Mis à jour le 1 février 2026
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2 min de lecture

Droits de succession 2026 : calcul, barème et abattements

Combien paie chaque héritier en 2026 ? Simulations, abattements, exonérations, frais bancaires plafonnés : les clés pour anticiper et optimiser.
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Anticiper une succession en 2026 ne se limite pas à estimer un héritage, c’est avant tout sécuriser la trésorerie familiale face à l’impôt. Entre réformes et barèmes progressifs, une méthode rigoureuse est indispensable pour transformer une urgence fiscale en une transmission sereine. Voici la marche à suivre pour maîtriser chaque étape du calcul et organiser le paiement sans fragiliser votre patrimoine.

Droits de succession 2026 : l'essentiel

Barèmes, abattements et nouvelles règles pour anticiper votre transmission

100 000 €

Abattement enfant

15 932 €

Abattement frère/sœur

152 500 €

Assurance-vie (<70 ans)

857 €

Plafond frais bancaires

1

Calcul en 4 étapes : actif net, abattement personnel, barème progressif (5 % à 60 %), organisation du paiement

2

Réforme 2026 : les beaux-enfants élevés par le défunt bénéficient désormais de l'abattement frères/sœurs

3

Conjoint et PACS : exonération totale des droits de succession, mais testament indispensable pour le partenaire pacsé

4

Optimisation : donation-partage, démembrement, assurance-vie et Dutreil pour réduire l'assiette taxable

⚠️

Point de vigilance : Les droits sont exigibles même si le patrimoine est immobilisé. Anticipez la trésorerie ou sollicitez un paiement fractionné auprès de l'administration.

Comment calculer les droits de succession en 2026 ?

Le calcul est standardisé, mais les écarts viennent souvent d’un détail concret : un bien surévalué, une dette oubliée, une donation passée mal retracée. L’objectif est de déterminer une base nette défendable, puis de calculer l’impôt pour chaque héritier, après abattements, sans confondre fiscalité et frais du notaire. Cette méthode clarifie la part nette réellement transmise et les besoins de trésorerie à court terme. Si le défunt avait un parcours international, la résidence fiscale réelle doit être clarifiée dès le départ, car elle influence les pièces demandées et la cohérence du dossier, y compris dans des cas souvent cités comme le taux d’imposition à Monaco.

Droits de succession 2026 : les chiffres clés
  • 100 000 € d'abattement par enfant et par parent en ligne directe
  • 152 500 € d'abattement assurance-vie par bénéficiaire (primes avant 70 ans)
  • 857 € plafond maximal des frais bancaires de succession (loi 2025)
  • 75 % d'exonération possible via le Pacte Dutreil pour les entreprises

Déterminer l’actif net successoral : la base taxable

La première étape consiste à inventorier les biens du défunt et à les valoriser au jour du décès. Pour les comptes, c’est le solde exact à cette date ; pour les titres cotés, la valeur découle du cours de référence ; pour l’immobilier, une estimation argumentée (ventes comparables, avis professionnel, références notariales) est plus solide qu’un chiffre “arrondi”. Les parts non cotées se valorisent à la valeur vénale, avec une méthode cohérente.

Le régime matrimonial compte : en communauté, une fraction appartient déjà au conjoint et ne doit pas être re-taxée. Le mobilier peut être évalué par inventaire ou, à défaut, via le forfait de 5 % de l’actif brut lorsqu’aucun inventaire n’est dressé. Une fois l’inventaire consolidé, le calcul de l’actif net taxable devient mécanique avec le passif.

La déduction du passif : quelles dettes sont déductibles ?

Le principe est de ne pas taxer une succession sur une valeur fictive : seules les dettes certaines, justifiées et existantes au jour du décès peuvent diminuer la base. L’enjeu est concret, car une dette mal documentée est souvent écartée, ce qui gonfle la part taxable et, au passage, la trésorerie à trouver. Pièces typiques, à adapter au dossier :

  • Capital restant dû d’un prêt, avec attestation bancaire datée.
  • Impôts déjà exigibles au décès, avec avis et, si besoin, échéancier.
  • Factures de soins ou d’établissement, si la dette est certaine et non contestée.
  • Charges de copropriété appelées, avec appels de fonds correspondants.
  • Frais d’obsèques dans la limite prévue, avec justificatifs.

