Mis à jour le 6 mai 2026
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21 min de lecture

Banque à Monaco : la liste officielle 2026 et les conditions d’ouverture d’un compte

Liste officielle des 24 banques agréées à Monaco fin 2025, cadre réglementaire ACPR / CCAF, conditions d'ouverture et fiscalité française à connaître.
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Au 31 décembre 2025, la Principauté compte 24 établissements de crédit agréés et plus de 100 milliards d’euros d’encours géré et conseillé fin 2024 selon la CCAF. Une place régulée à double agrément ACPR / CCAF, qu’il faut distinguer du statut de juridiction fiscale non coopérative au sens des listes officielles. Y ouvrir un compte reste possible mais sélectif. Ce guide pose la liste officielle, le cadre légal, les conditions d’ouverture et les obligations fiscales à connaître avant d’engager une démarche.

Synthèse — Place financière de Monaco
Édition 2026
Place conventionnée avec la France, sous surveillance renforcée du GAFI, sélective à l'entrée en relation
24 banques agréées, 100 milliards d'encours, double agrément ACPR / CCAF, fiscalité française inchangée pour les résidents

La Principauté combine un agrément ACPR pour l'activité bancaire et un agrément CCAF pour les activités financières. Pour un résident fiscal français, la déclaration annuelle 3916 reste obligatoire, sans condition de seuil. Synthèse des éléments structurants à connaître avant toute démarche.

24
Établissements de crédit agréés
CCAF — Liste au 31 décembre 2025
100,1 Md€
Encours géré et conseillé fin 2024
CCAF — Rapport annuel 2024
1 500 €
Sanction par compte non déclaré au fisc français
Article 1649 A du CGI — formulaire 3916
  1. Agrément

    Toute banque privée locale combine en pratique deux agréments : ACPR pour l'activité bancaire au titre de l'accord franco-monégasque (décret n° 2010-1599), CCAF pour les activités financières au sens de la loi n° 1.338 du 7 septembre 2007.

  2. Conformité

    Inscription sur la liste grise du GAFI depuis juin 2024, maintenue lors de la plénière de février 2026. Pression de conformité accrue sur les dossiers d'entrée en relation, sans remise en cause des agréments en place.

  3. Ticket d'entrée

    Aucun dépôt minimum pour le retail en succursale française. Pour le wealth management, dépôts initiaux de plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions d'euros selon l'enseigne et le profil (AMAF, octobre 2025).

  4. Fiscalité française

    Pour tout résident fiscal français titulaire, cotitulaire ou bénéficiaire économique, déclaration 3916 obligatoire chaque année, sans condition de seuil. Les revenus du compte restent imposables en France selon les règles de droit commun.

Online Asset — Analyse

Sources : CCAF (liste agrément 31/12/2025, rapport annuel 2024), ACPR (Conventions franco-monégasques, décret n° 2010-1599 du 20/12/2010), Légifrance (article 1649 A du CGI), GAFI / FATF (Plénière 13 février 2026), AMSF (loi n° 1.362 modifiée par ordonnance souveraine n° 11.242), AMAF (octobre 2025).

La place financière de Monaco en 2026

À la date de publication, la Principauté doit être distinguée des juridictions fiscales non coopératives : le sujet relève ici d’une place conventionnée avec la France et d’un classement GAFI en surveillance renforcée pour la LCB-FT-C, pas d’un statut fiscal unique. Pour éviter toute ambiguïté, il faut recouper la liste européenne des juridictions non coopératives, la liste française ETNC en vigueur et la documentation GAFI. La nuance est déterminante pour comprendre le cadre dans lequel s’inscrit toute ouverture de compte.

