Mis à jour le 28 février 2026
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10 min de lecture

ETF Private Equity : comparaison, performances et alternatives pour investir

IPRV ou XLPE ? Comparaison des 2 ETF Private Equity UCITS accessibles en France : performances, frais, fiscalité CTO et alternatives au non coté.
etf private equity guide

Avec moins de cinq ETF Private Equity disponibles en UCITS pour un investisseur français, le choix semble limité. Pourtant, ces trackers permettent d’accéder à un segment habituellement réservé aux institutionnels, celui du capital-investissement coté, depuis un simple compte-titres. Pour comprendre le cadre global, consultez notre guide pour investir dans le private equity.

Nous avons analysé les produits réellement accessibles, leurs performances face au marché actions, la fiscalité applicable et les alternatives pour ceux qui souhaitent aller plus loin dans le non coté. Voici notre comparaison détaillée.

Les 2 ETF Private Equity accessibles en France
Comparatif UCITS - données février 2026
iShares IPRV Physique
IndiceS&P Listed PE
TER0,75 %
Encours~459 M€
DeviseUSD
DividendeDist. ou Acc.
Xtrackers XLPE Swap
IndiceLPX Major Market
TER0,70 %
Encours~355 M€
DeviseEUR
DividendeCapitalisant
En résumé - IPRV (iShares) convient si vous voulez le choix entre distribuant et capitalisant avec la plus grande liquidité. XLPE (Xtrackers) est préférable en zone euro pour éviter le risque de change, avec un TER légèrement inférieur.

Qu’est-ce qu’un ETF Private Equity

Le capital-investissement pèse aujourd’hui plus de 8 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion dans le monde. Longtemps réservé aux fonds de pension et aux family offices, ce segment s’ouvre progressivement aux investisseurs particuliers grâce aux ETF.

Fonctionnement d’un ETF adossé au capital-investissement

Un ETF Private Equity est un fonds indiciel coté qui réplique un indice composé de sociétés spécialisées dans le capital-investissement. Concrètement, vous achetez des parts d’un panier d’entreprises dont le métier est de gérer, financer ou détenir des participations dans des sociétés non cotées.

Ce mécanisme offre une exposition indirecte au non coté. Contrairement à un fonds de PE traditionnel, il n’y a ni blocage de capitaux sur 8 à 10 ans, ni appels de fonds successifs, ni ticket d’entrée de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le tracker se négocie en bourse comme n’importe quelle action.

L’indice S&P Listed Private Equity et sa composition

L’indice S&P Listed Private Equity regroupe une trentaine de sociétés cotées dont l’activité principale relève du capital-investissement. Le biais géographique est marqué : les États-Unis et l’Europe concentrent l’essentiel des lignes, avec une surreprésentation nord-américaine.

L’autre référence du secteur, le LPX Major Market, adopte une approche légèrement différente avec environ 86 entreprises cotées incluant des holdings et des business development companies (BDC). Les deux benchmarks se recoupent largement sur les premières positions.

Le saviez-vous ?
Dans le S&P Listed Private Equity, les dix premières lignes représentent à elles seules 40 à 50 % de la pondération totale de l'indice. Cette concentration est nettement supérieure à celle d'un ETF World classique.

Blackstone, KKR, Apollo : les sociétés cotées du secteur

Blackstone domine le secteur avec plus de 1 100 milliards de dollars d’actifs sous gestion (2025) et pèse entre 5 et 7 % du S&P Listed PE. Derrière, KKR (600 milliards) et Apollo (750 milliards) complètent le trio de tête, suivis par EQT AB, Partners Group et 3i Group.

Ces géants tirent leurs revenus de deux sources : les management fees prélevées sur les capitaux gérés et le carried interest, c’est-à-dire leur commission sur les plus-values réalisées. Leur cours de bourse dépend donc directement des flux de capitaux entrants dans le non coté et de la santé des marchés de M&A.

Les meilleurs ETF Private Equity accessibles en France

L’offre en UCITS est restreinte. Pour un investisseur résidant en France, deux trackers méritent une analyse approfondie. Les produits américains comme le ProShares PEX (TER de 2,78 %) sont de fait inaccessibles en raison de la réglementation PRIIPS qui interdit la commercialisation d’ETF sans KID européen.