Une règle simple aide : si la dette ne peut pas être prouvée clairement, elle ne doit pas être comptée, car elle fragilise l’ensemble du calcul et peut ouvrir la voie à un redressement.

Simulation de calcul : exemple pour une transmission en ligne directe

Exemple réaliste : un parent laisse un appartement estimé 350 000 €, 50 000 € d’épargne, et un prêt immobilier restant dû de 150 000 €. L’actif brut est donc de 400 000 €, le passif déductible de 150 000 €, et l’actif net successoral de 250 000 €.

Si un enfant unique hérite en ligne directe, l’abattement de 100 000 € s’impute et la base taxable tombe à 150 000 €. Les droits se calculent par tranches : 8 072 € à 5 %, 4 037 € à 10 %, 3 823 € à 15 %, puis le solde à 20 %.

Le total ressort à environ 28 194 € après arrondis. Ce montant reste exigible même si le patrimoine est majoritairement immobilisé dans l’appartement, d’où l’intérêt d’anticiper la trésorerie. Quand la famille cherche une solution temporaire sans vendre dans l’urgence, raisonner en coût d’opportunité devient concret, et ce repère sur le rendement d’1 million d’euros placés donne un ordre de grandeur utile pour comparer placement, crédit relais ou mobilisation d’épargne.

Barème et abattements par lien de parenté (Tarifs 2026)

La même succession peut être taxée de façon très différente selon le lien entre le défunt et l’héritier. C’est souvent là que naissent les incompréhensions : un héritier raisonne “en valeur totale”, alors que l’impôt se calcule après abattement, et au cas par cas. Pour sécuriser une décision rapide, le tableau ci-dessous donne la lecture utile des droits de succession selon le lien de parenté, avant d’entrer dans les détails.

Succession
Droits de succession : abattements et tarifs par lien de parenté
Glissez pour voir le tableau complet
Lien de parenté Abattement applicable Tarif après abattement
Conjoint ou partenaire de PACS Exonération 0 %
Enfant ou parent (ligne directe) 100 000 € 5 % à 45 % par tranches
Frère ou sœur 15 932 € 35 % puis 45 %
Beau-enfant (réforme 2026 sous conditions)* 2026 15 932 € 35 % puis 45 %
Neveu ou nièce 7 967 € 55 %
Autre parent jusqu'au 4e degré 1 594 € 55 %
Au-delà du 4e degré ou sans lien 1 594 € 60 %
* Dispositif voté / en cours de finalisation au 1er janvier 2026 : vérifier l'entrée en vigueur et les décrets d'application avant décision.

Transmission parents-enfants : l’abattement de 100 000 €

Dans la pratique, la ligne directe reste la référence, mais la méthode compte autant que le chiffre final. Une mère laisse 300 000 € à sa fille, dont 220 000 € d’immobilier et 80 000 € de liquidités.

L’abattement de 100 000 s’impute sur la part reçue avant toute tranche. Si deux enfants se partagent l’actif, chacun bénéficie de son abattement, et le barème s’applique séparément sur chaque part. En donation, l’abattement se reconstitue au bout de quinze ans, ce qui permet de lisser la transmission.

  • Abattement par enfant et par parent, pas “par succession”.
  • Donations antérieures imputées sur l’abattement disponible.
  • Donation-partage : valeurs figées, conflits souvent réduits.
  • Handicap : abattement spécifique en plus.

Une fois la base nette établie, le calcul des droits se fait tranche par tranche, ce qui aide à estimer la trésorerie à mobiliser lorsque l’actif est surtout immobilier, et à comparer les options de transmission.

Le saviez-vous ?
L'abattement de 100 000 € se reconstitue intégralement tous les quinze ans. Une donation effectuée aujourd'hui n'impactera plus les droits de succession si le décès survient après ce délai, ce qui permet de transmettre progressivement sans alourdir la facture fiscale finale.

