Au 31 décembre 2025, la Principauté compte 24 établissements de crédit agréés et plus de 100 milliards d’euros d’encours géré et conseillé fin 2024 selon la CCAF. Une place régulée à double agrément ACPR / CCAF, qu’il faut distinguer du statut de juridiction fiscale non coopérative au sens des listes officielles. Y ouvrir un compte reste possible mais sélectif. Ce guide pose la liste officielle, le cadre légal, les conditions d’ouverture et les obligations fiscales à connaître avant d’engager une démarche.
La Principauté combine un agrément ACPR pour l'activité bancaire et un agrément CCAF pour les activités financières. Pour un résident fiscal français, la déclaration annuelle 3916 reste obligatoire, sans condition de seuil. Synthèse des éléments structurants à connaître avant toute démarche.
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Agrément
Toute banque privée locale combine en pratique deux agréments : ACPR pour l'activité bancaire au titre de l'accord franco-monégasque (décret n° 2010-1599), CCAF pour les activités financières au sens de la loi n° 1.338 du 7 septembre 2007.
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Conformité
Dispositif LCB / FT-C sous l'autorité de l'AMSF, dont les conditions d'application ont été révisées par l'ordonnance souveraine n° 11.242 du 30 mai 2025. Pression de conformité accrue sur les dossiers d'entrée en relation, sans remise en cause des agréments en place.
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Ticket d'entrée
Aucun dépôt minimum réglementaire dans la Principauté. En gestion de fortune, le ticket d'entrée est fixé par chaque enseigne et ne fait l'objet d'aucune publication officielle.
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Fiscalité française
Pour tout résident fiscal français titulaire, cotitulaire ou bénéficiaire économique, déclaration 3916 obligatoire chaque année, sans condition de seuil. Les revenus du compte restent imposables en France selon les règles de droit commun.
Sources : CCAF (liste d'agrément au 31/12/2025, rapport annuel 2024), ACPR (Conventions franco-monégasques, décret n° 2010-1599 du 20/12/2010), Légifrance (article 1649 A du CGI), GAFI / FATF (documentation officielle), AMSF (loi n° 1.362 du 3 août 2009 et ordonnance souveraine n° 2.318 modifiée par l'ordonnance souveraine n° 11.242 du 30 mai 2025), AMAF.
La place financière de Monaco en 2026
À la date de publication, la Principauté doit être distinguée des juridictions fiscales non coopératives : le sujet relève ici d’une place conventionnée avec la France et d’un cadre de conformité renforcé, pas d’un statut fiscal unique. Pour éviter toute ambiguïté, il faut recouper la liste européenne des juridictions non coopératives, la liste française ETNC en vigueur et la documentation GAFI. La nuance est déterminante pour comprendre le cadre dans lequel s’inscrit toute ouverture de compte.
- Liste UE des juridictions non coopératives à des fins fiscales (annexe I, conclusions du Conseil de l'Union européenne) : Monaco n'y figure pas.
- Liste française ETNC au sens de l'article 238-0 A du CGI : Monaco n'y figure pas non plus.
- Liste du GAFI des juridictions sous surveillance renforcée en matière de LCB-FT-C : cette liste est de nature prudentielle, pas fiscale, et son contenu à jour se consulte auprès du GAFI.
Quelques chiffres et faits structurants posent le décor en 2026 :
- Encours géré et / ou conseillé d’environ 100 milliards d’euros fin 2024, selon les chiffres publiés par la CCAF sur sa page « La place financière en chiffres ». Le rapport annuel CCAF 2024 mentionne précisément 100,1 Md€.
- 24 établissements de crédit agréés au 31 décembre 2025, selon la liste officielle CCAF, qui combine succursales françaises (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Lyonnais, La Banque Postale) et SAM locales majoritairement positionnées sur l’ingénierie patrimoniale et le wealth management.
- L’ACPR agrée et contrôle les établissements de crédit, de paiement et de monnaie électronique implantés dans la Principauté, en application du décret n° 2010-1599. La Banque de France intervient pour les contrôles sur place.
