Né au début du XIXᵉ siècle pour encourager l’épargne populaire, le Livret A a traversé guerres, crises inflationnistes, chocs pétroliers et bouleversements monétaires. Son historique des taux raconte autant l’histoire économique de la France que celle des ménages qui y déposent leur épargne, du livret papier ouvert en 1818 aux comptes dématérialisés actuels. Comprendre comment son taux et son plafond ont évolué permet de remettre en perspective sa performance, son rôle social et la place qu’il occupe encore aujourd’hui dans une stratégie patrimoniale équilibrée.
207 ans d'histoire : du taux record de 8,5% aux 1,7% actuels
Création
1818
Pic historique
8,5%
Plancher
0,5%
Taux actuel
1,7%
🔑 Points clés à retenir
📉 Contexte 2026 : Après un pic à 3% en 2023 pour contrer l'inflation, le taux descend à 2,4% en février puis 1,7% en août, reflétant le reflux des prix et la normalisation monétaire.
Repères clés de l’historique du taux du Livret A
Sur deux siècles, le taux du livret a n’a jamais suivi une trajectoire linéaire. Il alterne longues périodes de stabilité, chocs brutaux et réformes de méthode de calcul. Quelques repères suffisent déjà à comprendre pourquoi un même livret A a pu être, selon les époques, un placement vedette ou un simple coussin de sécurité.
Périodes hautes et basses emblématiques
Quand on remonte dans le temps, certaines dates s’imposent comme des jalons. Les années 1970 et le début des années 1980, marquées par une forte inflation, ont offert aux épargnants un taux de 8,5% au 16 octobre 1981, avant un lent reflux. À l’inverse, la décennie 2010 a vu la rémunération glisser vers des niveaux très bas, jusqu’à 0,75 % puis 0,50 %.
Quelques repères à garder en mémoire :
- Après-guerre : taux modéré, mais attractif dans un contexte de reconstruction.
- Années 1970–1980 : pic historique avec un taux de rémunération proche de l’inflation élevée.
- Années 2010–2020 : plancher à 0,75 %, puis 0,50 % à partir de février 2020.
Pour un épargnant, ces oscillations montrent que la performance du Livret A dépend autant de son niveau affiché que du contexte économique. Dans une période de forte baisse du taux, le livret devient surtout une poche de liquidités sécurisée, alors qu’en phase haute il peut réellement contribuer à protéger le pouvoir d’achat de l’épargne disponible.
Grandes phases de tendance depuis 1945
Depuis 1945, la trajectoire du Livret A se découpe en grandes séquences. Dans l’immédiat après-guerre, il s’agit d’abord de stabiliser la monnaie et d’encourager l’épargne réglementée. Les chocs pétroliers des années 1970 entraînent ensuite une envolée des taux nominaux, avant que la désinflation et la construction européenne ne ramènent la rémunération du livret sur des niveaux plus modérés.
On peut distinguer plusieurs grandes phases :
- 1945–1973 : taux encadrés, ajustés ponctuellement, dans un environnement d’inflation structurelle.
- 1974–1990 : années de normalisation après des pics élevés, avec des baisses graduelles.
- 2000 à aujourd’hui : intégration accrue aux marchés de la zone euro, taux bas et pilotage par une formule officielle.
Derrière ces mouvements techniques, l’objectif reste le même : maintenir un rendement attractif pour l’épargnant tout en garantissant le financement du logement social et d’autres missions d’intérêt général, sans déstabiliser le système financier.