Conjoint et partenaire de PACS : l’exonération totale

Le principe est clair : le conjoint survivant est exonéré, et le partenaire de PACS aussi, sur le plan fiscal. La date du mariage n’a pas d’effet sur l’exonération fiscale. L’exonération n’efface pas la liquidation de la succession : inventaire, évaluation, partage.

Point clé : le partenaire de PACS n’a pas, par défaut, la qualité d’héritier ; sans testament, il peut ne rien recevoir, même s’il serait exonéré s’il héritait.

  • Exonération fiscale totale pour conjoint et partenaire de PACS.
  • Pour le PACS, prévoir un testament pour transmettre des biens propres.
  • En présence d’enfants, le conjoint peut opter pour usufruit ou quotité disponible.
  • Les capitaux d’assurance-vie suivent des règles distinctes. Pour éviter les confusions entre civil et fiscal, il est utile de distinguer clairement la succession pour une assurance vie du reste de l’actif successoral, notamment quand la clause bénéficiaire a été modifiée plusieurs fois.

Même sans impôt, la réserve héréditaire encadre le partage : si des enfants existent, une partie du patrimoine leur est juridiquement réservée, et le conjoint ne peut pas recevoir au-delà de la quotité disponible sans aménagement adapté.

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Conseil de l'équipe
Partenaires de PACS : pensez au testament. Contrairement au conjoint marié, le partenaire de PACS n'hérite pas automatiquement. Sans testament, il peut ne rien recevoir du patrimoine propre du défunt, même s'il serait exonéré de droits en cas de legs. La rédaction d'un testament olographe ou authentique sécurise cette transmission.

Frères et sœurs : l’abattement de 15 932 € et le barème progressif

Les successions entre frères et sœurs surgissent souvent quand il n’y a ni enfant ni conjoint, ou quand le patrimoine doit rester dans la fratrie. Avec un lien de parenté plus éloigné, l’abattement chute à 15 932 € et la taxation démarre vite.

Une fratrie qui hérite d’un bien en indivision doit raisonner en coût net et en liquidité : si personne ne peut avancer les droits, la vente devient parfois l’option la plus réaliste. Un chiffrage précis des droits dès le début évite de négocier dans l’urgence.

  • Abattement : 15 932 € par frère ou sœur héritier.
  • Barème : 35 % jusqu’à 24 430 €, puis 45 % au-delà.
  • Dans certains cas stricts, une exonération totale peut exister.
  • L’indivision impose des décisions rapides.

Le paiement des droits se prépare dès l’ouverture de la succession : estimation, recherche de liquidités, puis arbitrage entre vente, financement temporaire ou partage différent, avec un calendrier réaliste. Quand la succession manque de liquidités immédiates, certains établissements proposent des solutions de financement adossées au patrimoine, et ce comparatif des banques privées permet d’identifier les acteurs les plus adaptés selon la complexité du dossier et le niveau d’accompagnement attendu.

Neveux, nièces et tiers : comment éviter une taxation à 60 % ?

Dans ces configurations, l’impôt devient souvent le sujet numéro un, car les taux sont élevés et les abattements faibles. Après un abattement limité, un neveu ou une nièce est taxé à 55 %, et un bénéficiaire sans lien proche peut basculer à 60 %.

Ce niveau de taux marginal explique pourquoi une transmission improvisée peut forcer une vente, même quand le patrimoine est significatif mais immobilisé.

  • Vérifier si le bénéficiaire relève d’un degré de parenté jusqu’au 4e degré, souvent taxé à 55 %.
  • Structurer en amont : donations, clause bénéficiaire, organisation du couple.
  • Envisager une reconnaissance juridique du lien quand c’est pertinent et possible.
  • Documenter la propriété et les flux pour limiter contestations, retards et erreurs.

Une stratégie efficace consiste à réduire la base taxable avant le décès et à sécuriser les bénéficiaires, en gardant un dialogue clair avec l’administration fiscale et le notaire pour éviter les requalifications et les erreurs de déclaration.

Réforme 2026 : ce qui change pour les familles recomposées

Dans une famille recomposée, le risque n’est pas seulement fiscal, il est aussi émotionnel : un beau-parent peut avoir élevé un enfant pendant des années, sans que le droit ne le considère comme héritier naturel. La réforme vise à rapprocher la fiscalité de la réalité vécue, mais elle ne dispense pas d’anticipation. Une bonne planification successorale commence par identifier qui hérite légalement, puis qui peut bénéficier d’un régime fiscal réduit.