- Une exigence de conformité élevée : la vigilance LCB-FT-C exercée sous le contrôle de l’AMSF ne remet pas en cause l’agrément des acteurs bancaires, mais elle pèse sur l’instruction des dossiers d’entrée en relation.
Pour la replacer dans son panorama international, notre classement des pays à fiscalité avantageuse la présente comme l’une des juridictions résidence les plus attractives d’Europe. Pour la qualification précise au regard des paradis fiscaux, le réflexe à privilégier reste la consultation des listes officielles à jour : liste européenne des juridictions non coopératives, liste française ETNC, documentation GAFI.
Le cadre réglementaire : un double agrément ACPR / CCAF
Le système bancaire et financier local repose sur une distinction qu’il faut intégrer dès le départ : l’activité bancaire et les activités financières ne relèvent pas de la même autorité.
L’activité bancaire au sens strict (réception de dépôts, octroi de crédits, services de paiement, monnaie électronique) relève du droit français de portée générale appliqué via l’accord franco-monégasque publié par le décret n° 2010-1599 du 20 décembre 2010. L’ACPR délivre les agréments, exerce la supervision prudentielle et peut sanctionner les acteurs concernés. Les contrôles sur place sont conduits par les agents de la Banque de France.
Les activités financières au sens de la loi n° 1.338 du 7 septembre 2007 (gestion de portefeuille, gestion de fonds, conseil en investissement, réception-transmission d’ordres) relèvent en revanche de la CCAF, autorité administrative indépendante. Une banque privée locale combine donc en pratique deux agréments : ACPR pour les opérations bancaires, CCAF pour la gestion. Une nuance que les articles généralistes confondent souvent.
S’ajoute le dispositif LCB / FT-C, encadré par la loi n° 1.362 du 3 août 2009 modifiée et par l’ordonnance souveraine n° 2.318 du 3 août 2009 fixant ses conditions d’application, elle-même modifiée par l’ordonnance souveraine n° 11.242 du 30 mai 2025, sous l’autorité de l’AMSF (Autorité Monégasque de Sécurité Financière). Les obligations de vigilance, l’identification du bénéficiaire effectif et le dispositif de soupçon sont ceux d’une place européenne standard. Enfin, l’accord monétaire entre l’Union européenne et la Principauté rend applicables localement, dans les conditions qu’il prévoit, les réglementations européennes listées à son annexe A, régulièrement mise à jour par la Commission. Le règlement européen DORA est susceptible de s’appliquer par ce mécanisme.
- Loi n° 1.338 du 7 septembre 2007 sur les activités financières (cadre CCAF).
- Loi n° 1.492 du 8 juillet 2020 instituant le droit au compte dans la Principauté.
- Loi n° 1.362 du 3 août 2009 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la corruption, modifiée, et son ordonnance souveraine d'application n° 2.318 du 3 août 2009, modifiée par l'ordonnance souveraine n° 11.242 du 30 mai 2025.
- Décret français n° 2010-1599 du 20 décembre 2010 publiant l'accord franco-monégasque sur la réglementation bancaire (agrément et contrôle ACPR).
- Accord monétaire entre l'Union européenne et la Principauté, dont l'annexe A liste les réglementations européennes applicables localement et fait l'objet de mises à jour régulières par la Commission.
La liste des banques agréées à Monaco au 31 décembre 2025
La CCAF publie la liste officielle des sociétés et établissements agréés. La CCAF actualise cette liste régulièrement ; le recensement présenté ici reprend la situation au 31 décembre 2025. Les 24 acteurs recensés se répartissent sur trois logiques d’activité distinctes : forme juridique, groupe d’origine et positionnement client principal sont indiqués pour chacun, dénominations reprises de la liste officielle CCAF.