Trois listes à ne pas confondre
Pour qualifier la Principauté avec rigueur, trois référentiels coexistent et ne se recouvrent pas :
  • Liste UE des juridictions non coopératives à des fins fiscales (annexe I, conclusions du Conseil de l'Union européenne) : Monaco n'y figure pas.
  • Liste française ETNC au sens de l'article 238-0 A du CGI : Monaco n'y figure pas non plus.
  • Liste grise du GAFI (juridictions sous surveillance renforcée LCB-FT-C) : Monaco y est inscrit depuis juin 2024 et y est maintenu après la plénière de février 2026.
L'inscription sur la liste grise du GAFI ne vaut pas classement fiscal et ne remet pas en cause l'agrément des acteurs bancaires de la place. Vérifier l'état des listes via la documentation officielle du GAFI.

Quelques chiffres et faits structurants posent le décor en 2026 :

  • Encours géré et / ou conseillé d’environ 100 milliards d’euros fin 2024, selon les chiffres publiés par la CCAF sur sa page « La place financière en chiffres ». Le rapport annuel CCAF 2024 mentionne précisément 100,1 Md€.
  • 24 établissements de crédit agréés au 31 décembre 2025, selon la liste officielle CCAF, qui combine succursales françaises (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Lyonnais, La Banque Postale) et SAM locales majoritairement positionnées sur l’ingénierie patrimoniale et le wealth management.
  • L’ACPR agrée et contrôle les établissements de crédit, de paiement et de monnaie électronique implantés dans la Principauté, en application du décret n° 2010-1599. La Banque de France intervient pour les contrôles sur place.
  • Inscription sur la liste grise du GAFI en juin 2024 : la Principauté est placée sous surveillance renforcée en matière LCB-FT-C. Ce classement ne remet pas en cause l’agrément des acteurs bancaires, mais il renforce la pression de conformité sur les dossiers d’entrée en relation. Aucun chiffre officiel ne permet d’affirmer un impact nul sur les ouvertures de comptes.

Pour la replacer dans son panorama international, notre classement des pays à fiscalité avantageuse la présente comme l’une des juridictions résidence les plus attractives d’Europe. Pour la qualification précise au regard des paradis fiscaux, le réflexe à privilégier reste la consultation des listes officielles à jour : liste européenne des juridictions non coopératives, liste française ETNC, documentation GAFI.

Le cadre réglementaire : un double agrément ACPR / CCAF

Le système bancaire et financier local repose sur une distinction qu’il faut intégrer dès le départ : l’activité bancaire et les activités financières ne relèvent pas de la même autorité.

L’activité bancaire au sens strict (réception de dépôts, octroi de crédits, services de paiement, monnaie électronique) relève du droit français de portée générale appliqué via l’accord franco-monégasque publié par le décret n° 2010-1599 du 20 décembre 2010. L’ACPR délivre les agréments, exerce la supervision prudentielle et peut sanctionner les acteurs concernés. Les contrôles sur place sont conduits par les agents de la Banque de France.

Les activités financières au sens de la loi n° 1.338 du 7 septembre 2007 (gestion de portefeuille, gestion de fonds, conseil en investissement, réception-transmission d’ordres) relèvent en revanche de la CCAF, autorité administrative indépendante. Une banque privée locale combine donc en pratique deux agréments : ACPR pour les opérations bancaires, CCAF pour la gestion. Une nuance que les articles généralistes confondent souvent.

S’ajoute le dispositif LCB / FT-C, encadré par la loi n° 1.362 du 3 août 2009, modifiée par l’ordonnance souveraine n° 11.242 du 30 mai 2025, sous l’autorité de l’AMSF (Autorité Monégasque de Sécurité Financière). Les obligations de vigilance, l’identification du bénéficiaire effectif et le dispositif de soupçon sont ceux d’une place européenne standard. Enfin, la décision (UE) 2025/923 de la Commission du 20 mai 2025 met à jour l’annexe A de l’accord monétaire UE-Monaco. L’ACPR indique que l’ensemble des dispositions DORA s’appliquent désormais aux acteurs financiers concernés.

La liste des banques agréées à Monaco au 31 décembre 2025

La CCAF publie la liste officielle des sociétés et établissements agréés. La dernière mise à jour, datée du 2 janvier 2026, donne la situation au 31 décembre 2025. Les 24 acteurs recensés se répartissent sur trois logiques d’activité distinctes : forme juridique apparente, groupe d’origine et positionnement client principal sont indiqués pour chacun, dénomination recoupée avec le registre REGAFI de l’ACPR.

