Vous voyez tomber un dividende sur votre compte-titres, et vous pensez avoir « gagné » 1 000 €, puis vous découvrez le prélèvement quelques jours plus tard.
En 2026, ce scénario devient un peu plus coûteux, car le PFU ou flat tax augmente. L’enjeu n’est pas théorique : la date d’encaissement, l’enveloppe utilisée et le mode d’imposition choisi peuvent changer le net réellement perçu.
Flat Tax / PFU : l'essentiel en un coup d'œil
Le taux en vigueur et le changement 2026
- 1 En 2025, le PFU est de 30 % : 12,8 % d'impôt et 17,2 % de contributions. C'est le taux forfaitaire appliqué par défaut sur la plupart des intérêts, dividendes et plus-values mobilières.
- 2 À partir du 1er janvier 2026, le PFU passe à 31,4 % (LFSS 2026) : 12,8 % d'impôt et 18,6 % de contributions, sous l'effet de la hausse de la CSG. Ce sont surtout les prélèvements sociaux qui augmentent.
- 3 Impact concret : sur 10 000 € de dividendes, vous conservez désormais 6 860 € net (contre 7 000 € en 2025), soit 140 € de prélèvement supplémentaire.
Les points essentiels à retenir
- ✓ Le PFU à 31,4 % s'applique automatiquement, sauf si vous choisissez d'opter pour le barème lors de la déclaration.
- ✓ Le bon choix dépend surtout de votre taux marginal d'imposition et des abattements mobilisables.
- ✓ Le PFU vise les revenus de capitaux mobiliers : intérêts, dividendes, plus-values de titres, et une partie des gains sur crypto.
- ✓ Certains placements conservent un taux à 30 %, notamment l'assurance-vie et l'épargne logement.
- ✓ Une dispense d'acompte de 12,8 % peut exister selon le RFR, mais elle ne supprime pas l'imposition finale.
La Flat Tax 2026 en détail : Pourquoi le taux change-t-il ?
Le relèvement à 31,4 % (loi de finances 2026, art. X / LFSS 2026) ne vient pas d’un changement de philosophie sur l’épargne, mais d’un ajustement des contributions sociales. La partie « impôt » reste identique, alors que la CSG augmente, ce qui renchérit le coût du PFU sur les revenus financiers. Cette hausse s’inscrit dans le financement de la sécurité sociale, avec un impact mécanique sur le net encaissé.
La hausse de la CSG à 10,6 % et le nouveau taux global de 31,4 %
Le ressort est simple : la composante d’impôt du PFU reste fixée à 12,8 %, tandis que la composante sociale évolue. En 2026, la CSG sur les revenus du capital passe à 10,6 %, ce qui porte l’ensemble des contributions sociales à 18,6 %.
Additionnées, ces deux briques forment un taux global de 31,4 % pour la majorité des dividendes, intérêts et plus-values imposés au PFU, hors enveloppes exonératoires. Sur 1 000 € de gain imposable, l’écart représente 14 € de prélèvement supplémentaire par rapport à 30 %. Pris isolément, cela paraît modeste, mais l’effet devient visible sur un portefeuille qui distribue régulièrement ou sur des coupons obligataires. Sur des montants significatifs, l’écart de 1,4 point se mesure vite en net annuel, et ce repère sur le rendement pour un placement de 200 000 euros aide à quantifier l’impact réel du PFU sur une stratégie orientée revenus.
Autre point pratique : c’est la date de mise à disposition des fonds qui pilote le taux appliqué, pas la date de décision de distribution. Pour éviter les surprises, il faut raisonner en net et intégrer ce surcoût dans la comparaison des supports. Cela vaut particulièrement pour les placements à coupon connu, où l’écart de 1,4 point se voit immédiatement, et ce taux actualisé des meilleurs compte à terme aide à comparer le rendement affiché au rendement net après PFU.
La décomposition du PFU : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de charges sociales
Le PFU est un impôt à taux unique : il additionne une part d’impôt sur le revenu (12,8 %) et une part de contributions (18,6 % en 2026). Sur les intérêts et dividendes, l’établissement prélève souvent un acompte de 12,8 % au moment du versement, sauf dispense, et retient aussi les contributions sociales.
