Le transfert d’une application sur l’App Store ne livre ni son code source ni ses actifs de build : Apple précise que ces éléments s’échangent directement entre le vendeur et l’acquéreur, en dehors de la procédure. Le store, lui, déplace l’application et son historique public ; ce qu’il ne prend pas en charge s’achète par contrat.
Pour acheter une application mobile déjà rentable, le prix affiché compte moins que trois vérifications : le profit réellement encaissé, la forme juridique de l’opération et la liste exacte de ce que le vendeur cède.
Le store déplace l'application et son historique public. Tout ce qui la fait tourner s'achète par contrat.
- La fiche de l'application
- Ses notes et ses avis
- Le code source et les actifs de build
- La marque
- Les fichiers clients
- Où chercher Marketplaces internationales, intermédiaires spécialisés ou approche directe de l'éditeur.
- Prix 2,93x le profit annuel (Flippa, applications cédées au second semestre 2024)
- Ce qui se prouve Revenus et utilisateurs, par les exports des stores rapprochés des relevés bancaires.
- Ce qui s'achète Actifs isolés, fonds ou titres de la société, chacun avec sa propre fiscalité.
Où trouver une application mobile à vendre ?
L’essentiel des annonces publiques d’application à vendre se concentre sur quelques marketplaces internationales. Flippa permet de filtrer son catalogue d’apps iOS et Android par prix, revenus, profit, utilisateurs et téléchargements. Une application de jeu abandonnée y côtoie un SaaS mobile à abonnements, sans que la fiche de vente vaille audit.
Les points à contrôler sur ce type de plateforme sont détaillés dans l’analyse de la fiabilité des annonces publiées sur Flippa.
Les actifs les mieux construits circulent ailleurs. Comme dans l’immobilier haut de gamme, un éditeur qui dégage un profit régulier passe plutôt par un broker ou répond à une approche directe, ce que confirme l’expérience d’Online Asset sur le sourcing off-market.
Deux offres ressemblent à une vente d’application mobile sans en être une.
- L’application en marque blanche : un code générique vendu en licence, sans utilisateurs ni revenus. Il s’agit d’un raccourci de développement, pas d’une activité qui tourne.
- La web app PWA : sans fiche sur l’App Store ou Google Play, elle se cède comme un site, avec les mêmes réflexes que pour la reprise d’un site internet rentable.
Rentabilité d’une application mobile prouvée par les relevés des stores
Une capture d’écran de tableau de bord ne prouve aucun revenu récurrent. Pour acheter une application rentable, les chiffres du vendeur se rapprochent donc des exports bruts d’App Store Connect et de Google Play Console, des relevés de la régie publicitaire et des comptes bancaires qui encaissent les reversements.
Les pièces à réclamer pour chaque indicateur de la fiche de vente, et les écarts qui doivent alerter.
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| Indicateur annoncé | Preuve à obtenir | Signal d'alerte |
|---|---|---|
| Revenu mensuel | Exports de paiement des stores et relevés bancaires sur la période qui sert de base au prix | Écart entre revenu brut affiché et reversements reçus |
| Commissions des stores | Taux réellement prélevés, lus sur les relevés du compte | Taux « standard » appliqué dans le business plan |
| Abonnements actifs | Export des abonnements, remboursements et annulations | Pic d'abonnements juste avant la mise en vente |
| Utilisateurs actifs mensuels | Cohortes et rétention dans l'outil d'analytics d'origine | Téléchargements cumulés présentés comme audience |
| Coût d'acquisition | Dépenses marketing rapprochées des installations | Croissance portée par des campagnes payantes arrêtées à la vente |
Sources : App Store Connect, Google Play Console, relevés bancaires et régies publicitaires.
Aucun taux de commission unique ne s’applique à toutes les applications : il dépend du programme auquel le compte est inscrit, du type de transaction et de la plateforme. Un modèle financier bâti sur un taux théorique surestime souvent la marge.
