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Mis à jour le 9 octobre 2026
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9 min de lecture

Suppression du Golden Visa en Espagne : quelles solutions pour les investisseurs ?

suppression golden visa espagne 2026

Le golden visa espagnol n’existe plus : la loi organique 1/2025 a supprimé toutes les autorisations de résidence pour investisseurs à compter du 3 avril 2025, qu’il s’agisse d’un achat immobilier de 500 000 € ou d’un placement financier. Seules les demandes déposées avant cette date sont encore instruites, et les titres déjà délivrés restent valables jusqu’à leur terme. Pour s’installer en Espagne, un non-Européen passe désormais par la résidence non lucrative, le visa de télétravail ou le visa entrepreneur.

Dans cet article :

  • Ce que la loi a supprimé, et depuis quand
  • Le sort des dossiers en cours et des titres déjà délivrés
  • Les autres voies pour vivre en Espagne en 2026
  • Les programmes encore ouverts ailleurs en Europe
calendrier suppression golden visa espagne

Pourquoi l’Espagne supprime son Golden Visa ?

La suppression ne figure pas dans une loi sur le logement, mais dans la loi organique 1/2025 du 2 janvier 2025, consacrée à l’efficacité du service public de la justice. Sa disposition finale 21 vide de leur contenu les articles 63 à 67 de la loi 14/2013, qui organisaient l’autorisation de résidence pour investisseurs. Le préambule de la loi ne motive pas cette mesure.

Toutes les voies disparaissent, pas seulement l’immobilier :

  • 2 millions d’euros en titres de dette publique espagnole
  • 1 million d’euros en actions de sociétés espagnoles, en fonds d’investissement ou en dépôts bancaires
  • 500 000 € d’immobilier par demandeur
  • un projet d’entreprise jugé d’intérêt général

Acheter un logement reste permis à un non-Européen, mais l’achat n’ouvre plus aucun droit au séjour. Pour élargir votre horizon hors Europe, découvrez comment s’expatrier au Panama.

Qui est directement impacté par la suppression ?

La fin du golden visa concerne les ressortissants de pays tiers ; les citoyens de l’Union européenne, libres de s’installer en Espagne, n’en avaient pas besoin. Une note de la direction générale de la gestion migratoire, signée à Madrid le 10 juin 2025, règle les cas limites :

  1. Un compromis de vente (contrato de arras) ne vaut pas achat : il ne permet pas de demander le titre ;
  2. Les titres en cours de validité sont conservés et leur renouvellement est admis si l’autorisation initiale remplissait toutes les conditions ;
  3. Les membres de la famille déjà titulaires gardent leur titre, mais un conjoint épousé ou un enfant né après le 3 avril 2025 relève du régime général des étrangers ;
  4. Un investisseur peut passer de l’immobilier à un placement financier sans perdre son titre, mais pas l’inverse.

Calendrier et modalités d’application de la suppression

Adopté sous le gouvernement de Pedro Sánchez, le texte a été publié au BOE le 3 janvier 2025. Comme l’essentiel de la loi, la suppression est entrée en vigueur trois mois après cette publication.

Date officielle d’entrée en vigueur

La date officielle est le 3 avril 2025. Depuis, aucune nouvelle autorisation pour investisseur ne peut être demandée, quel que soit le montant investi.

Que deviennent les demandes en cours ?

Une demande déposée avant cette date reste instruite selon les règles en vigueur au jour du dépôt (disposition transitoire première ajoutée à la loi 14/2013). Aucun texte officiel ne fixe de délai propre à ces dossiers.

Existe-t-il une période transitoire ?

Pas pour les nouveaux candidats. Les titulaires actuels gardent leur titre jusqu’à son échéance, et leurs demandes de renouvellement sont examinées selon les règles applicables lors de l’autorisation initiale (disposition transitoire deuxième). Après cinq ans de résidence légale et continue, ils peuvent demander la résidence de longue durée. Les nouveaux candidats passent par un autre visa espagnol ou par un autre État membre.

Conséquences immédiates sur le marché immobilier espagnol

Nous n’avons trouvé aucune statistique officielle qui isole l’effet de la suppression sur les prix. Juridiquement, le changement est simple : un étranger peut toujours acheter, mais son achat ne lui donne plus de titre de séjour. Si vous souhaitez continuer votre projet, découvrez les opportunités d’investissement en Espagne malgré la suppression du visa. Pour qui cherchait d’abord un droit de séjour, les programmes encore ouverts sont présentés plus bas. Hors d’Europe, notre guide explique pourquoi investir à Dubaï en 2026.