Ensuite, la déclaration sert à régulariser, car l’impôt final dépend de l’option fiscale choisie : maintien au PFU ou bascule au barème progressif. Pour les plus-values de titres, l’impôt et les prélèvements sont, le plus souvent, liquidés lors de la déclaration, à partir du gain net annuel. C’est aussi à ce stade que les moins-values imputables viennent réduire l’assiette, ce qui peut changer sensiblement le résultat final.
Enfin, l’option pour le barème est globale sur les revenus concernés : elle ne se choisit pas ligne par ligne. En clair, le PFU n’est pas seulement un taux, c’est une mécanique d’acompte et de régularisation.
Source : Legifrance - LFSS 2026
Qui est réellement impacté par l’augmentation du PFU en 2026 ?
La hausse touche d’abord les gains encaissés hors enveloppes fiscales protectrices : dividendes et plus-values de compte-titres, intérêts de placements bancaires imposables, et cessions d’actifs numériques.
À l’inverse, certains produits restent à 30 % selon leur régime, ce qui peut déplacer l’intérêt relatif des supports et la gestion du calendrier d’encaissement des revenus du capital.
- Compte-titres : 31,4 % sur dividendes et plus-values, avec un effet direct sur les placements financiers orientés rendement.
- Assurance-vie, PEL, CEL : maintien à 30 % dans les situations les plus courantes, utile pour certains produits d’épargne à horizon moyen.
- Actifs numériques : application du PFU à 31,4 % ; l’enjeu pratique est de savoir quand et comment payer la flat tax à la suite d’une cession.
Avant de conclure, un point opérationnel évite des erreurs coûteuses : vérifier la date de versement et conserver les justificatifs. L’IFU, les relevés et les avis d’opéré simplifient les échanges avec l’administration fiscale en cas de contrôle ou de correction.
Quel taux de Flat Tax pour vos placements en 2026 ?
En 2026, le sujet n’est pas seulement le taux affiché, mais le support qui encaisse le revenu, et la date à laquelle il est versé. La plupart des intérêts, dividendes et plus-values passent à 31,4 %, tandis que quelques enveloppes restent à 30 % par décision législative.
Pour éviter les mauvaises surprises, la méthode la plus fiable consiste à identifier le prélèvement forfaitaire unique applicable à chaque ligne, puis à comparer le net réellement perçu. Dès lors que la priorité est de lisser des encaissements réguliers, ce guide pour placer votre argent pour un revenu mensuel complète utilement l’approche en reliant fiscalité, rythme de distribution et stabilité du net.
| Placement | Revenus concernés | Taux 2026 | Point d'attention utile |
|---|---|---|---|
| Compte-titres (CTO) | Dividendes, plus-values d'actions, coupons imposables | 31,4 % | Option barème possible mais globale, arbitrage selon TMI et abattements |
| Assurance-vie | Produits du contrat selon conditions | 30 % | Prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %, abattements annuels selon ancienneté |
| Crypto-monnaies | Plus-values sur cessions d'actifs numériques | 31,4 % | Traçabilité et pièces justificatives, obligations déclaratives renforcées |
| Crowdfunding, obligations, comptes à terme, livrets imposables | Intérêts et coupons | 31,4 % | Acompte d'IR souvent prélevé, régularisation à la déclaration |
| PEL, CEL (intérêts) | Intérêts des plans et comptes logement imposables | 30 % | Exception 2026 avec contributions maintenues |
| Livret A, LDDS, LEP | Intérêts | 0 % | Exonération d'impôt et de prélèvements sociaux |
Le passage à 31,4 % sur la plupart des revenus de capitaux mobiliers renforce l'intérêt des enveloppes défiscalisées. Les livrets réglementés restent les seuls placements totalement exonérés, tandis que l'assurance-vie conserve ses avantages après 8 ans. Pour le CTO et les crypto-monnaies, l'option barème mérite une simulation individuelle selon votre tranche marginale.
Comptes-titres (CTO) : Fiscalité des dividendes et plus-values d’actions
Sur un CTO, les dividendes et plus-values entrent dans la catégorie des revenus de capitaux : par défaut, l’impôt est prélevé au PFU, puis régularisé lors de la déclaration. Dans la pratique, un dividende crédite le compte et la retenue suit presque immédiatement, alors que la fiscalité des plus-values se joue surtout en fin d’année, après compensation des lignes gagnantes et perdantes.