Les ETF Private Equity UCITS du marché

Deux produits se partagent l’essentiel du volume et des encours européens sur cette thématique. Voici leur profil comparé selon les données officielles des émetteurs (février 2026).

Comparatif ETF Private Equity iShares IPRV & Xtrackers XLPE
Défilement horizontal disponible →
Critère iShares IPRV Xtrackers XLPE
ISIN IE00B1TXHL60 (Dist)
IE000D8FCSD8 (Acc)
LU0322250712
Indice suivi S&P Listed Private Equity LPX Major Market Private Equity
TER 0,75 % 0,70 %
Encours ~459 M€ ~355 M€
Réplication Physique Swap (synthétique)
Politique de dividende Distribuant ou capitalisant Capitalisant
Devise de référence USD EUR
Cotation Euronext Amsterdam Euronext, Xetra

Note : L'IPRV propose deux parts (distribuante et capitalisante), offrant plus de flexibilité selon le profil de l'investisseur. Le XLPE, répliqué par swap, expose à un risque de contrepartie à prendre en compte dans l'analyse.

Ces deux trackers couvrent des indices différents mais fortement corrélés entre eux.

iShares Listed Private Equity UCITS ETF (IPRV)

Lancé en 2007, l’ETF iShares Listed Private Equity est le plus ancien et le plus liquide du segment. Sa réplication physique signifie qu’il détient directement les actions des sociétés de PE composant le S&P Listed PE.

L’encours dépasse 459 millions d’euros, un seuil qui garantit une liquidité correcte sur Euronext Amsterdam. Il existe en version distribuante (ISIN IE00B1TXHL60) et capitalisante (IE000D8FCSD8), ce qui permet d’adapter le produit à votre stratégie fiscale sur CTO.

Xtrackers LPX MM Private Equity Swap UCITS ETF (XLPE)

Le Xtrackers LPX MM Private Equity adopte une approche synthétique. Au lieu de détenir les titres en direct, il utilise un swap pour reproduire la performance du LPX Major Market, qui compte environ 86 lignes.

Son TER de 0,70 % est marginalement inférieur à celui d’IPRV. Il est exclusivement capitalisant et libellé en EUR, ce qui évite les frais de conversion de devise pour un investisseur en zone euro. L’encours avoisine 355 millions d’euros.

Rendement en USD et performances comparées au MSCI World

Les performances d’IPRV sur longue période (données BlackRock, au 31 décembre 2025) dessinent un profil de rendement attractif mais irrégulier :

  1. 1 an : -5,97 %
  2. 3 ans annualisés : +15,72 %
  3. 5 ans annualisés : +11,97 %
  4. 10 ans annualisés : +13,37 %

En comparaison, le MSCI World affiche environ +11 % annualisé sur 10 ans. L’écart de deux points en faveur de l’ETF PE se paie par une volatilité nettement supérieure. En 2022, IPRV a chuté de 29 % contre 18 % pour le MSCI World. En 2023, le rebond a été spectaculaire : +38,86 %.

Le Xtrackers XLPE suit une trajectoire très similaire, les deux benchmarks étant corrélés à plus de 95 %. Sur 5 ans annualisés, le rendement se situe autour de 11 à 12 %.

IPRV en chiffres clés
  1. +13,37 % - Rendement annualisé sur 10 ans (USD)
  2. -29 % - Drawdown maximum en 2022
  3. 25 à 30 % - Volatilité annuelle estimée
  4. 0,85 à 0,90 - Corrélation avec le MSCI World

Frais de gestion : un coût justifié pour le capital-investissement coté ?

Avec un TER de 0,70 à 0,75 %, ces trackers coûtent trois à quatre fois plus cher qu’un ETF World classique (environ 0,20 %). Ce surcoût s’explique par la niche sectorielle et la taille plus modeste des encours. En ajoutant le tracking error et le coût de change USD/EUR pour IPRV, le coût réel avoisine 0,80 à 1 %.

Ces frais de gestion ne tiennent pas compte des frais internes des sociétés de PE détenues en portefeuille (management fees de 1 à 2 %, plus carried interest de 20 % sur les plus-values). Ces coûts sont déjà intégrés dans le cours des actions sous-jacentes, mais ils pèsent mécaniquement sur la rentabilité globale du secteur.