Beaux-enfants : les justificatifs à conserver
  • Attestation de domicile commune (factures, bail, avis d'imposition)
  • Certificats de scolarité ou documents d'inscription
  • Relevés de dépenses liées à l'entretien (santé, loisirs, équipement)
  • Preuves de la durée de vie commune avec le parent
Sans ces éléments, le bénéfice du régime fiscal réduit peut être remis en cause lors d'un contrôle.

Le nouvel abattement pour les beaux-enfants (alignement frères/sœurs)

Jusqu’à présent, un beau-enfant était souvent traité comme un tiers, avec un abattement minimal et un taux très élevé. Le nouveau dispositif, prévu au 1er janvier 2026 sous réserve d’adoption définitive, aligne la fiscalité du beau-enfant sur celle des frères et sœurs : abattement de 15 932 €, puis barème à 35 % jusqu’à 24 430 € et 45 % au-delà.

Ce dispositif vise les transmissions réellement familiales et il ne crée pas de droits civils nouveaux, ce qui laisse au testament ou à l’adoption un rôle central pour sécuriser la transmission.

Les conditions de prise en charge pour bénéficier de la fiscalité réduite

La réforme ne crée pas un droit automatique à hériter ; elle adapte la fiscalité quand des critères sont réunis. Avant, le droit commun plaçait le beau-enfant au même niveau qu’un tiers. Le nouveau régime exige un mariage ou un PACS avec le parent, et une prise en charge effective et continue. Il faut pouvoir démontrer une continuité, pas un soutien ponctuel, car la preuve reste l’enjeu : sans éléments solides, le dossier bascule vers le taux de 60 %.

  • Défunt marié ou pacsé avec le parent.
  • Prise en charge réelle, continue, démontrable.
  • Beau-enfant mineur au décès ou vivant sous le toit du défunt.
  • À défaut, retour au régime des tiers.

Conserver des justificatifs (domicile, scolarité, dépenses) facilite la déclaration de succession, et ce réflexe évite de perdre le bénéfice du régime réduit lors d’un contrôle ou d’une contestation.

Fiscalité de l’immobilier et succession

L’immobilier pèse souvent la majorité d’une succession : il rassure par sa valeur, mais il complique le financement immédiat des droits. La logique consiste à estimer les biens à leur valeur vénale, puis à vérifier les décotes et régimes particuliers applicables. Bien traité, le dossier protège le droit de propriété des héritiers en évitant une vente forcée ou une indivision ingérable.

L’abattement de 20 % sur la résidence principale : conditions et limites

La décote de 20 % concerne le logement qui constitue la résidence principale au moment du décès et dont l’occupation est réelle et cohérente (adresse fiscale, factures, assurance habitation, usage quotidien). Elle s’applique, dans la pratique, lorsque le bien était effectivement le domicile du défunt et que l’occupation au décès répond aux critères prévus, le cas le plus fréquent étant le conjoint ou partenaire qui continue d’y vivre.

À l’inverse, un logement vacant, une résidence secondaire ou un bien loué au décès sort de ce régime. Exemple : une maison estimée 500 000 € peut être retenue pour 400 000 €, soit 100 000 € de base en moins. Cette décote ne remplace jamais une estimation sérieuse : conserver l’avis de valeur et les preuves d’occupation sécurise le dossier.

Droits de succession et immobilier locatif : comment évaluer vos biens ?

Pour un bien loué, la bonne approche consiste à raisonner comme un acheteur rationnel : prix de marché, état, charges de copropriété, fiscalité locale, et surtout contraintes du bail (durée restante, protection du locataire, indexation). Ces éléments peuvent justifier une décote, mais uniquement si elle est argumentée et chiffrée.

Un cas fréquent : un appartement loué sous le marché, avec un locataire en place depuis longtemps, se revend souvent moins cher qu’un bien libre, car l’acquéreur n’a pas la même liberté de reprise ou de relocation. Le but est de retenir une valeur cohérente dans l’actif successoral taxable, en conservant ventes comparables, bail, quittances, diagnostics et procès-verbaux d’assemblée.