Banques de réseau et banques universelles
Établissements présents en Principauté, leur forme d'implantation, leur groupe d'appartenance et leur positionnement commercial
| Établissement | Forme | Groupe / Origine | Positionnement |
|---|---|---|---|
| BNP Paribas | Succursale | Groupe BNP Paribas, France | Banque universelle, retail / pro |
| Société Générale | Succursale | Groupe Société Générale, France | Banque universelle, retail / pro |
| Crédit Lyonnais | Succursale | Groupe Crédit Agricole, France | Banque universelle |
| La Banque Postale | Succursale | Groupe La Poste, France | Banque universelle de proximité |
| Caisse d'Épargne et de Prévoyance de la Côte d'Azur | Succursale | Groupe BPCE, France | Banque régionale |
| Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel Provence Côte d'Azur | Succursale | Groupe Crédit Agricole, France | Banque régionale |
| Banque Populaire Méditerranée | Succursale | Groupe BPCE, France | Banque régionale |
| SA Lyonnaise de Banque - LB | Succursale | Groupe CIC, Crédit Mutuel Alliance Fédérale, France | Retail / pro |
| Barclays Bank PLC | Succursale | Groupe Barclays, Royaume-Uni | Banque universelle internationale |
| Banca Popolare di Sondrio (Suisse) | Succursale | Banca Popolare di Sondrio, Italie / Suisse | Banque commerciale italo-suisse |
Tableau indicatif : l'offre commerciale et les conditions d'entrée en relation varient selon l'établissement et le profil du client.
Banques privées internationales
Établissements de gestion de fortune et de wealth management implantés en Principauté, par forme juridique, groupe d'origine et positionnement
| Établissement | Forme | Groupe / Origine | Positionnement |
|---|---|---|---|
| Bank Julius Baer (Monaco) SAM | SAM | Julius Baer, Suisse | Private banking |
| Bank Pictet & Cie (Europe) AG | Succursale | Groupe Pictet, Suisse | Gestion de fortune indépendante |
| Banque J. Safra Sarasin (Monaco) SA | SAM | J. Safra Sarasin, Suisse | Banque privée |
| Edmond de Rothschild (Monaco) | SAM | Edmond de Rothschild, Suisse / France | Gestion de patrimoine |
| EFG Bank (Monaco) SAM | SAM | EFG International, Suisse | Banque privée internationale |
| UBS (Monaco) SA | SAM | UBS, Suisse | Wealth management |
| Union Bancaire Privée | Succursale | UBP, Suisse | Gestion de fortune indépendante |
| Andbank Monaco SAM | SAM | Andbank, Andorre | Banque privée internationale |
| Société Générale Private Banking (Monaco) | SAM | Groupe Société Générale, France | Branche private banking SG |
Tableau indicatif : les conditions d'entrée en relation, les tickets minimums et les prestations varient selon l'établissement et le profil patrimonial du client.
Banques privées et acteurs historiques monégasques
Établissements de gestion privée de droit monégasque ou solidement ancrés en Principauté, par forme juridique, groupe d'origine et positionnement
| Établissement | Forme | Groupe / Origine | Positionnement |
|---|---|---|---|
| CFM Indosuez Wealth | SAM | Indosuez Wealth, groupe Crédit Agricole | Banque historique de la Principauté |
| CMB Monaco | SAM | Groupe Mediobanca, Italie | Banque privée locale historique |
| Banque Richelieu Monaco | SAM | Groupe Richelieu, France | Banque privée |
| Rothschild & Co Wealth Management Monaco | SAM | Rothschild & Co, France / Royaume-Uni | Wealth management |
| Moncrief Private Bank (Monaco) SAM | SAM | Acteur monégasque | Banque privée |
Tableau indicatif : les conditions d'entrée en relation, les tickets minimums et les prestations varient selon l'établissement et le profil patrimonial du client.
Le secteur est dominé en nombre par les enseignes de wealth management international et par quelques acteurs locaux historiques. Les succursales françaises servent surtout la continuité avec un compte hexagonal et le retail courant. Le choix se joue donc moins sur la disponibilité que sur l’adéquation entre le profil patrimonial du client et le positionnement de l’acteur retenu.
Banque privée à Monaco : pour qui, à quel ticket d’entrée ?
