Les deux fonds PEA offrent cependant une exposition aéronautique indirecte notable : Airbus, Safran et MTU représentent près de 30 % du BNP Paribas Easy.
ETF défense ou actions Thales et Rheinmetall en direct ?
Les grandes valeurs européennes de défense sont logeables en PEA à titre individuel. L’achat en direct évite les frais courants et permet de choisir sa pondération, mais concentre le risque sur un émetteur unique. L’ETF répartit sur une trentaine de lignes, même si cette répartition reste très déséquilibrée.
Peut-on acheter un ETF défense américain depuis la France ?
Les ETF domiciliés aux États-Unis ne sont pas accessibles aux résidents français, faute de document d’informations clés conforme au règlement PRIIPs. L’exposition au marché américain passe par des fonds UCITS irlandais ou luxembourgeois, comme le VanEck Defense ou le HANetf Future of Defence, tous deux fortement pondérés en valeurs américaines.
- Comparatif des ETF défense, justETF
- Fiche produit BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense, LU3047998896
- Fiche produit Amundi Stoxx Europe Defense, LU3038520774
- Fiche produit iShares Europe Defence, IE000IAXNM41
- Fiche produit VanEck Defense, IE000YYE6WK5
- Fiche produit HANetf Future of Defence, IE000OJ5TQP4
- Déclaration du sommet de La Haye, OTAN, 25 juin 2025
- Article L221-31 du Code monétaire et financier
Comment acheter un ETF défense chez Boursorama ?