Le cas spécifique des Groupements Fonciers Immobiliers (GFI)

Les parts de GFI se traitent comme des titres, mais leur valeur dépend du portefeuille sous-jacent, de la liquidité et des règles de sortie. Pour la succession, l’évaluation s’appuie sur la valeur de rachat ou la valeur indicative à la date du décès, en tenant compte des frais et des délais de retrait, car ils pèsent sur la valeur économique réelle. Si les héritiers doivent régler des droits rapidement, la liquidité devient un critère central : une valeur “théorique” ne finance pas un impôt. Conserver bulletin de valeur, rapport annuel et conditions de retrait permet de justifier la valeur retenue au regard de la loi fiscale.

Pour plus d'informations, entrer en contact avec un membre de notre équipe.

Optimiser sa transmission avec l’assurance-vie et le PER

Dans les stratégies patrimoniales, l’assurance-vie et le PER ne servent pas à “échapper” à l’impôt, mais à choisir un cadre plus lisible, avec des abattements propres et des bénéficiaires identifiés. Utilisés correctement, ils réduisent les frictions entre succession et donation et protègent la liquidité au moment où la famille en a le plus besoin.

Assurance-vie : l’avantage des versements avant 70 ans (Article 990 I)

Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € sur les capitaux transmis, puis la taxation suit un barème dédié : 20 % sur la fraction taxable jusqu’à 700 000 €, puis 31,25 % au-delà.

L’intérêt dépend rarement du contrat en lui-même, mais plutôt de la clause bénéficiaire et de la répartition, puisque le régime s’apprécie par bénéficiaire. L’assurance vie est surtout puissante quand la clause est à jour (bénéficiaires identifiés, rangs clairs, scénarios de prédécès prévus) et que la répartition est pensée, car l’abattement s’applique à chaque bénéficiaire.

Une rédaction floue peut créer un blocage civil et retarder le dénouement au moment où la famille a besoin de liquidités. Dans certains cas, revoir l’antériorité, les frais et la gestion du contrat avant de le conserver “par habitude” peut s’imposer, et ce point sur le transfert d’une assurance vie aide à évaluer quand un changement de cadre est pertinent sans fragiliser la clause bénéficiaire.

Fiscalité des primes après 70 ans : l’abattement de 30 500 € (Article 757 B)

Après 70 ans, seules les primes versées sont visées, et elles bénéficient d’un abattement de 30 500 global, partagé entre tous les bénéficiaires. Au-delà, la fraction taxable retombe dans le barème des droits de succession selon le lien de parenté, tandis que les intérêts et plus-values restent en principe hors assiette.

Exemple simple : 80 000 € de primes versées après 70 ans conduisent à une base de 49 500 € avant application du barème lié au lien familial.

En pratique, la solidité du dossier repose sur la capacité à distinguer primes et produits, avec l’historique des versements et les relevés du contrat.

PER et succession : les nouvelles restrictions pour les plus de 70 ans en 2026

Le PER peut transmettre un capital, mais son traitement dépend de la nature du plan (assurantiel ou bancaire) et de l’âge au décès. Pour cadrer correctement l’imposition selon la nature du contrat et le timing des versements, ce guide de fiscalité du PER permet de vérifier les règles applicables avant de raisonner en “optimisation”.

Les mesures annoncées pour 2026 durcissent la lecture des versements tardifs : au-delà de 70 ans, les capitaux issus du PER tendent à être traités comme un actif successoral classique, avec une vigilance accrue sur les versements effectués peu de temps avant le décès.

L’idée de verser très tard pour “optimiser” devient donc moins robuste, car le capital peut retomber dans le champ de l’impôt sur les successions selon les règles habituelles. L’arbitrage consiste alors à privilégier une stratégie progressive, et à faire valider le montage avant tout versement tardif.