- 1945-1973 : Stabilité avec ajustements ponctuels dans un contexte de reconstruction
- 1974-1990 : Pic à 8,5% entre octobre 1981 et juillet 1983, puis normalisation progressive
- 1991-2007 : Baisse continue vers 2-3%, intégration à la zone euro
- 2008-2019 : Crise financière, plancher à 0,75%
- 2020-2025 : Chute à 0,5%, puis remontée à 3%, puis reflux à 1,7%
Repères 2008 à 2026 en un clin d’œil
Depuis 2008, la trajectoire du Livret A est fortement structurée par la crise financière et les réformes de son mode de calcul. Après une remontée rapide à 4 % en août 2008, le taux est abaissé plusieurs fois pour accompagner les politiques monétaires accommodantes, jusqu’à 0,75 %, puis 0,50 % en février 2020. Il remonte ensuite à 1 %, puis 2 %, avant d’atteindre 3 % en février 2023. La période récente voit un gel à 3 %, puis une baisse à 2,40 % en février 2026 et 1,70 % en août 2026, en réponse au reflux de l’inflation.
Quel est l’historique complet de l’évolution du taux et des plafonds du Livret A ?
Pour lire correctement l’historique du taux du Livret A, il faut garder en tête que chaque changement de taux et chaque relèvement de plafond reflètent un contexte macroéconomique précis : inflation, politique de soutien au logement social, volonté d’orienter l’épargne des ménages. Le tableau ci-dessous reprend les principales dates d’entrée en vigueur, en francs puis en euros, afin de te donner une vision chronologique fiable et exploitable sur plus de deux siècles.
📊 Historique complet du Livret A
Évolution des taux et plafonds depuis 1818 — Mis à jour 2026
| Date d'application | Taux | Plafond | Contexte historique |
|---|---|---|---|
| 22 mai 1818 | 5,00 % | Non spécifié | CréationCréation du Livret de Caisse d'Épargne par Benjamin Delessert, épargne populaire sécurisée après les guerres napoléoniennes. |
| 1er janvier 1851 | 4,75 % | Non spécifié | Ajustement du taux dans un contexte de normalisation financière au milieu du XIXᵉ siècle. |
| 1er janvier 1881 | 3,50 % | Non spécifié | Baisse du rendement dans une période de stabilité monétaire relative et de consolidation de l'épargne réglementée. |
| 1er janvier 1905 | 3,00 % | Non spécifié | Nouveau recul du taux, reflet d'une inflation modérée avant la Première Guerre mondiale. |
| 1er janvier 1916 | 3,50 % | Non spécifié | GuerreRelèvement pour tenir compte des tensions liées à la guerre et préserver l'attractivité de l'épargne de précaution. |
| 1er janvier 1946 | 1,50 % | Non spécifié | Après la Seconde Guerre mondiale, taux ramené à un niveau faible dans un contexte de reconstruction. |
| 1er janvier 1960 | 3,25 % | Non spécifié | Révision du taux avec l'introduction du "nouveau franc", cadre monétaire modernisé. |
| 1er janvier 1966 | 3,00 % | 15 000 F | Fixation explicite d'un plafond en francs, produit ancré dans les habitudes d'épargne. |
| 1er janvier 1968 | 3,50 % | 15 000 F | Hausse du taux dans un contexte de tensions économiques et sociales précédant les événements de 1968. |
| 1er juin 1969 | 4,00 % | 20 000 F | Relèvement du taux et du plafond pour maintenir le pouvoir d'achat face à une inflation plus vive. |
| 1er janvier 1970 | 4,25 % | 20 000 F | Augmentation progressive des rendements à l'aube des années 1970. |
| 1er juillet 1973 | 4,25 % | 22 500 F | Revalorisation du plafond avant la première crise pétrolière. |
| 1er janvier 1974 | 6,00 % | 25 000 F | Choc pétrolierSaut du taux après le premier choc pétrolier pour compenser l'inflation en accélération. |
| 1er janvier 1975 | 7,50 % | 25 000 F | Rémunération très élevée, reflet d'un environnement d'inflation forte et durable. |