Banques de réseau et banques universelles

Panorama bancaire
Banques implantées à Monaco : forme juridique et positionnement

Établissements présents en Principauté, leur forme d'implantation, leur groupe d'appartenance et leur positionnement commercial

Établissement Forme Groupe / Origine Positionnement
BNP Paribas Succursale Groupe BNP Paribas, France Banque universelle, retail / pro
Société Générale Succursale Groupe Société Générale, France Banque universelle, retail / pro
Crédit Lyonnais Succursale Groupe Crédit Agricole, France Banque universelle
La Banque Postale Succursale Groupe La Poste, France Banque universelle de proximité
Caisse d'Épargne et de Prévoyance de la Côte d'Azur Succursale Groupe BPCE, France Banque régionale
Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel Provence Côte d'Azur Succursale Groupe Crédit Agricole, France Banque régionale
Banque Populaire Méditerranée Succursale Groupe BPCE, France Banque régionale
SA Lyonnaise de Banque - LB Succursale Groupe Société Générale, France Retail / pro
Barclays Bank PLC Succursale Groupe Barclays, Royaume-Uni Banque universelle internationale
Banca Popolare di Sondrio (Suisse) Succursale Banca Popolare di Sondrio, Italie / Suisse Banque commerciale italo-suisse

Banques privées internationales

Panorama bancaire
Banques privées internationales à Monaco

Établissements de gestion de fortune et de wealth management implantés en Principauté, par forme juridique, groupe d'origine et positionnement

Établissement Forme Groupe / Origine Positionnement
Bank Julius Baer (Monaco) SAM SAM Julius Baer, Suisse Private banking
Bank Pictet & Cie (Europe) AG Succursale Groupe Pictet, Suisse Gestion de fortune indépendante
Banque J. Safra Sarasin (Monaco) SA SAM J. Safra Sarasin, Suisse Banque privée
Edmond de Rothschild (Monaco) SAM Edmond de Rothschild, Suisse / France Gestion de patrimoine
EFG Bank (Monaco) SAM SAM EFG International, Suisse Banque privée internationale
UBS (Monaco) SA SAM UBS, Suisse Wealth management
Union Bancaire Privée Succursale UBP, Suisse Gestion de fortune indépendante
Andbank Monaco SAM SAM Andbank, Andorre Banque privée internationale
Société Générale Private Banking (Monaco) SAM Groupe Société Générale, France Branche private banking SG

Banques privées et acteurs historiques monégasques

Panorama bancaire
Banques privées monégasques : acteurs historiques de la Principauté

Établissements de gestion privée de droit monégasque ou solidement ancrés en Principauté, par forme juridique, groupe d'origine et positionnement

Établissement Forme Groupe / Origine Positionnement
CFM Indosuez Wealth SAM Indosuez Wealth, groupe Crédit Agricole Banque historique de la Principauté
CMB Monaco SAM Groupe Mediobanca, Italie Banque privée locale historique
Banque Richelieu Monaco SAM Groupe Richelieu, France Banque privée
Rothschild & Co Wealth Management Monaco SAM Rothschild & Co, France / Royaume-Uni Wealth management
Moncrief Private Bank (Monaco) SAM SAM Acteur monégasque Banque privée

Le secteur est dominé en nombre par les enseignes de wealth management international et par quelques acteurs locaux historiques. Les succursales françaises servent surtout la continuité avec un compte hexagonal et le retail courant. Le choix se joue donc moins sur la disponibilité que sur l’adéquation entre le profil patrimonial du client et le positionnement de l’acteur retenu.

Banque privée à Monaco : pour qui, à quel ticket d’entrée ?

Avant de choisir un établissement, il faut trancher une question préalable : l’offre patrimoniale locale s’adresse-t-elle vraiment au profil du client ? Les succursales de réseau et les acteurs français installés localement restent ouverts à un dépôt minimum modeste, parfois nul. Le wealth management proposé par les enseignes locales, à l’inverse, fixe des seuils nettement plus élevés.