Expert Online Asset
Conseil de l'équipe
Coût total réel : avant d'investir, additionnez le TER de l'ETF, le spread achat/vente sur votre courtier et le coût de conversion de devise si l'ETF est libellé en USD. Sur un investissement long terme, ces frais cumulés peuvent représenter 1 à 1,5 % par an.

Volatilité, concentration et corrélation avec les actions cotées en bourse

La volatilité de ces fonds oscille entre 25 et 30 % par an, contre 15 à 20 % pour un fonds World. Ce surcroît de risque vient de la concentration du portefeuille sur quelques géants du secteur et de la sensibilité de leurs résultats au cycle du crédit.

La corrélation avec les marchés actions classiques atteint 0,85 à 0,90. Autrement dit, quand les bourses mondiales reculent, les sociétés de private equity cotées reculent au moins autant, voire davantage. La diversification promise par le label « private equity » est donc partielle : vous restez exposé au risque actions, avec un effet de levier supplémentaire lié au métier de ces entreprises.

ETF Private Equity et PEA : quelle enveloppe fiscale choisir

Beaucoup d’investisseurs se demandent s’ils peuvent loger un ETF Private Equity dans leur PEA pour bénéficier de l’exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans. La réponse courte est non, du moins pour les produits actuellement disponibles.

Les raisons de l’inéligibilité au plan d’épargne en actions

Le plan d’épargne en actions impose que les fonds éligibles investissent au moins 75 % de leurs actifs dans des titres de sociétés ayant leur siège dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen. Les indices S&P Listed PE et LPX Major Market sont à dominante nord-américaine, ce qui exclut de fait IPRV et XLPE.

Contrairement aux ETF S&P 500 éligibles PEA qui utilisent une réplication synthétique pour contourner cette contrainte, aucun émetteur n’a lancé d’ETF Private Equity synthétique éligible PEA à ce jour. Le marché est probablement trop étroit pour justifier un tel produit. Pour optimiser votre enveloppe, consultez notre sélection des meilleurs ETF éligibles au PEA.

Éligibilité PEA
  • ETF S&P 500 via swap - Éligibles PEA grâce à une réplication synthétique avec panier de substitution européen
  • ETF Private Equity (IPRV, XLPE) - Non éligibles PEA, aucune version synthétique disponible à ce jour

Fiscalité applicable sur compte-titres ordinaire

Sur un compte-titres ordinaire, les plus-values et dividendes sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Cette flat tax s’applique dès le premier euro de gain, sans abattement pour durée de détention.

Pour les contribuables dont le taux marginal d’imposition est inférieur à 12,8 %, l’option pour le barème progressif peut s’avérer plus favorable. À noter que pour IPRV en version distribuante, un prélèvement à la source peut s’appliquer sur les dividendes versés en USD, récupérable partiellement via crédit d’impôt.

Assurance-vie et PER : des alternatives pour loger du private equity

Certains contrats d’assurance-vie proposent des unités de compte exposées au private equity, notamment via des FCPR intégrés. Le cadre fiscal est avantageux après huit ans (abattement de 4 600 euros sur les gains pour un célibataire), mais les frais d’enveloppe s’ajoutent : frais de gestion du contrat (0,50 à 1 %), frais d’arbitrage et parfois frais d’entrée sur le support PE.

Le plan d’épargne retraite (PER) inclut désormais une obligation d’intégrer une part de titres non cotés dans certaines grilles de gestion pilotée. Si cette évolution démocratise l’accès au private equity, elle impose un blocage jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé. Les frais cumulés méritent un examen attentif avant de s’engager.

Pour plus d'informations, entrer en contact avec un membre de notre équipe.

ETF ou investissement direct dans le non coté

L’ETF Private Equity ne donne pas accès au non coté à proprement parler. Vous achetez des actions de sociétés qui font du capital-investissement, pas des parts dans leurs fonds. La distinction est importante pour calibrer vos attentes en matière de performance et de diversification.