| 1er janvier 1976 | 6,50 % | 32 500 F | Baisse du taux mais relèvement sensible du plafond pour absorber la hausse des prix. |
| 15 novembre 1977 | 6,50 % | 38 000 F | Nouvelle augmentation de la capacité de dépôt, épargne abondante et inflation élevée. |
| 1er septembre 1978 | 6,50 % | 41 000 F | Ajustement du plafond pour suivre l'augmentation des revenus nominaux. |
| 27 novembre 1980 | 6,50 % | 45 000 F | Revalorisation progressive du plafond à l'approche du pic d'inflation. |
| 1er novembre 1980 | 6,50 % | 49 000 F | Plafond relevé, taux stable à un niveau élevé. |
| 16 octobre 1981 | 8,50 % | 49 000 F | RecordTaux record à 8,5 % pour protéger l'épargne dans un environnement d'inflation très forte. |
| 1er août 1983 | 7,50 % | 58 000 F | Première décrue du taux après le pic, augmentation du plafond. |
| 16 août 1984 | 6,50 % | 68 000 F | Poursuite de la baisse des taux nominaux, plafonds revalorisés. |
| 1er juillet 1985 | 6,00 % | 68 000 F | Stabilisation du plafond et érosion progressive du rendement nominal. |
| 16 mai 1986 | 4,50 % | 68 000 F | Baisse significative du taux dans un contexte de désinflation engagée. |
| 31 mai 1986 | 4,50 % | 72 000 F | Légère hausse du plafond, sans modification de la rémunération. |
| 30 juin 1987 | 4,50 % | 80 000 F | Plafond à 80 000 F, élargissement de la capacité d'épargne. |
| 1er mai 1990 | 4,50 % | 90 000 F | Nouvelle revalorisation du plafond à la veille des années 1990. |
| 30 octobre 1991 | 4,50 % | 100 000 F | Dernier plafond en francs avant la phase de préparation à l'euro. |
| 1er mars 1996 | 3,50 % | 100 000 F | Réduction du taux dans un environnement de taux directeurs plus bas. |
| 16 juin 1998 | 3,00 % | 100 000 F | Pré-euroNouvelle baisse en amont du passage à l'euro et de l'unification monétaire. |
| 1er août 1999 | 2,25 % | 100 000 F | Transition vers des taux durablement plus modérés, baisse de l'inflation. |
| 1er juillet 2000 | 3,00 % | 100 000 F | Relèvement ponctuel avant l'introduction physique de l'euro. |
| 1er août 2003 | 2,25 % | 15 300 € | EuroConversion du plafond en euros et baisse du taux, taux monétaires bas. |
| 1er août 2005 | 2,00 % | 15 300 € | Ajustement à la baisse, faible inflation du milieu des années 2000. |
| 1er février 2006 | 2,25 % | 15 300 € | Rebond temporaire en lien avec la remontée des taux directeurs. |
| 1er août 2006 | 2,75 % | 15 300 € | Nouvelle hausse avant la crise financière mondiale de 2008. |
| 1er août 2007 | 3,00 % | 15 300 € | Point haut juste avant les premières turbulences liées aux subprimes. |
| 1er février 2008 | 3,50 % | 15 300 € | Relèvement alors que la crise financière commence à se diffuser. |
| 1er août 2008 | 4,00 % | 15 300 € | Crise 2008Dernier pic de rémunération avant une longue phase de baisse. |
| 1er février 2009 | 2,50 % | 15 300 € | Forte réduction pour accompagner la baisse des taux directeurs post-crise. |
| 1er mai 2009 | 1,75 % | 15 300 € | Poursuite de la décrue, politiques monétaires très accommodantes. |
| 1er août 2009 | 1,25 % | 15 300 € | Entrée dans une phase de rendements faibles mais stables. |
| 1er août 2010 | 1,75 % | 15 300 € | Petite remontée liée à un regain d'inflation modérée. |
| 1er février 2011 | 2,00 % | 15 300 € | Hausse dans la foulée de la reprise post-crise financière. |
| 1er août 2011 | 2,25 % | 15 300 € | Dernier ajustement à la hausse avant tendance durable à la baisse. |
| 1er octobre 2012 | 2,25 % | 19 125 € | Première revalorisation du plafond en euros, soutien au logement social. |
| 1er février 2013 | 1,75 % | 22 950 € | Plafond porté à 22 950 €, niveau toujours en vigueur aujourd'hui. |