Avant de choisir un établissement, il faut trancher une question préalable : l’offre patrimoniale locale s’adresse-t-elle vraiment au profil du client ? Les succursales de réseau et les acteurs français installés localement restent ouverts à un dépôt minimum modeste, parfois nul. Le wealth management proposé par les enseignes locales, à l’inverse, fixe des seuils nettement plus élevés.
Aucun dépôt minimum n’est fixé par la réglementation monégasque. Les seuils d’entrée en relation en gestion de fortune relèvent de la politique commerciale de chaque établissement et sont à demander directement à l’enseigne. Aucun comparatif tarifaire centralisé et officiel n’existe à ce jour, ce qui oblige à se référer aux brochures officielles datées de chaque acteur.
En contrepartie de ce ticket, le client accède à un dispositif patrimonial complet : portefeuille discrétionnaire ou conseillé, ingénierie patrimoniale et successorale, gestion de fonds étrangers et conseil, activités agréées au titre de la loi n° 1.338. Les juristes spécialisés en droit local interviennent en interne ou en réseau, ce qui distingue ces enseignes des comparateurs grand public qui mettent dans le même panier néobanques accessibles depuis la Principauté et acteurs patrimoniaux historiques. Deux objets sans rapport.
Trois familles d’acteurs aux logiques distinctes
Trois familles cohabitent, avec des logiques de service et de clientèle qui ne se recouvrent pas.
- Les acteurs historiques locaux comme CFM Indosuez Wealth ou CMB capitalisent sur un ancrage profond : connaissance du droit local, des familles installées dans la Principauté, du tissu d’experts proches et de la pratique fiscale franco-monégasque. Pertinents pour un résident ou futur résident qui veut une relation de proximité ancrée dans l’écosystème de la Principauté. Notre comparatif des meilleures banques privées replace ces enseignes dans le cadre européen plus large.
- Les enseignes adossées à un groupe présent en France (Société Générale Private Banking, Edmond de Rothschild, Banque Richelieu, Rothschild & Co Wealth Management) offrent une continuité d’écosystème avec la France. Profil typique : un investisseur ou dirigeant français qui transfère sa résidence dans la Principauté sans rompre avec son ingénierie patrimoniale hexagonale, ou qui articule une succession transfrontalière.
- Les acteurs suisses et internationaux (Julius Baer, Pictet, J. Safra Sarasin, UBS, EFG, UBP, Andbank) incarnent le wealth management international classique. Profil typique : clientèle multi-juridictionnelle, exposition multi-devises significative, gestion discrétionnaire dans la tradition helvétique. Notre dossier sur les meilleures banques internationales compare la Principauté à la Suisse, au Luxembourg ou à Singapour.
Les critères qui font réellement la différence
Trois critères permettent de trancher entre deux établissements concurrents.
- Le modèle de gestion : discrétionnaire pour déléguer à un gérant mandaté, conseillée pour conserver la décision finale, family office pour les patrimoines très importants.
- Le modèle d’adossement : indépendant pour une logique de pure performance et d’absence de conflit d’intérêts produit, adossé à un grand groupe pour bénéficier d’un écosystème de structuration.
- La profondeur internationale : essentielle pour un patrimoine multi-juridictionnel, marginale pour un résident dont la vie économique se concentre en Europe.
En dessous du ticket d'entrée local, une enseigne française d'ingénierie patrimoniale est souvent plus cohérente à examiner qu'un acteur installé localement : le niveau de service patrimonial existe déjà, avec des seuils d'accès plus adaptés. Une mise en concurrence sur les frais, le mandat patrimonial, l'ingénierie successorale et la qualité du suivi reste indispensable, comme l'illustre notre analyse de Louvre Banque Privée.
Comment ouvrir un compte bancaire à Monaco ?