La rentabilité d’une application mobile tient aussi à la qualité de ses utilisateurs actifs. Là où un site s’évalue d’abord au trafic, avec le nombre de visiteurs nécessaire pour rentabiliser un site comme repère, une app se mesure plutôt au taux de conversion vers l’abonnement et au revenu par utilisateur. Une régie publicitaire unique crée le même risque qu’un programme partenaire unique sur les sites d’affiliation à vendre : le revenu tient tant que le partenaire ne change pas ses conditions.
Le risque le moins visible dans les chiffres tient à la dépendance au vendeur : sans comptes administrateur, procédure de build ni documentation d’architecture, une application achetée peut rester inexploitable. En pratique, cette liste se négocie avant la lettre d’intention : une fois le prix signé, le vendeur n’a plus guère de raison de la compléter.
Combien coûte une application mobile à l’achat ?
Le prix d’une application mobile rentable se calcule en multiple de son profit annuel, parfois de son revenu quand l’essentiel vient d’abonnements. Aucune statistique officielle française ne recense les prix de cession d’applications : les références publiques viennent des marketplaces. Flippa publie ainsi les multiples observés sur les transactions conclues sur sa plateforme, à croiser avec les données de marché pour valoriser une application mobile.
Données de référence publiées par les marketplaces et effet de chaque facteur sur la valorisation.
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| Ce qui fait le prix | Donnée de référence | Effet sur une application |
|---|---|---|
| Modèle d'actif | Multiples de profit : application mobile 2,93x (2,5x le revenu), marketplace 2,02x, site de contenu 2,85x, e-commerce 3,98x, SaaS jusqu'à 6,13x en quartile supérieur | Des revenus récurrents au-delà de 70 % du total justifient un ajustement de +1,5x à +3x dans les grilles de Flippa |
| Marché visé par l'app | États-Unis, premier marché mondial en dépenses in-app avec près de 60 milliards de dollars en 2025 | À audience égale, une base installée sur un marché à forte dépense porte en général davantage de revenu par utilisateur, donc davantage de profit à multiplier |
| Taille de la transaction | Multiple médian de 1,68x entre 10 000 et 100 000 $, de 2,43x au-delà d'un million | Les petits actifs, plus dépendants de leur fondateur, se négocient dans le bas de la fourchette |
| Concentration du revenu | Décote au-delà de 70 % du revenu issu d'une seule plateforme | Une app présente sur un seul store y est exposée |
| Période de marché | Applications : 9,92x au second semestre 2022, 2,93x au second semestre 2024 | Un multiple se revérifie avant chaque offre |
Sources : Flippa, transactions 2024 et 2025 en dollars ; Sensor Tower, State of Mobile 2026.
Concrètement, une application qui dégage 60 000 $ de profit annuel ressort autour de 176 000 $ au multiple publié pour sa catégorie, avant tout ajustement. Comme le volume de téléchargements ne renseigne pas sur le revenu par utilisateur, la répartition des revenus par pays fait partie des pièces à obtenir du vendeur, à rapprocher des données du rapport State of Mobile 2026 de Sensor Tower.
Le coût total dépasse le prix négocié. S’y ajoutent :
- Droits ou TVA : selon la structure retenue ;
- Apple Developer Program : 99 USD par an au tarif standard ;
- Compte Google Play : 25 USD à la création, si l’acquéreur n’en a pas ;
- Accès cloud : coût de migration.
Partir de zéro reste l’autre voie, celle des idées de business en ligne à lancer soi-même : un devis de développement d’application se chiffre alors en jours de travail, sans utilisateurs ni historique de revenus.
Faut-il racheter l’application ou la société qui l’édite ?
Une reprise d’application mobile peut prendre trois formes, dont les effets sur la TVA, les droits d’enregistrement et les engagements repris diffèrent. Cette qualification se tranche dès les premiers échanges, car elle modifie le prix net pour les deux parties.
Ce que l'acquéreur reprend, la fiscalité de la cession et le point juridique qui décide.