| 1er août 2013 | 1,25 % | 22 950 € | Baisse du taux, taux directeurs très bas en zone euro. |
| 1er août 2014 | 1,00 % | 22 950 € | Poursuite de la diminution du rendement nominal. |
| 1er août 2015 | 0,75 % | 22 950 € | Entrée dans une phase de taux historiquement bas. |
| 1er février 2016 | 0,75 % | 22 950 € | Taux gelé malgré environnement monétaire très accommodant. |
| 1er août 2016 | 0,75 % | 22 950 € | Maintien du gel alors que l'inflation reste faible. |
| 1er février 2017 | 0,75 % | 22 950 € | Prolongation de la période de taux plancher. |
| 1er août 2017 | 0,75 % | 22 950 € | Dernière date de gel avant le passage à 0,50 %. |
| 1er février 2020 | 0,50 % | 22 950 € | PlancherTaux plancher historique, taux directeurs quasi nuls en zone euro. |
| 1er février 2022 | 1,00 % | 22 950 € | Première remontée marquée en réponse au retour de l'inflation. |
| 1er août 2022 | 2,00 % | 22 950 € | InflationHausse rapide avec la flambée des prix à la consommation. |
| 1er février 2023 | 3,00 % | 22 950 € | Taux porté à 3 % et gelé par décision gouvernementale pour 18 mois. |
| 1er février 2024 | 3,00 % | 22 950 € | Prolongation du gel à 3 %, malgré début de reflux de l'inflation. |
| 1er février 2026 | 2,40 % | 22 950 € | Baisse sur recommandation du gouverneur de la Banque de France, reflétant la baisse de l'inflation. |
| 1er août 2026 | 1,70 % | 22 950 € | Nouvelle réduction dans un contexte de normalisation monétaire et d'inflation retombée. |
💡 Avis Online Asset : Le Livret A reste le placement de précaution par excellence pour les Français, avec une garantie d'État et une liquidité totale. Depuis sa création en 1818, il a traversé toutes les crises économiques. Le plafond actuel de 22 950 € permet de constituer une épargne de sécurité significative, mais pour faire fructifier un capital au-delà, des solutions plus dynamiques méritent d'être envisagées.
Au fil de cet historique, tu vois clairement deux grandes dynamiques : un plafond qui a été régulièrement revalorisé avant de se stabiliser à 22 950 € depuis 2013, et un taux qui oscille entre des pics supérieurs à 7 % dans les années 1970 1980 et des planchers proches de zéro depuis la décennie 2010. Cet aller-retour entre périodes de forte inflation et phases de taux bas permet de replacer le rendement du Livret A dans une perspective longue, indispensable pour juger de son intérêt réel à un instant donné. Pour avoir une vision pratique de ce que cela représente aujourd’hui et des règles associées, vous pouvez vous référer au plafond du livret A, qui détaille le montant maximum autorisé et les cas particuliers à connaître.
Quelles sont les évolutions récentes : 2023 à 2026 ?
Les dernières années ont été marquées par des mouvements rapides du taux du livret, liés à une inflation exceptionnelle puis à son reflux progressif. Après une longue période à 0,50 %, le relèvement graduel du taux a redonné de l’oxygène aux épargnants, avant que les autorités décident de le geler, puis de l’abaisser à nouveau à mesure que les tensions sur les prix se détendaient.
Du gel à 3 % au passage à 2,4 %, puis 1,7 %
En février 2023, le taux du Livret A est porté à un taux de 3%, niveau inédit depuis plus d’une décennie, afin de tenir compte du choc inflationniste. Cette rémunération est ensuite gelée malgré l’application théorique de la formule, pour limiter le coût de l’épargne réglementée pour les finances publiques et les acteurs du logement social. En février 2026, le taux est abaissé à 2,40 %, puis à 1,70 % au 1er août 2026, en cohérence avec la décrue de l’inflation et des taux monétaires de court terme.