L’ouverture d’un compte localement n’est pas soumise à une restriction légale particulière et chaque enseigne reste libre de sa politique d’entrée en relation, sous réserve du droit au compte ouvert par la loi n° 1.492 aux catégories de personnes qu’elle énumère. La réglementation ne fixe aucun délai pour une entrée en relation de droit commun : la durée d’instruction dépend de l’établissement et de la complexité du dossier. Dans le cadre du droit au compte, en revanche, le compte de dépôt est ouvert dans les quinze jours ouvrés suivant la réception de l’ensemble des pièces requises.
Étape 1 : vérifier votre éligibilité et le profil de banque adapté
L’existence de liens économiques, professionnels ou résidentiels avec la Principauté facilite l’entrée en relation. Sans ces liens, l’acceptation reste possible mais beaucoup plus rare. Le choix se joue ensuite sur le segment : retail pour un usage transactionnel, wealth management pour une relation patrimoniale, family office pour les profils les plus internationaux et les patrimoines très importants.
Étape 2 : préparer le dossier KYC complet
Les justificatifs standards demandés par les enseignes locales convergent autour de plusieurs éléments :
- pièce d’identité en cours de validité, recto / verso ;
- justificatif de domicile de moins de trois mois ;
- récépissé de demande de titre de séjour pour les personnes en cours d’installation dans la Principauté ;
- justificatif d’activité professionnelle si applicable (contrat de travail, certificat d’enregistrement de société) ;
- liste des actifs financiers et immobiliers, avec explication précise sur l’origine du patrimoine ;
- dernière déclaration fiscale, fréquemment demandée pour les profils privés.
Le dispositif LCB / FT-C local (loi n° 1.362 du 3 août 2009 modifiée et son ordonnance souveraine d’application n° 2.318, modifiée par l’ordonnance souveraine n° 11.242 du 30 mai 2025) impose une vigilance renforcée sur l’identification du bénéficiaire effectif et la traçabilité des fonds. Préparer le dossier en amont raccourcit le délai d’analyse.
Étape 3 : prendre rendez-vous et déposer le dossier en agence
Une ouverture locale passe généralement par un rendez-vous avec l’enseigne, avec une analyse de conformité plus lourde qu’une ouverture de compte en ligne classique. Le rendez-vous initial permet de qualifier le projet, de poser les questions de fond sur la cohérence du dossier et de remettre les documents contractuels. L’analyse complète qui suit n’est encadrée par aucun délai réglementaire : sa durée varie selon l’enseigne et la difficulté du dossier.
Pour combiner ce nouveau compte avec ses comptes français existants, notre dossier sur la détention de plusieurs comptes courants dans des banques différentes précise les règles applicables.
Étape 4 : vérifier si le droit au compte local est mobilisable
En cas de refus, le droit au compte ne s’active pas automatiquement pour tout demandeur. Il vise les personnes physiques ou morales entrant dans les catégories prévues par l’article 2 de la loi n° 1.492 et dépourvues d’un compte de dépôt dans les conditions du texte. Lorsque ces conditions sont réunies, le demandeur peut saisir la Direction du Budget et du Trésor, qui désigne une enseigne chargée d’ouvrir un compte de dépôt assorti des services bancaires de base, sous réserve d’un dossier complet et du respect des obligations LCB-FT-C.
Faut-il déclarer son compte monégasque à l’administration fiscale française ?
Oui, pour un résident fiscal français titulaire, cotitulaire, bénéficiaire économique ou utilisateur d’un compte ouvert dans la Principauté. Le compte doit être déclaré chaque année au titre de l’article 1649 A du Code général des impôts, via le formulaire 3916 / 3916-bis joint à la déclaration de revenus. Aucune exception ne s’applique ici, malgré ce que certains articles en ligne laissent entendre.
Les sanctions en cas de non-déclaration sont précisées par les textes et la doctrine BOFiP :
- 1 500 € par compte non déclaré et par année non prescrite, sanction par défaut prévue par le 2 du IV de l’article 1736 du CGI ;
- 10 000 € par compte si l’État ne dispose pas d’une convention d’assistance avec la France. La Principauté a signé une telle convention, ce niveau ne s’applique donc pas ;
- majoration de 80 % des droits dus prévue par l’article 1729-0 A du CGI en présence d’avoirs étrangers non déclarés, qui se substitue à l’amende forfaitaire sans pouvoir lui être inférieure ;
- majoration de 40 % possible pour la présomption de revenus de l’article 1649 A, selon la doctrine BOFiP applicable.