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| Opération | Ce que l'acquéreur reprend | Fiscalité de la cession | Point juridique décisif |
|---|---|---|---|
| Achat d'actifs isolés | Les seuls éléments listés à l'acte : code, marque, fiche store, domaine | Cession isolée d'un incorporel, en principe opération ordinaire susceptible de TVA | Chaque contrat se cède avec l'accord du cocontractant (article 1216 du Code civil) |
| Cession d'un fonds ou d'une branche autonome | Une activité capable de fonctionner seule : app, clientèle, contrats | Droits cumulés de 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % jusqu'à 200 000 €, 5 % au-delà, soit le droit de l'article 719 du CGI augmenté des taxes additionnelles ; dispense de TVA possible au titre de l'article 257 bis | Publicité sous 15 jours et opposition des créanciers pendant 10 jours ; contrats de travail maintenus dans le champ de l'article L. 1224-1 du Code du travail |
| Achat des titres de la société | La société entière, avec son passif et ses engagements | 0,1 % sur des actions, 3 % sur des parts sociales après abattement proratisé de 23 000 €, 5 % pour une société à prépondérance immobilière (article 726 du CGI) | Les contrats restent dans la société ; le passif historique suit |
Sources : CGI, Code civil, Code de commerce, Code du travail et BOFiP BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-10.
La dispense de TVA de l’article 257 bis du CGI ne couvre pas la vente isolée d’une application : le BOFiP exige une universalité capable de poursuivre une activité économique autonome. Cet article est abrogé au 1er janvier 2027 par la recodification de la TVA issue de l’ordonnance n° 2026-671 du 27 juillet 2026, qui en transfère les règles vers le Code des impositions sur les biens et services.
Sur un prix de 150 000 €, les droits cumulés atteignent 3 810 € pour un fonds, selon le barème de la cession de fonds de commerce. Le montant est identique pour 100 % des parts d’une SARL, puisque l’abattement de 23 000 € s’applique en entier. Les actions d’une SAS au même prix ne supportent que 150 € de droits. En contrepartie, ce gain fiscal s’accompagne de tout l’historique de la société : litiges, dettes, déclarations passées.
Pour un investisseur qui vise l’actif et non la structure, l’achat d’actifs ou de fonds reste souvent plus lisible, au prix de contrats à renégocier un par un. Une application qui prolonge une boutique se cède d’ailleurs fréquemment avec elle, et l’opération se rapproche alors du rachat d’une boutique en ligne existante. Le choix du montage doit être validé avec un avocat fiscaliste, surtout lorsque des salariés ou des contrats clés entrent dans le périmètre.
Transfert de l’application sur l’App Store et Google Play
Chez Apple, le transfert passe par App Store Connect ; chez Google, par la Play Console. Chaque procédure change le compte qui publie l’application, avec un périmètre propre.
Ce qui suit l'application lors du changement de compte, et ce qui se traite à part.
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| Critère | App Store Connect | Google Play Console |
|---|---|---|
| Suit l'application | Notes, avis et Bundle ID ; l'app peut rester disponible si les critères d'Apple sont remplis | Utilisateurs, statistiques de téléchargement, notes, avis et fiche Store |
| Reste à traiter à part | Code source et actifs de build, secret partagé des abonnements auto-renouvelables, migration de Sign in with Apple, notifications push, Apple Pay, groupes TestFlight | Certains rapports financiers historiques, groupes de test, Firebase et Analytics |
Sources : présentation du transfert d'app par Apple et aide de la Play Console.
Aucun store ne gère le domaine, les régies publicitaires, les API ni les comptes bancaires. Un paiement sous séquestre ne protège l’acquéreur que si le contrat conditionne la libération des fonds à une liste de remises précise et vérifiée.
Droits sur le code source et la marque
Payer un développeur ne suffit pas à devenir titulaire de son code : selon l’article L. 111-1 du Code de la propriété intellectuelle, un contrat de prestation ne transfère pas à lui seul les droits d’auteur. Pour un freelance ou une agence, la cession doit être écrite (article L. 131-2) et délimiter les droits cédés (article L. 131-3).
Le code écrit par un salarié relève d’un autre régime, puisque l’article L. 113-9 attribue en principe les droits patrimoniaux à l’employeur.
La marque forme un actif juridique distinct du logiciel. Elle se cède par écrit, en application de l’article L. 714-1, et la cession peut être inscrite au registre national des marques de l’INPI.