Contexte macro et rôle de l’inflation
Ces ajustements récents ne peuvent se comprendre sans regarder l’inflation et les prix à la consommation. La flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation a d’abord conduit à une forte hausse du taux pour préserver un minimum de rendement, dans un contexte de resserrement rapide des taux directeurs de la Banque centrale européenne. À mesure que l’inflation reflue dans la zone euro, les pouvoirs publics cherchent à normaliser la rémunération du Livret A, tout en évitant des à-coups trop brutaux pour les épargnants et le financement du logement social.
Lecture rapide des impacts pour l’épargnant
Pour un titulaire de Livret A, ces mouvements ont un impact direct sur le rendement réel, c’est-à-dire après prise en compte de l’inflation. Lorsque le taux était à 3 % avec une inflation supérieure, le livret protégeait partiellement le pouvoir d’achat sans le compenser totalement. Avec un taux à 2,40 %, puis 1,70 %, dans un contexte de ralentissement de l’inflation, le Livret A redevient surtout un outil de sécurité et de liquidité, qu’il faut compléter par d’autres supports d’investissement pour valoriser son épargne à long terme. Et si vous avez déjà atteint le plafond, il est essentiel de se demander que faire si votre Livret A est plein, afin de rediriger l’excédent vers des supports plus adaptés à vos objectifs de rendement.
Le taux du Livret A n’est pas décidé politiquement au dernier moment. Depuis la réforme de 2008 puis l’ajustement de 2018-2020, il est fixé à partir d’une formule encadrée par le code monétaire et financier et publiée par la Banque de France. L’idée est de relier la rémunération du livret à l’inflation en France et aux taux monétaires de la zone euro, tout en conservant un cadre stable pour l’épargne réglementée.
La formule actuelle repose sur trois briques principales :
- L’inflation en France, mesurée par l’indice des prix à la consommation hors tabac sur les douze derniers mois.
- Les taux du marché monétaire à court terme, historiquement l’euribor 3 mois et l’Eonia, puis aujourd’hui l’€STR, qui reflètent le coût de l’argent au jour le jour dans la zone euro.
- Une moyenne semestrielle entre l’inflation observée et ces taux interbancaires, afin de lisser les à-coups conjoncturels et d’éviter des variations trop fréquentes.
- Un arrondi au dixième de point le plus proche (0,1 point de pourcentage) avec un plancher de 0,50 %, ce qui garantit un minimum de rémunération même si la formule donnerait un taux plus bas.
Concrètement, la Banque de France calcule deux fois par an un taux calculé issu de cette formule, puis le gouverneur remet une recommandation au ministre de l’Économie. Dans la plupart des cas, il y a une stricte application de la formule. Mais l’exécutif peut décider de déroger légèrement (par exemple en gelant un taux) pour préserver l’équilibre entre l’intérêt de l’épargnant, le coût de l’épargne réglementée pour les banques et le financement du logement social ou du livret de développement durable et solidaire.
Quel est le rendement réel d’un livret A ? Attention à l’inflation !
Ce qui importe vraiment pour un épargnant, ce n’est pas seulement le taux affiché, mais le rendement réel de son Livret A, c’est-à-dire le gain obtenu une fois l’inflation déduite. Un taux à 3 % dans un monde où les prix progressent de 1 % n’a pas le même impact qu’un taux identique avec une inflation à 5 %.
Quand le pouvoir d’achat progresse
On parle de rendement réel positif lorsque le taux nominal du Livret A est supérieur à l’inflation. Dans ce cas, les intérêts du livret ne se contentent pas de compenser la hausse des prix, ils augmentent réellement le pouvoir d’achat de l’épargne placée. Historiquement, c’est ce qui s’est produit lors de certaines périodes de désinflation, par exemple lorsque le livret servait 3 % alors que l’inflation se rapprochait de 1 à 1,5 %. L’épargnant voyait alors son capital sécurisé, liquide et défiscalisé progresser en termes réels, ce qui faisait du Livret A un socle solide d’épargne de précaution dans une stratégie patrimoniale plus large. Dans ces phases favorables, il peut aussi être pertinent de comparer ce socle à un guide sur le super livret, pour voir dans quels cas un livret fiscalisé mais mieux rémunéré peut compléter intelligemment votre épargne réglementée.