Comment obtenir la résidence en Espagne après la suppression ?

Depuis la suppression, trois titres couvrent la plupart des projets d’installation : la résidence non lucrative pour qui vit de ses revenus, le visa de télétravail international pour qui travaille à distance, et le visa entrepreneur pour qui crée une activité innovante.

Le visa non lucratif : pour les rentiers et retraités

La résidence non lucrative s’adresse à ceux qui vivent de revenus ou d’un patrimoine, sans travailler en Espagne. Le règlement des étrangers (décret royal 1155/2024, article 62) exige des moyens égaux à 400 % de l’IPREM pour le demandeur, plus 100 % par membre de la famille à charge. Le dernier montant fixé par une loi de finances est de 600 € par mois, pour 2023 (loi 31/2022). Le consulat indique la valeur qu’il retient au jour du dépôt.

Durée : un premier titre d’un an, puis des renouvellements de deux ans. Pour renouveler, il faut avoir résidé plus de 183 jours en Espagne pendant l’année civile. Après cinq ans de résidence continue, le titulaire peut demander la résidence de longue durée. Documents : assurance maladie privée, extrait de casier judiciaire, preuve des ressources.

Le visa pour nomades numériques : flexibilité et travail à distance

Créé par la loi 28/2022, le visa de télétravail international permet de vivre en Espagne en travaillant à distance. Un salarié doit travailler pour une entreprise située hors d’Espagne ; un indépendant peut réaliser jusqu’à 20 % de son activité pour des clients espagnols.

Ressources : 200 % du salaire minimum espagnol, fixé à 1 221 € par mois sur 14 versements en 2026. Cela fait au moins 2 442 € par mois, ou environ 2 849 € si l’administration ramène le salaire minimum annuel sur douze mois. S’y ajoutent 75 % du salaire minimum pour le premier proche et 25 % pour chacun des suivants.

Durée et fiscalité : visa d’un an au plus, puis autorisation de résidence de trois ans, renouvelable par périodes de deux ans. Le salarié en télétravail peut demander le régime des impatriés (article 93 de la loi sur l’impôt sur le revenu) : 24 % jusqu’à 600 000 € de revenus, l’année d’arrivée et les cinq suivantes. La loi ne l’ouvre pas expressément aux indépendants.

Le visa entrepreneur : investir autrement

Le visa d’entrepreneur (loi 14/2013, articles 69 et 70) vise une activité innovante ou d’un intérêt économique particulier pour l’Espagne. La loi ne fixe aucun investissement minimum : le plan d’affaires décrit l’investissement prévu et son financement, puis ENISA, l’organisme public chargé de l’évaluer, rend son avis en dix jours ouvrables.

Durée initiale : trois ans, puis un renouvellement de deux ans .

Ce visa convient aux créateurs d’entreprise qui veulent s’installer dans l’Union européenne sans immobiliser un capital fixé par la loi.

Les solutions pour les étudiants et les familles

Les visas études relèvent d’une procédure propre, auprès du consulat. Un étranger qui réside déjà légalement en Espagne peut faire venir son conjoint et ses enfants mineurs par le regroupement familial, à condition de justifier notamment de ressources suffisantes et d’une assurance maladie pour toute la famille.

Où investir en Europe après la fin du Golden Visa espagnol ?

Après la fermeture du visa doré espagnol, voici quatre programmes européens encore ouverts. Aucun ne vend la nationalité : tous délivrent un titre de séjour qui permet de circuler dans l’espace Schengen pour de courts séjours.

Portugal : des fonds plutôt que l’immobilier

Le programme de Golden Visa portugais n’accepte plus aucun achat immobilier depuis le 7 octobre 2023. Les voies ouvertes sont un fonds non immobilier de droit portugais ou un projet de recherche (500 000 € chacun), la culture (250 000 €) ou la création de dix emplois. Le titre dure deux ans et n’exige qu’une semaine de présence la première année, puis quatorze jours sur chaque période de deux ans. Une loi du 18 mai 2026 a porté à dix ans la résidence légale exigée pour la naturalisation. Toutes les voies et les taxes de l’AIMA sont détaillées dans notre guide du golden visa au Portugal.