Stratégies de réduction des droits de succession

Anticiper ne consiste pas à chercher une faille, mais à organiser une transmission solide pour réduire l’impôt successoral sans créer de tensions. Les leviers les plus efficaces sont souvent simples : donner de son vivant pour figer des valeurs, réduire l’assiette taxable avec un démembrement, et protéger la transmission d’entreprise avec le Dutreil. Le point décisif reste l’alignement entre calendrier, liquidité et objectifs familiaux. Dans la pratique, une transmission efficace s’inscrit souvent dans une approche plus large de gestion patrimoniale, et ce guide fiscale pour particulier aide à remettre les arbitrages successoraux dans une logique globale et défendable.

La donation-partage : l’outil pour figer la valeur des biens et éviter les conflits

Une scène revient souvent : un parent décède, l’appartement familial doit être vendu vite pour financer les droits, et chaque héritier ressort frustré, même quand tout le monde s’entend. Une donation-partage évite ce piège en fixant la valeur des biens au jour de l’acte, en répartissant clairement les lots, et, si nécessaire, en prévoyant une soulte.

Elle sécurise aussi l’équité entre enfants, car chacun valide la répartition et la valorisation au moment de la signature. Ce cadre réduit fortement les contestations ultérieures et limite les arbitrages dans l’urgence.

Le démembrement de propriété : donner la nue-propriété pour effacer l’impôt

Le mécanisme se comprend facilement : transmettre la nue-propriété d’un bien tout en conservant l’usufruit, puis laisser le temps réduire la base taxable. Avec le démembrement de propriété, les droits sont calculés sur une valeur décotée selon le barème fiscal lié à l’âge de l’usufruitier, ce qui peut réduire sensiblement l’assiette dès la donation. Le donateur conserve l’usage du logement ou les loyers, ce qui protège son niveau de vie.

Au décès, l’usufruit s’éteint et le nu-propriétaire récupère la pleine propriété sans droits supplémentaires sur la reconstitution. Ce levier est très utilisé sur l’immobilier locatif ou des parts de SCPI, à condition d’anticiper les règles en cas de vente et la répartition des charges. Au moment d’arbitrer entre enveloppes, la question “liquidité versus rendement” revient vite, et ce guide sur que choisir entre assurance vie et SCPI permet de comparer les logiques patrimoniales avant de figer une stratégie de transmission.

Démembrement : simulation sur un bien de 400 000 €
Un parent de 65 ans donne la nue-propriété d'un appartement estimé 400 000 € à son enfant. Selon le barème fiscal, la nue-propriété représente 60 % de la valeur du bien à cet âge, soit 240 000 €.

Après application de l'abattement de 100 000 €, la base taxable tombe à 140 000 €. Les droits s'élèvent à environ 26 194 €, contre plus de 58 000 € si le bien avait été transmis en pleine propriété au décès.

L’exonération de 75 % via le Pacte Dutreil pour les chefs d’entreprise

Quand l’essentiel du patrimoine est concentré dans une société, la pression fiscale peut forcer une cession au mauvais moment. Le pacte dutreil permet, sous conditions, d’exonérer 75 % de la valeur des titres transmis, puis d’appliquer les règles habituelles sur le solde.

Les engagements de conservation, la fonction de direction et la traçabilité documentaire doivent être cadrés dès l’origine. Un manquement formel peut remettre en cause l’exonération, ce qui justifie une préparation rigoureuse bien avant la transmission, avec un suivi strict des échéances et des pièces.

Déclaration et frais annexes : les points de vigilance

Une succession ne se résume jamais à un barème. Entre les démarches bancaires, les actes notariés, les formalités immobilières et les débours, l’addition peut surprendre si elle n’a pas été cartographiée dès le départ. Le bon réflexe consiste à séparer ce qui revient à l’État de ce qui rémunère les intervenants, afin de piloter les frais de succession et d’éviter une décision de vente sous contrainte.