Quand le rendement réel devient négatif
À l’inverse, quand l’inflation dépasse le taux nominal, le taux d’intérêt du Livret A ne suffit plus à préserver le pouvoir d’achat. C’est exactement ce qui s’est produit pendant le pic inflationniste récent, où un taux autour de 3 % restait inférieur à la hausse des prix sur un an. L’épargne reste en sécurité, le capital est disponible et garanti, mais chaque année le contenu économique réel du solde s’érode. Dans ces phases, le Livret A garde son rôle de poche de liquidités, mais il doit être complété par des placements mieux rémunérés si l’objectif est de préserver ou d’augmenter son patrimoine sur le moyen et le long terme. Parmi les options à étudier, un meilleur compte a terme peut offrir un taux plus élevé en échange d’une immobilisation temporaire de vos fonds, à condition d’accepter cette moindre flexibilité.
- Court terme : LDDS, LEP (si éligible), comptes à terme
- Moyen terme : Assurance-vie fonds euros, PEL
- Long terme : ETF, actions, SCPI pour compenser l'érosion monétaire
Quels sont les faits marquants qui ont impacté le taux du Livret A ?
Quand on regarde deux siècles d’faits marquants autour du Livret A, on voit vite que son taux n’a rien d’un simple chiffre administratif. Chaque changement important raconte une période économique précise : reconstruction, inflation galopante, crise financière mondiale, retour de l’inflation, puis normalisation. Comprendre ces dates charnières permet d’éviter les jugements trop rapides sur un taux pris isolément, sans contexte.
Réformes de référence et effets sur la rémunération
À partir des années 2000, plusieurs réformes structurent la façon dont le Livret A est piloté. La plus importante est l’introduction d’une nouvelle formule de calcul en 2008, en plein cœur de la crise financière, pour ancrer le taux sur l’inflation et les taux monétaires. Puis d’autres ajustements viennent préciser ce cadre pour l’ensemble de l’épargne réglementée.
Parmi les grandes réformes à retenir :
- 2008 : formalisation d’une formule indexée sur l’inflation et les taux courts de la zone euro, avec arrondi au dixième de point.
- 2013 : relèvement définitif du plafond à 22 950 €, afin de renforcer le financement du logement social via la Caisse des dépôts.
- 2018–2020 : modernisation du lien avec les taux monétaires, intégration des nouveaux indices de marché et ajustement des modalités de révision.
- 2021 : adaptation du cadre commun de calcul pour le Livret A, le livret de développement durable et solidaire et le Livret d’épargne populaire.
Ces réformes ont un impact direct sur la trajectoire du taux affiché, mais aussi sur la stabilité du produit. Le pilotage est aujourd’hui plus lisible, avec un rôle central pour la banque de france, tout en ménageant une marge de manœuvre politique lorsque la situation économique l’exige vraiment.
- 2008 : Mise en place de la formule indexée inflation + taux monétaires
- 2013 : Plafond porté définitivement à 22 950 €
- 2021 : Intégration de l'€STR en remplacement progressif de l'Eonia (discontinuation complète janvier 2022)
- 2023 : Gel exceptionnel à 3% pendant 18 mois
Périodes d’exception et gels de taux
Certaines périodes se distinguent par des décisions exceptionnelles, où les pouvoirs publics s’écartent volontairement de la formule théorique. L’une des plus commentées est le gel du Livret A à 0,75 % pendant plusieurs années, alors que les paramètres auraient justifié un taux encore plus bas. Plus récemment, le passage par un niveau élevé, puis le gel à 3 %, ont illustré la capacité du gouverneur de la banque de France et du gouvernement à lisser les à-coups liés au choc inflationniste.