FCPR et ELTIF : accéder au private equity traditionnel

Les FCPR (fonds communs de placement à risques) et les ELTIF (European Long-Term Investment Funds) permettent d’investir directement dans des entreprises non cotées. Voici leurs caractéristiques principales :

  • Ticket d’entrée : 1 000 à 10 000 euros selon les fonds
  • Durée de blocage : 8 à 10 ans en moyenne, avec possibilité de prolongation
  • Rendement cible : 8 à 12 % annualisé net de frais selon les gestionnaires
  • Frais : 2 à 3 % de management fees + 20 % de carried interest sur les plus-values

Par rapport à un tracker PE, ces véhicules offrent une véritable exposition au non coté, moins corrélée aux marchés boursiers. Le prix à payer : l’illiquidité et l’incertitude sur le rendement final, qui varie fortement d’un gestionnaire à l’autre selon l’AMF.

Le private equity digital : une troisième voie pour les particuliers

Entre l’ETF coté et le FCPR bloqué dix ans, le private equity digital propose une approche différente. Des plateformes spécialisées permettent de co-investir dans des actifs numériques rentables (sites web, applications, médias en ligne) avec des tickets accessibles et des flux de revenus vérifiables.

Chez Online Asset, ce modèle repose sur l’acquisition de sites internet déjà profitables, générateurs de revenus récurrents. L’exposition n’est ni corrélée aux marchés actions ni soumise aux cycles du capital-investissement traditionnel, ce qui en fait un complément cohérent dans une stratégie de diversification.

Diversifier son portefeuille : comment choisir selon ses objectifs

Le bon véhicule dépend de votre profil. Un investissement via ETF PE convient si vous recherchez la liquidité quotidienne et acceptez une forte corrélation aux marchés actions. Le FCPR ou l’ELTIF s’adresse à ceux qui visent un rendement potentiellement supérieur en échange d’un blocage long.

Pour ceux qui veulent diversifier leur portefeuille au-delà des actifs financiers classiques sans subir les contraintes du non coté traditionnel, cette approche constitue une troisième option. L’essentiel est de ne pas concentrer l’exposition PE sur un seul véhicule et d’adapter la part allouée à votre horizon et votre tolérance au risque.

Et vous ?
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Questions fréquentes sur les ETF Private Equity

Voici les réponses aux questions les plus posées par les investisseurs qui s’intéressent à ce segment de marché.

Quel pourcentage du portefeuille allouer à un ETF Private Equity ?

Pour un profil dynamique, une allocation de 5 à 10 % de la poche actions reste raisonnable. L’ETF PE est un module satellite, pas un cœur de portefeuille. Si vous êtes déjà exposé au non coté via un FCPR ou une assurance-vie, réduisez cette part pour éviter la surexposition sectorielle.

Le DCA est-il adapté à ce type d'ETF ?

Oui. Compte tenu de la comparaison défavorable en matière de volatilité par rapport à un fonds World (25-30 % contre 15-20 %), les versements programmés sur 12 à 24 mois permettent de lisser le point d’entrée. Investir en une seule fois sur un sommet de cycle peut coûter cher : le drawdown de 2022 a atteint -29 %.

Existe-t-il des ETF Private Equity en euros et capitalisant ?

Le Xtrackers XLPE (ISIN LU0322250712) est un ETF capitalisant et coté en euros sur Euronext, ce qui en fait le choix naturel pour un investisseur de la zone euro souhaitant éviter le risque de change. IPRV existe aussi en version capitalisante (IE000D8FCSD8) mais reste libellé en USD.

Quel horizon de placement viser pour lisser la volatilité ?

Un minimum de 7 à 10 ans est recommandé. Cet horizon de placement couvre au moins un cycle complet de private equity, avec ses phases d’expansion et de contraction du crédit. Sur cette durée, les performances historiques d’IPRV montrent une capacité à surperformer les indices larges.

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Auteur
Kévin Gouraud
Rédacteur Financer
Kévin Gouraud est rédacteur financier chez Online Asset, spécialisé en investissement, optimisation fiscale et gestion de patrimoine. Diplômé en économie (Toulouse Capitole) et en droit des affaires (Montréal), il publie des analyses sourcées et actionnables pour aider les épargnants à décider en confiance.
⚠️ Informations importantes

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Contenu rédigé par l'équipe éditoriale d'Online Asset.
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