Côté garantie des dépôts, le périmètre de couverture dépend du statut de l’établissement. Avant toute ouverture, vérifier la protection effective, enseigne par enseigne, via l’outil officiel du FGDR. Pour les transferts de fonds depuis ou vers ce compte, notre dossier sur le plafond des virements bancaires précise les seuils déclaratifs et les vigilances applicables.
Profil B — futur résident qui transfère son centre de vie dans la Principauté. La convention fiscale franco-monégasque signée le 18 mai 1963 prévoit des règles spécifiques : en application de son article 7-1, un Français qui transfère son domicile ou sa résidence dans la Principauté reste imposable en France sur l'ensemble de ses revenus, sauf s'il justifie de cinq ans de résidence habituelle à Monaco à la date du 13 octobre 1962. Ce point doit être validé avant toute installation avec un avocat fiscaliste ou un conseiller patrimonial qualifié, en s'appuyant sur la doctrine BOFiP applicable.
Banque à Monaco : les questions fréquentes des investisseurs
Les questions les plus fréquentes avant d’engager une démarche : combien d’enseignes, laquelle choisir, conditions, dépôt minimum et obligations fiscales.
Combien y a-t-il de banques à Monaco ?
La Principauté compte 24 établissements de crédit, agréés par l’ACPR au titre de l’accord franco-monégasque et inscrits au 31 décembre 2025 sur la liste CCAF des entités autorisées à exercer une ou plusieurs activités financières. La liste combine succursales françaises (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Lyonnais, La Banque Postale) et SAM locales majoritairement positionnées sur le wealth management et l’ingénierie patrimoniale.
Quelle est la meilleure banque à Monaco ?
Il n’existe pas de classement officiel centralisé. Le bon choix dépend du profil patrimonial et de l’usage. Pour le retail, les succursales françaises offrent une continuité avec un compte hexagonal. Pour le wealth management, CFM Indosuez Wealth, CMB Monaco, Edmond de Rothschild (Monaco), Bank Julius Baer (Monaco) et Pictet banque privée figurent parmi les établissements de crédit agréés positionnés sur ce segment.
Peut-on ouvrir un compte bancaire à Monaco en habitant en France ?
Oui, sous réserve de l’acceptation de l’enseigne qui reste libre de sa politique d’entrée en relation. L’absence de lien économique, professionnel ou résidentiel avec la Principauté rend l’acceptation plus rare en pratique. La déclaration via le formulaire 3916 sera ensuite obligatoire chaque année.
Quel est le dépôt minimum pour ouvrir un compte à Monaco ?
Aucun dépôt minimum n’est imposé par la réglementation monégasque. Les seuils d’entrée en relation varient d’un établissement à l’autre et ne sont recensés dans aucun document public. Les grilles précises figurent dans les brochures officielles de chaque acteur, qu’il faut solliciter au cas par cas.
Faut-il déclarer son compte monégasque au fisc français ?
Oui, pour tout résident fiscal français concerné, au titre de l’article 1649 A du CGI, via le formulaire 3916 / 3916-bis. Sanction par défaut de 1 500 € par compte non déclaré et par année non prescrite ; le montant majoré de 10 000 € ne s’applique pas ici, car une convention d’assistance administrative avec la France a été signée.
- CCAF : Liste officielle des sociétés et établissements agréés
- ACPR : Conventions franco-monégasques
- Légifrance : Article 1649 A du Code général des impôts
- gouv.fr : Formulaire 3916 / 3916-bis
- BOFiP : déclaration des comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos hors de France
- BOFiP : convention fiscale France-Monaco, imposition des personnes physiques
- BOFiP : transfert du domicile fiscal vers Monaco
- FGDR : Vérifier la protection de mon établissement