Selon l’Association Monégasque des Activités Financières interrogée par Monaco Tribune en octobre 2025, les dépôts initiaux exigés vont fréquemment de plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions d’euros ou équivalent, selon le profil du client et l’enseigne. Aucun comparatif tarifaire centralisé et officiel n’existe à ce jour, ce qui oblige à se référer aux brochures officielles datées de chaque acteur.

En contrepartie de ce ticket, le client accède à un dispositif patrimonial complet : portefeuille discrétionnaire ou conseillé, ingénierie patrimoniale et successorale, supervision de fonds étrangers, structurations sur mesure relevant de la loi n° 1.338. Les juristes spécialisés en droit local interviennent en interne ou en réseau, ce qui distingue ces enseignes des comparateurs grand public qui mettent dans le même panier néobanques accessibles depuis la Principauté et acteurs patrimoniaux historiques. Deux objets sans rapport.

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Trois familles d’acteurs aux logiques distinctes

Trois familles cohabitent, avec des logiques de service et de clientèle qui ne se recouvrent pas.

  1. Les acteurs historiques locaux comme CFM Indosuez Wealth ou CMB capitalisent sur un ancrage profond : connaissance du droit local, des familles installées dans la Principauté, du tissu d’experts proches et de la pratique fiscale franco-monégasque. Pertinents pour un résident ou futur résident qui veut une relation de proximité ancrée dans l’écosystème de la Principauté. Notre comparatif des meilleures banques privées replace ces enseignes dans le cadre européen plus large.
  2. Les filiales de groupes français (Société Générale Private Banking, Edmond de Rothschild, Banque Richelieu, Rothschild & Co Wealth Management) offrent une continuité d’écosystème avec la France. Profil typique : un investisseur ou dirigeant français qui transfère sa résidence dans la Principauté sans rompre avec son ingénierie patrimoniale hexagonale, ou qui articule une succession transfrontalière.
  3. Les acteurs suisses et internationaux (Julius Baer, Pictet, J. Safra Sarasin, UBS, EFG, UBP, Andbank) incarnent le wealth management international classique. Profil typique : clientèle multi-juridictionnelle, exposition multi-devises significative, gestion discrétionnaire dans la tradition helvétique. Notre dossier sur les meilleures banques internationales compare la Principauté à la Suisse, au Luxembourg ou à Singapour.

Les critères qui font réellement la différence

Trois critères permettent de trancher entre deux établissements concurrents.

  • Le modèle de gestion : discrétionnaire pour déléguer à un gérant mandaté, conseillée pour conserver la décision finale, family office pour les patrimoines très importants.
  • Le modèle d’adossement : indépendant pour une logique de pure performance et d’absence de conflit d’intérêts produit, adossé à un grand groupe pour bénéficier d’un écosystème de structuration.
  • La profondeur internationale : essentielle pour un patrimoine multi-juridictionnel, marginale pour un résident dont la vie économique se concentre en Europe.
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Conseil de l'équipe
Trois profils justifient d'ouvrir une relation de wealth management dans la Principauté : un résident ou futur résident, un patrimoine financier d'au moins plusieurs centaines de milliers d'euros, et un besoin réel d'accompagnement conseillé sur des sujets complexes (allocation, succession, mobilité fiscale).

En dessous du ticket d'entrée local, une enseigne française d'ingénierie patrimoniale est souvent plus cohérente à examiner qu'un acteur installé localement : le niveau de service patrimonial existe déjà, avec des seuils d'accès plus adaptés. Une mise en concurrence sur les frais, le mandat patrimonial, l'ingénierie successorale et la qualité du suivi reste indispensable, comme l'illustre notre analyse de Louvre Banque Privée.

Comment ouvrir un compte bancaire à Monaco ?

L’ouverture d’un compte localement n’est pas soumise à une restriction légale particulière, mais chaque enseigne reste libre de sa politique d’entrée en relation. Le délai d’analyse de conformité s’étend d’une semaine à deux mois selon le profil du dossier.