Grèce : 400 000 € ou 800 000 € selon la zone

La loi 5100/2024 a relevé les seuils grecs. Un logement unique d’au moins 120 m² coûte désormais 800 000 € dans la région d’Attique, à Thessalonique, à Mykonos et à Santorin, ainsi que sur les îles de plus de 3 100 habitants. Partout ailleurs, il en faut 400 000 €. Le ticket de 250 000 € reste réservé à un local dont l’usage passe à l’habitation ou à la restauration d’un bâtiment classé. Le titulaire ne peut pas louer en courte durée. Valable cinq ans et renouvelable, le titre n’exige aucune présence sur place.

Italie : visa investisseur et impôt forfaitaire

Quatre placements ouvrent le visa italien : une start-up innovante (250 000 €), une société italienne (500 000 €), un don à un projet d’intérêt public (un million d’euros) ou des titres d’État (deux millions d’euros). Le premier permis vaut deux ans ; chaque renouvellement en ajoute trois. Devenu résident fiscal, l’investisseur peut choisir l’impôt forfaitaire sur ses revenus étrangers, fixé à 300 000 € par an pour un nouvel arrivant, pendant quinze ans au plus. Plus loin de l’Europe, voyez comment investir à Bali en 2026.

Malte : résidence permanente contre contribution mixte

Le « Malta Permanent Residence Programme » demande l’achat d’un bien d’au moins 375 000 € ou une location d’au moins 14 000 € par an, à Malte comme à Gozo, conservés cinq ans. S’y ajoutent une contribution de 37 000 €, un don de 2 000 € et 60 000 € de frais administratifs non remboursables. Le programme donne une résidence permanente, pas la nationalité, que Malte ne vend plus depuis 2025. Les démarches pratiques figurent dans notre guide pour savoir comment s’expatrier à Malte.

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Construire une stratégie de résidence adaptée à votre profil

Le choix d’un titre dépend de quatre éléments : vos revenus, le temps que vous passerez sur place, votre objectif de nationalité et votre résidence fiscale. La méthode ci-dessous les prend dans l’ordre.

Étape 1 : Analyse de votre situation personnelle et patrimoniale

Distinguez le capital que vous pouvez immobiliser plusieurs années des revenus réguliers dont vous disposez : les titres sans investissement reposent sur ces revenus. Vérifiez aussi votre résidence fiscale, qu’un titre de séjour ne change pas. Vous restez imposable en France si votre foyer, votre activité principale ou le centre de vos intérêts économiques y demeure (article 4 B du code général des impôts). Pour préparer votre projet, commencez par découvrir comment bien s’expatrier en 2026.

Étape 2 : Choix du programme de résidence le plus pertinent

Selon votre profil :

  • Revenus passifs : résidence non lucrative en Espagne, sans droit de travailler, ou visa D7 au Portugal ;
  • Télétravail : visa de télétravail espagnol ou permis croate pour nomades numériques (au moins 3 622,50 € de revenus par mois) ;
  • Capital à placer : fonds portugais (500 000 €), logement grec (400 000 € ou 800 000 €) ou résidence maltaise ;
  • Projet innovant : visa entrepreneur espagnol ou visa investisseur italien en start-up (250 000 €) ;
  • Objectif nationalité : aucune voie rapide dans l’Union ; comptez sept ans de résidence légale en Grèce, dix au Portugal et en Espagne.

Étape 3 : Constitution et dépôt du dossier

Rassemblez passeport, extrait de casier judiciaire, preuves de ressources ou de l’investissement, assurance maladie et justificatif de logement. Les documents étrangers doivent en général être traduits et apostillés. Joignez dès le dépôt les justificatifs de l’origine des fonds.

Étape 4 : Suivi et adaptation en fonction des évolutions légales

Une fois le titre obtenu, surveillez les conditions de renouvellement : durée de présence (plus de 183 jours par an pour une résidence non lucrative espagnole), maintien de l’investissement, assurance. Les règles changent vite, comme l’a montré la fin du programme espagnol. Côté français, déclarez vos comptes ouverts à l’étranger (formulaire 3916) et vos revenus de source étrangère.

résidence investissement financier

Vers une nouvelle génération de visas d’investissement en Europe ?