Succession
Frais de succession : postes, intervenants et points de vigilance
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Poste de frais Qui le facture Repère utile Quand ça s'applique Point de vigilance
Frais bancaires de succession Banque Plafond : 1 % des avoirs, avec un maximum fixé par décret (850 €) Clôture des comptes, échanges, transferts Vérifier les cas de gratuité et la notion de complexité manifeste
Acte de notoriété Notaire Tarif réglementé Pour établir la qualité d'héritier Dossier d'état civil incomplet = délais et surcoûts
Attestation immobilière et publicité foncière Notaire et Trésor public Émoluments + taxes + débours Si un bien immobilier entre dans la succession Valorisation et titres de propriété doivent être cohérents
Déclaration de succession (émoluments) Notaire Barème proportionnel réglementé Si la déclaration est requise Pièces manquantes = délais et trésorerie sous tension
Partage (si nécessaire) Notaire Émolument proportionnel sur l'actif partagé Quand la répartition doit être formalisée Désaccords familiaux = coût et temps qui augmentent
Débours et copies Notaire, administrations Frais avancés (cadastre, copies, état civil) Presque systématique Demander une estimation et un relevé détaillé

Les nouveaux plafonds de frais bancaires de succession (loi 2026)

Depuis l’entrée en vigueur de l’encadrement, les frais bancaires facturés à l’occasion d’une succession sont plafonnés à 1 % du total des soldes et de la valorisation des produits d’épargne détenus par le défunt, avec un plafond absolu défini par décret, fixé à 850 €. La gratuité s’impose notamment si le défunt était mineur, si les avoirs sont inférieurs au seuil prévu (5 910 € au 1er janvier 2025, seuil révisé chaque année), ou si la succession est dite simple, avec héritiers clairement identifiés et opérations sans complexité manifeste.

À l’inverse, la banque peut facturer si la situation relève de critères de complexité, par exemple absence d’héritiers en ligne directe, crédit immobilier en cours, compte professionnel, sûretés, ou élément d’extranéité comme un domicile fiscal à l’étranger. Un relevé détaillé des frais doit toujours être exigé pour vérifier la conformité au plafond. Quand il existe une résidence fiscale hors de France, le dossier doit être documenté avec encore plus de rigueur, et cette liste des pays à la fiscalité avantageuse aide à comprendre pourquoi certaines situations déclenchent davantage de contrôles, de justificatifs et de délais bancaires.

La déclaration de don manuel obligatoire par voie électronique

Recevoir une somme d’un proche n’est pas qu’un virement : cela peut déclencher une obligation déclarative et un point de départ fiscal. Pour un don manuel, l’objectif est de figer la date et de sécuriser l’imputation sur les abattements lorsqu’ils existent.

La règle pratique est claire : déclarer au plus tard un mois après la révélation à l’administration, ce qui évite qu’une date soit imposée lors d’un contrôle.

À compter du 1er janvier 2026, l’administration rend la déclaration en ligne obligatoire sauf exceptions, via l’espace sécurisé sur impots.gouv.fr (rubrique « Déclarer », puis « Déclarer un don ou une cession de droits sociaux »). Conserver l’attestation de virement, l’identité du donateur et le récépissé de déclaration protège efficacement en cas de demande ultérieure.

Délais de paiement : comment obtenir un paiement fractionné ou différé ?

Le point dur, dans de nombreux dossiers, n’est pas le calcul mais la trésorerie : les droits arrivent avant la vente du bien ou l’accès aux liquidités. Un paiement fractionné peut être accordé pour étaler la charge, avec intérêts et garanties : généralement sur un an en trois échéances, et jusqu’à trois ans si plus de la moitié de l’actif successoral est composée de biens non liquides.

Le paiement différé vise des configurations précises, notamment lorsque la transmission porte sur de la nue-propriété. La demande doit être argumentée et déposée dans les formes, car l’administration apprécie les garanties au cas par cas et peut refuser si la solvabilité paraît insuffisante.

Différence entre droits de succession (fisc) et émoluments du notaire

La confusion vient souvent du fait que taxes et frais apparaissent sur les mêmes documents. Les frais de notaire agrègent une rémunération tarifée (émoluments), des débours refacturés à l’euro, et des taxes collectées pour le compte du Trésor, alors que les droits sont l’impôt calculé sur la part taxable après abattements.

  • Droits de succession : impôt versé à l’administration, calculé sur la part taxable.
  • Émoluments : rémunération réglementée du notaire pour les actes et formalités.
  • Débours : frais avancés (copies, état civil, cadastre) refacturés à l’euro.
  • Taxes diverses : publicité foncière et contributions perçues pour le Trésor.