Dans tous ces cas, l’objectif est double : protéger les épargnants d’un ajustement trop brutal, et préserver la soutenabilité du financement du logement social et de l’économie réelle. Le gel décidé jusqu’en juillet 2026 a ainsi permis d’offrir un repère stable aux ménages, tout en laissant le temps au reflux de l’inflation de se matérialiser dans les chiffres. Il ne s’agit en aucun cas d’un blocage des comptes en cas de crise, mais d’un ajustement de la rémunération ; comprendre la différence entre gel de taux et restrictions sur les avoirs bancaires évite de céder à des peurs infondées.
Ce qu’il faut retenir pour situer un taux dans son contexte
Pour juger de l’intérêt d’un Livret A à un moment donné, il est indispensable de replacer le taux net affiché dans ce cadre historique. Un même niveau de rémunération n’a pas la même signification selon que l’inflation est à 1 %, 3 % ou 6 %, que les taux directeurs de la BCE sont très bas ou en phase de resserrement, ou encore que l’État cherche à soutenir massivement le logement social.
En pratique, trois questions simples aident à lire un taux :
- Comment se situe le taux du Livret A par rapport à l’inflation constatée sur l’année écoulée ?
- Quel est l’écart avec les autres produits d’épargne réglementée (LDDS, LEP, voire certains produits d’épargne logement) disponibles au même moment ?
- Le gouvernement applique-t-il strictement la formule de calcul, ou bien a-t-il décidé de la “corriger” pour geler ou contenir une hausse ou une baisse ? Pour compléter cette lecture, il est aussi utile de comparer ces niveaux de taux avec quel rendement pour une assurance vie, afin de positionner le Livret A par rapport aux principaux supports d’épargne de long terme.
En 2026, par exemple, un taux de 1,7% se lit très différemment dans un environnement où l’inflation recule et où les taux monétaires se normalisent, par rapport à un environnement de prix en forte accélération. Cette mise en perspective évite de juger le Livret A uniquement à l’aune de son passé glorieux ou de sa seule dernière variation.
Non, la réglementation impose un plancher à 0,50% même si la formule de calcul donnerait un résultat inférieur. Ce minimum garantit une rémunération symbolique et préserve l'attractivité du produit pour financer le logement social.
FAQ sur l’historique du taux du Livret A
Les questions qui reviennent le plus souvent portent sur les niveaux de taux année par année, les règles de décision et les sources fiables. Cette foire aux questions rassemble l’essentiel pour replacer l’évolution du livret a dans un cadre clair, sans jargon inutile, avec des repères précis sur les dernières années et les épisodes marquants.
Taux du livret A en 2020
En 2020, le taux du Livret A a été abaissé à taux de 0,5% à compter du 1er février, après plusieurs années à 0,75 %. Ce niveau correspond au plancher réglementaire fixé par l’État pour l’épargne réglementée, même lorsque la formule théorique de calcul donnerait un taux plus faible. Pour la quasi-totalité de l’année 2020, les épargnants ont donc perçu 0,5 % net d’impôt et de prélèvements sociaux sur leur Livret A.
Taux du livret A en 2021
En 2021, le taux du Livret A est resté inchangé à 0,5 % sur toute l’année suivante, sans aucune revalorisation intermédiaire. Ce maintien à un niveau plancher reflétait un environnement de taux directeurs très bas en zone euro et une inflation globalement encore modérée. Pour l’épargnant, cela signifiait un rendement essentiellement symbolique, mais une épargne toujours disponible, garantie par l’État et totalement défiscalisée.
Taux du livret A en 2022
En 2022, le Livret A a connu deux hausses successives. Le taux est d’abord passé de 0,5 % à 1,0 % au 1er février, puis à 2,0 % au 1er août, en réponse à la remontée rapide de l’inflation. Ce double relèvement a significativement amélioré la rémunération de l’épargne de précaution, même si l’historique des taux montre que ce niveau restait inférieur à certains épisodes passés de forte inflation. Pour mesurer l’effet réel de ces niveaux sur une épargne concrète, vous pouvez estimer quel rendement pour un placement de 10 000 euros en comparant différentes durées et supports.