Les faits montrent plutôt un recul. L’Irlande a fermé son programme en 2023, l’Espagne en 2025, le Portugal et la Lettonie ont retiré la voie immobilière, et la Cour de justice de l’Union a condamné le 29 avril 2025 la vente de la nationalité maltaise. Les programmes qui subsistent misent davantage sur des fonds, des entreprises ou des dons ; la Grèce, Chypre et Malte reposent encore sur le logement. Pour explorer d’autres options migratoires mondiales, découvrez comment obtenir la green card et accéder au marché américain.

Les premières alternatives post-Golden Visa

La Hongrie accueille des « investisseurs invités ». Ils placent 250 000 € dans un fonds immobilier pour cinq ans, ou font un don d’un million d’euros à une université. Le titre vaut jusqu’à dix ans. Depuis le 15 septembre 2026, la Lettonie ne retient plus que l’entrée au capital d’une société (dès 50 000 €) ou un placement de 150 000 € dans un fonds public, chacun accompagné d’un versement de 10 000 € à l’État.

Les titres fondés sur les revenus plutôt que sur le capital

Plusieurs pays préfèrent attirer des revenus. La Croatie, par exemple, accorde un permis de nomade numérique à partir de 3 622,50 € de revenus mensuels. L’e-Residency estonienne, souvent confondue avec un titre de séjour, ne donne ni résidence ni droit d’entrée : pour 150 €, elle permet seulement de créer et de gérer une société estonienne à distance. Découvrez également notre guide d’expatriation à Singapour.

FAQ : Golden Visa Espagne, réponses rapides pour investisseurs 2026

Statut du programme, visa sans activité, autres pays, nationalité et erreurs de dossier : l’essentiel en quelques lignes.

Non. La loi organique 1/2025 a fermé la procédure le 3 avril 2025, quel que soit le montant. Un dossier déposé avant reste instruit selon l’ancien régime, et un titre déjà délivré peut être renouvelé. Si votre objectif est de maximiser la mobilité internationale, consultez notre comparatif du meilleur passeport à obtenir en 2026.

La résidence non lucrative : elle demande des ressources égales à 400 % de l’IPREM, plus 100 % par proche à charge, une assurance maladie privée, et elle interdit de travailler en Espagne. Le premier titre dure un an, puis se renouvelle par périodes de deux ans si vous avez passé plus de 183 jours par an en Espagne.

Le Portugal garde un golden visa sans immobilier (fonds de 500 000 €, culture dès 250 000 €). La Grèce exige un logement de 400 000 € ou de 800 000 €, selon sa situation. L’Italie accepte 250 000 € dans une start-up innovante, et Malte accorde une résidence permanente pour un achat de 375 000 € ou un loyer annuel de 14 000 €, auxquels s’ajoutent 99 000 € de contribution, de don et de frais. Si vous préférez l’Asie, consultez notre guide d’expatriation en Thaïlande pour construire un projet durable.

Oui, par le droit commun : dix ans de résidence espagnole légale et continue, réduits à deux ans pour les ressortissants d’origine des pays ibéro-américains, d’Andorre, des Philippines, de Guinée équatoriale et du Portugal (article 22 du code civil). Les années passées sous un titre d’investisseur sont des années de résidence légale. Il faut réussir l’examen de culture CCSE et, sauf pour les hispanophones, le DELE de niveau A2.

Cinq erreurs font échouer un dossier :

  1. Dossier incomplet, ou documents étrangers non traduits ou non apostillés ;
  2. Ressources mal justifiées, par exemple sur le compte d’un tiers ;
  3. Assurance maladie qui ne répond pas aux exigences espagnoles ;
  4. Demande fondée sur un dispositif supprimé, comme le visa investisseur depuis le 3 avril 2025 ;
  5. Oubli des obligations fiscales françaises, comme la déclaration des comptes ouverts à l’étranger.

Vérifiez chaque exigence sur le site du consulat compétent avant le dépôt.

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Auteur
Romain Gouraud
Rédacteur Financier
Romain est rédacteur spécialisé en contenus financiers chez Online Asset. Il couvre principalement l’épargne, les placements, les marchés financiers et l’investissement, avec une approche centrée sur la vulgarisation et la clarté de l’information. Son expertise complémentaire en UX et accessibilité lui permet de structurer des guides, comparatifs et analyses financières de façon claire, pédagogique et directement exploitable par les lecteurs.
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