Demander un relevé détaillé aide à identifier ce qui est compressible et ce qui ne l’est pas. L’acte de notoriété en est l’exemple type : il est indispensable pour débloquer les démarches, mais il n’explique pas l’essentiel du coût dès que l’actif transmis dépasse les abattements.

FAQ : Tout savoir sur la fiscalité successorale 2026

Quand une succession arrive, ce n’est jamais “juste” un sujet fiscal. Il faut avancer, comprendre vite, et éviter les erreurs qui coûtent cher ou qui bloquent un dossier pendant des mois. Les réponses ci-dessous s’appuient sur les règles de code général des impôts et sur les démarches réellement demandées dans les études notariales, pour aider à prendre de bonnes décisions, même dans l’urgence.

Quel est l'abattement pour un petit-enfant en 2026 ?

En 2026, un petit-enfant bénéficie en principe d’un abattement de 31 865 € sur ce qu’il reçoit de chacun de ses grands-parents, avant application du barème. Concrètement, si une grand-mère lègue 60 000 € à sa petite-fille, la taxation ne porte que sur la fraction qui dépasse l’abattement, après calcul de la part nette revenant à l’héritier. En pratique, il faut aussi vérifier si des donations antérieures ont déjà “consommé” tout ou partie de l’abattement, car cela peut modifier la base taxable.

Quel est le coût d'une succession sans testament ?

Sans testament, la succession suit la dévolution légale prévue par le Code civil, mais le coût fiscal ne “monte” pas mécaniquement. Les droits se calculent toujours à partir de la base de calcul qui revient à chaque héritier, après abattements, en fonction du lien de parenté. La différence se joue surtout sur l’organisation : plus d’indivision, parfois davantage d’actes, et des délais plus longs si la famille doit prouver la qualité d’héritier ou trancher des désaccords. C’est souvent là que naissent des frais supplémentaires, pas sur la grille fiscale elle-même.

Peut-on être exonéré de droits de succession sur un monument historique ?

Oui, une exonération est possible lorsque le bien est classé ou inscrit et que les héritiers signent une convention avec l’État prévoyant notamment l’entretien et l’ouverture au public. L’idée est de préserver un patrimoine dans une logique d’utilité publique, pas d’offrir un avantage automatique. En pratique, l’exonération dépend du respect strict des conditions (convention, obligations de conservation, modalités d’accès) et des pièces fournies dans les délais. À défaut, le monument est taxé comme n’importe quel immeuble transmis.

Quel est le montant maximum qu'un neveu peut recevoir sans frais ?

Pour un neveu ou une nièce, le seuil “sans impôt” est limité, car l’abattement de droit commun est de 7 967 € par bénéficiaire. Au-delà, la part nette taxable est imposée à un taux élevé (55 % dans la plupart des cas). Dans la vraie vie, cela signifie qu’un legs de 50 000 € à un neveu déclenche rapidement une facture fiscale significative, sauf situation particulière (par exemple un abattement handicap, ou des stratégies anticipées via donations ou démembrement). Le bon réflexe est de chiffrer avant de décider, pas après.

Comment simuler mes droits de succession avec l'outil du gouvernement ?

Le plus simple est d’utiliser le simulateur officiel “Estimer des droits de succession” : il guide étape par étape selon le lien avec le défunt et la valeur transmise. Ce service public reste indicatif, mais il est utile pour cadrer rapidement un ordre de grandeur, surtout quand la famille doit décider si elle peut payer sans vendre dans l’urgence. Pour une simulation pertinente, il faut partir d’une valeur nette (biens moins dettes), puis raisonner par héritier : la part reçue, l’abattement applicable, puis le calcul du barème.

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Auteur
Kévin Gouraud
Rédacteur Financer
Kévin Gouraud est rédacteur financier chez Online Asset, spécialisé en investissement, optimisation fiscale et gestion de patrimoine. Diplômé en économie (Toulouse Capitole) et en droit des affaires (Montréal), il publie des analyses sourcées et actionnables pour aider les épargnants à décider en confiance.
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Rédigé par
Kévin Gouraud