Taux du livret A en 2023
En 2023, le taux du Livret A a été porté à 3,0 % au 1er février et ce niveau a ensuite été maintenu tout au long de l’année. Le gouvernement a choisi de geler la rémunération du livret à ce niveau, alors que la formule aurait pu conduire à une variation ultérieure, afin de donner de la visibilité aux épargnants et de ne pas déstabiliser le financement du logement social et du livret de développement durable et solidaire.
Taux du livret A en 2024
En 2024, le taux est resté fixé à 3,0 % du 1er janvier au 31 décembre, prolongeant le gel décidé l’année précédente. Cette stabilité a permis aux ménages de continuer à bénéficier d’un rendement nominal élevé pour un produit sans risque. Dans le même temps, le caractère réglementé de cette épargne réglementée a facilité la planification financière de l’État et des acteurs qui utilisent centralement ces ressources, comme la Caisse des dépôts. Si vous vous interrogez plus largement sur quel compte bancaire non imposable peut compléter votre Livret A, ce panorama des solutions défiscalisées vous aidera à comparer leurs règles et leurs limites.
Quel est le taux du Livret A aujourd’hui et quelle est la prochaine date de révision ?
À l’heure actuelle, le Livret A est rémunéré à 2,40 % depuis le 1er février 2026, puis à 1,70 % à partir du 1er août 2026, conformément à la décision publiée en février 2026. La règle générale prévoit deux dates potentielles de révision par an, autour du 1er février et du 1er août. Sauf décision exceptionnelle, la prochaine révision interviendra donc à la prochaine de ces échéances, sur la base de la formule de calcul encadrée par la réglementation. Si vous voulez traduire concrètement ces pourcentages en euros chaque mois, notre guide montre combien rapportent mensuellement 100 000 euros placés selon le support et le niveau de risque retenu.
Qui décide du taux du Livret A et selon quelle règle de calcul ?
Le taux du Livret A est déterminé par le ministre de l’Économie, sur proposition du gouverneur de la Banque de France. Ce dernier applique un calcul du taux fondé sur une formule qui combine l’inflation hors tabac et les taux monétaires de court terme, avec un arrondi au dixième de point. Le gouvernement peut exceptionnellement s’écarter du résultat de la formule, mais doit alors motiver sa décision au regard de l’intérêt économique et social.
Quel a été le plus haut et le plus bas taux jamais observés ?
Historiquement, le plus haut niveau de rémunération du Livret A a été atteint au début des années 1980, avec un taux nominal de l’ordre de 8,5 % à l’apogée de l’inflation. À l’inverse, le plancher récent a été atteint lorsque le livret a servi taux de 0,5% entre 2020 et début 2022. Entre ces deux extrêmes, l’historique des taux montre une lente descente depuis les années 1990, suivie d’une remontée forte pendant le dernier épisode inflationniste. Pour les patrimoines très élevés, ces écarts de taux se traduisent par des montants considérables, et il est utile de savoir combien rapporte 10 millions d’euros placé par mois selon le type de placement choisi.
Où consulter un historique officiel et toujours à jour des taux et plafonds ?
Pour disposer d’un historique complet et fiable, l’idéal est de consulter les sources officielles françaises. Le site service public publie les taux réglementés en vigueur et leurs dates de modification, tandis que la Banque de France met à disposition les paramètres de calcul et certains historiques. Pour le plafond, les informations les plus pertinentes se trouvent dans les textes réglementaires et les fiches d’information officielles relayées par la Caisse des dépôts et les principales banques de détail.
- FGDR – Garantie des dépôts des clients des banques et établissements financiers
- Ministère de l’Économie – Qu’est-ce que la garantie bancaire des dépôts ?
- Banque de France – Faire face à des difficultés financières ou à des dettes
- Banque de France – Les livrets d’épargne bancaire
- Service-Public – Déposer un dossier de surendettement auprès de la commission de surendettement
- Service-Public – Refus d’ouverture de compte bancaire : droit au compte
- Ministère de l’Économie – Les points conseil budget (PCB)
- Banque de France – Fichiers d’incidents bancaires (FCC, FICP, FNCI)