Étape 1 : vérifier votre éligibilité et le profil de banque adapté

L’existence de liens économiques, professionnels ou résidentiels avec la Principauté facilite l’entrée en relation. Sans ces liens, l’acceptation reste possible mais beaucoup plus rare. Le choix se joue ensuite sur le segment : retail pour un usage transactionnel, wealth management pour une relation patrimoniale, family office pour les profils les plus internationaux et les patrimoines très importants.

Étape 2 : préparer le dossier KYC complet

Les justificatifs standards demandés par les enseignes locales convergent autour de plusieurs éléments :

  • pièce d’identité valide en cours de validité, recto / verso ;
  • justificatif de domicile de moins de trois mois ;
  • récépissé de demande de titre de séjour pour les personnes en cours d’installation dans la Principauté ;
  • justificatif d’activité professionnelle si applicable (contrat de travail, certificat d’enregistrement de société) ;
  • liste des actifs financiers et immobiliers, avec explication précise sur l’origine du patrimoine ;
  • dernière déclaration fiscale, fréquemment demandée pour les profils privés.

Le dispositif LCB / FT-C local (loi n° 1.362 modifiée par l’ordonnance souveraine n° 11.242 du 30 mai 2025) impose une vigilance renforcée sur l’identification du bénéficiaire effectif et la traçabilité des fonds. Préparer le dossier en amont raccourcit le délai d’analyse.

Pour plus d'informations, prenez contact avec un membre de notre équipe.

Étape 3 : prendre rendez-vous et déposer le dossier en agence

Une ouverture locale passe généralement par un rendez-vous avec l’enseigne, avec une analyse de conformité plus lourde qu’une ouverture de compte en ligne classique. Le rendez-vous initial permet de qualifier le projet, de poser les questions de fond sur la cohérence du dossier et de remettre les documents contractuels. L’analyse complète prend ensuite entre une semaine et deux mois.

Pour combiner ce nouveau compte avec ses comptes français existants, notre dossier sur la détention de plusieurs comptes courants dans des banques différentes précise les règles applicables.

Étape 4 : vérifier si le droit au compte local est mobilisable

En cas de refus, le droit au compte ne s’active pas automatiquement pour tout demandeur. Il vise les personnes physiques ou morales entrant dans les catégories prévues par l’article 2 de la loi n° 1.492 et dépourvues d’un compte de dépôt dans les conditions du texte. Lorsque ces conditions sont réunies, le demandeur peut saisir la Direction du Budget et du Trésor, qui désigne une enseigne chargée d’ouvrir un compte de dépôt assorti des services bancaires de base, sous réserve d’un dossier complet et du respect des obligations LCB-FT-C.

Le saviez-vous ?
Le droit au compte local est souvent présenté comme un raccourci universel pour ouvrir une relation dans la Principauté. C'est inexact. La loi n° 1.492 du 8 juillet 2020 vise des catégories de personnes précises listées par son article 2, et le respect des obligations LCB-FT-C reste dirimant : un refus motivé par un risque de blanchiment ou par un défaut documentaire ne se contourne pas par cette procédure. C'est un filet de sécurité utile à connaître, pas une voie de contournement d'un dossier mal préparé.

Faut-il déclarer son compte monégasque à l’administration fiscale française ?

Oui, pour un résident fiscal français titulaire, cotitulaire, bénéficiaire économique ou utilisateur d’un compte ouvert dans la Principauté. Le compte doit être déclaré chaque année au titre de l’article 1649 A du Code général des impôts, via le formulaire 3916 / 3916-bis joint à la déclaration de revenus. Aucune exception ne s’applique ici, malgré ce que certains articles en ligne laissent entendre.

Les sanctions en cas de non-déclaration sont précisées par les textes et la doctrine BOFiP :

  • 1 500 € par compte non déclaré, sanction par défaut ;
  • 10 000 € par compte si l’État ne dispose pas d’une convention d’assistance avec la France. La Principauté a signé une telle convention, ce niveau ne s’applique donc pas ;
  • majoration de 80 % des droits dus dans les cas prévus par l’article 1729-0 A du CGI, en présence d’avoirs étrangers non déclarés ;
  • majoration de 40 % possible pour la présomption de revenus de l’article 1649 A, selon la doctrine BOFiP applicable.