- un contrat écrit, à peine de nullité ;
- une inscription au registre national spécial des logiciels tenu par l'INPI, qui décrit l'assiette de la sûreté, codes source compris, et rend le nantissement opposable aux tiers, dont l'acquéreur ;
- une inscription valable cinq ans, sauf renouvellement.
Sources : Code de la propriété intellectuelle, articles L. 132-34 et R. 132-8 (Légifrance).
Base utilisateurs reprise et RGPD
Quand l’acquéreur obtient des données personnelles sans les avoir collectées lui-même, l’article 14 du RGPD lui impose d’informer les personnes dans un délai d’un mois, et plus tôt s’il les contacte ou transmet leurs données à un tiers avant cette échéance. La CNIL rappelle par ailleurs qu’une permission accordée au système d’exploitation, pour la géolocalisation ou les contacts, ne vaut pas consentement au sens du RGPD.
La prospection par mail obéit à l’article L. 34-5 du Code des postes et des communications électroniques : consentement préalable, sauf exception encadrée pour certains clients existants. Une liste d’emails collectée pour un usage ne devient pas, avec la vente, un fichier de prospection pour une autre activité.
- Le vendeur tient-il un registre des activités de traitement (article 30 du RGPD) précisant les finalités, les destinataires et les durées de conservation ?
- Peut-il démontrer les consentements recueillis, comme l'exige l'article 7 ?
- Quels sous-traitants et SDK tiers reçoivent des données, et avec quel contrat (article 28) ?
- Des violations de données ont-elles eu lieu ? L'article 33 impose de les documenter, même sans notification à la CNIL.
Source : règlement (UE) 2016/679 (RGPD), articles 7, 28, 30 et 33.
FAQ sur l’achat d’une application mobile
Avant tout accès aux données du vendeur, la fiche store publique livre déjà des indices sur le modèle économique d’une application et la solidité de son audience.
Que signifie « achats via l'application » sur Google Play ?
La mention signale qu’une application, même gratuite au téléchargement, vend des contenus ou services numériques en interne : fonctionnalités premium, suppression de la publicité, monnaie virtuelle. Elle apparaît près du bouton Installer. Selon le pays, ces paiements passent par la facturation de Google Play ou par un système alternatif autorisé, par exemple dans l’Espace économique européen, où des frais de service Google peuvent rester dus.
Des installations achetées faussent-elles la valeur d'une application ?
Oui, lorsqu’elles servent à gonfler les indicateurs de la fiche. Le règlement de Google Play pour les développeurs interdit de manipuler notes, avis ou nombre d’installations par des moyens illégitimes, dont les services automatisés. Une campagne publicitaire classique reste une acquisition ordinaire ; ces procédés surestiment au contraire l’audience et exposent la fiche aux mesures de Google, un risque que l’acquéreur reprend avec l’application.
Une application achetée s'amortit-elle comptablement ?
Pas selon une durée forfaitaire. Le Plan comptable général amortit un actif sur sa durée d’utilisation, appréciée notamment selon des critères techniques et économiques (article 214-1), et n’amortit pas un actif sans limite prévisible d’utilisation (article 214-2). L’ancien amortissement exceptionnel des logiciels sur douze mois ne s’applique plus depuis les exercices ouverts en 2017, comme le rappelle le BOFiP. La durée retenue se fixe avec l’expert-comptable.
Combien de temps prend le transfert d'une application ?
Le délai n’est pas fixe et dépend d’abord de l’acquéreur : Apple lui laisse 60 jours pour accepter le transfert, puis la finalisation peut prendre jusqu’à deux jours ouvrés. Chez Google, les deux comptes développeur doivent être enregistrés et actifs, et l’équipe d’assistance répond à la demande sous deux jours ouvrés une fois celle-ci approuvée par le compte cible.
- Business Valuation Multipliers By Industry
- State of Mobile 2026
- Cession de fonds de commerce
- BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-10
- Overview of app transfer
- Transférer des applications vers un autre compte développeur
- User Ratings, Reviews, and Installs
- Article L. 132-34 du Code de la propriété intellectuelle
- Recommandations relatives aux applications mobiles