Côté garantie des dépôts, le FGDR couvre les acteurs ayant leur siège social dans la Principauté et leurs succursales dans le périmètre indiqué. Avant toute ouverture, vérifier la couverture effective via l’outil officiel du FGDR. Pour les transferts de fonds depuis ou vers ce compte, notre dossier sur le plafond des virements bancaires précise les seuils déclaratifs et les vigilances applicables.

Deux profils contrastés
Profil A — résident fiscal français qui ouvre un compte secondaire dans la Principauté. Le compte est qualifié de compte étranger au sens de l'article 1649 A du CGI. Déclaration 3916 obligatoire chaque année, sans condition de seuil. Les revenus du compte restent imposables en France selon les règles de droit commun.

Profil B — futur résident qui transfère son centre de vie dans la Principauté. La convention fiscale franco-monégasque de 1963 prévoit des règles spécifiques : un Français qui transfère son domicile ou sa résidence dans la Principauté peut rester imposable en France sur l'ensemble de ses revenus, sauf cas particuliers prévus par les textes et la doctrine. Ce point doit être validé avant toute installation avec un avocat fiscaliste ou un conseiller patrimonial qualifié, en s'appuyant sur la doctrine BOFiP applicable.

Banque à Monaco : les questions fréquentes des investisseurs

Les questions les plus fréquentes avant d’engager une démarche : combien d’enseignes, laquelle choisir, conditions, dépôt minimum et obligations fiscales.

Combien y a-t-il de banques à Monaco ?

La Principauté compte 24 établissements de crédit agréés par la CCAF au 31 décembre 2025. La liste combine succursales françaises (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Lyonnais, La Banque Postale) et SAM locales majoritairement positionnées sur le wealth management et l’ingénierie patrimoniale.

Quelle est la meilleure banque à Monaco ?

Il n’existe pas de classement officiel centralisé. Le bon choix dépend du profil patrimonial et de l’usage. Pour le retail, les succursales françaises offrent une continuité avec un compte hexagonal. Pour le wealth management, CFM Indosuez Wealth, CMB, Edmond de Rothschild, Julius Baer et Pictet figurent parmi les acteurs historiquement les plus présents.

Peut-on ouvrir un compte bancaire à Monaco en habitant en France ?

Oui, sous réserve de l’acceptation de l’enseigne qui reste libre de sa politique d’entrée en relation. L’absence de lien économique, professionnel ou résidentiel avec la Principauté rend l’acceptation plus rare en pratique. La déclaration via le formulaire 3916 sera ensuite obligatoire chaque année.

Quel est le dépôt minimum pour ouvrir un compte à Monaco ?

Pour le retail, généralement aucun dépôt minimum n’est exigé. Pour le segment patrimonial haut de gamme, les dépôts d’entrée vont fréquemment de plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions d’euros selon l’enseigne et le profil. Les grilles précises figurent dans les brochures officielles de chaque acteur.

Faut-il déclarer son compte monégasque au fisc français ?

Oui, pour tout résident fiscal français concerné, au titre de l’article 1649 A du CGI, via le formulaire 3916 / 3916-bis. Sanction par défaut de 1 500 € par compte non déclaré ; le montant majoré de 10 000 € ne s’applique pas ici, car une convention d’assistance avec la France a été signée.

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Auteur
Kévin Gouraud
Rédacteur Financer
Kévin Gouraud est rédacteur financier chez Online Asset, spécialisé en investissement, optimisation fiscale et gestion de patrimoine. Diplômé en économie (Toulouse Capitole) et en droit des affaires (Montréal), il publie des analyses sourcées et actionnables pour aider les épargnants à décider en confiance.
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Contenu rédigé par l'équipe éditoriale d'Online Asset.
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