- Avec l’abattement de 40 %, le barème peut devenir intéressant sur les dividendes, pas sur les plus-values.
- Les moins-values s’imputent sur les plus-values de même nature et peuvent se reporter, ce qui réduit l’assiette taxable.
- La durée de détention n’allège pas automatiquement l’impôt sur les titres cotés, d’où l’intérêt de piloter les dates de cession.
Le point clé est de caler les arbitrages sur la déclaration de revenus : option globale, reports, et cohérence d’ensemble avec les autres revenus du foyer.
Assurance-vie : Le « sanctuaire » à 30 % pour les versements post-2017
L’assurance-vie conserve un taux total de 30 % sur une large part des gains, et cette stabilité profite surtout aux contrats alimentés par des versements post-2017.
Concrètement, l’écart de 1,4 point face au CTO se voit quand les rachats partiels deviennent réguliers, par exemple pour compléter un revenu, financer un projet, ou lisser une trésorerie.
- L’abattement annuel sur les produits après un certain délai réduit la base imposable et améliore le net encaissé.
- L’ancienneté du contrat conditionne les avantages disponibles, ce qui rend coûteuses les fermetures inutiles d’un contrat déjà mature.
- Les produits d’un contrat d’assurance vie se pilotent aussi par la chronologie : date des versements, mode de rachat, et objectif (revenu ou transmission).
Le bon raisonnement est d’intégrer ce support dans une logique d’optimisation fiscale, où l’horizon et les abattements pèsent parfois plus que le taux seul. Quand l’objectif est patrimonial et non tactique, l’essentiel devient la trajectoire sur plusieurs décennies, et cette estimation de combien rapporte une assurance vie sur 60 ans permet de replacer l’avantage “30 %” dans une logique de long terme.
Crypto-monnaies : Le nouveau régime du PFU à 31,4 % sur les actifs numériques
Pour les crypto-monnaies, la règle est directe : la plupart des gains sur cessions sont traités au PFU, donc à 31,4 % en 2026, ce qui rend la traçabilité des actifs numériques indispensable.
Un investisseur qui multiplie les conversions ou utilise plusieurs plateformes doit surtout sécuriser ses preuves d’achat, de cession et de frais, car l’assiette dépend du gain net réellement constaté.
- L’imposition au barème progressif n’est pas le mode standard : le PFU reste la règle générale pour les cessions imposables.
- Depuis janvier 2019, le cadre fiscal est stabilisé autour d’un taux forfaitaire, avec des obligations déclaratives dédiées.
- Un projet de loi européen, transposé ensuite, renforce le reporting des plateformes, ce qui rend les omissions plus risquées. A noter que le renforcement du reporting est en cours (MiCA / transposition attendue 2026).
Le changement le plus concret tient à la déclaration automatique accrue des transactions, ce qui impose une comptabilité simple, mais rigoureuse.
Crowdfunding et livrets bancaires : La taxation des intérêts et coupons
Les intérêts de crowdfunding, les coupons obligataires, les comptes à terme et les livrets bancaires imposables suivent en général le PFU à 31,4 %. Sur ces produits, la confusion vient souvent de l’acompte : il s’agit d’un prélèvement forfaitaire non libératoire, une avance d’impôt qui sera régularisée lors de la déclaration annuelle.
- L’impôt à taux unique simplifie la lecture du net, mais ne supprime pas la logique d’acompte et de solde.
- Quand un intérêt est payé fin décembre, l’imposition se traite sur l’année suivante, ce qui peut perturber une trésorerie mal calibrée.
- Le calcul de la flat doit intégrer frais de plateforme et risque de défaut, sinon le rendement apparent surestime le rendement réel. Quand l’objectif est de diversifier sans se limiter aux supports bancaires classiques, cette sélection des meilleurs placements hors des banques permet de comparer les alternatives en intégrant, dès le départ, fiscalité, frais et risque.
Une bonne discipline consiste à archiver IFU, relevés et attestations dès la mise en place du placement, pour éviter de reconstruire l’historique au moment de déclarer.
Épargne logement : Quel taux pour les intérêts des PEL et CEL ?
Sur l’épargne logement, 2026 introduit une singularité utile : les intérêts des PEL et CEL concernés restent taxés à 30 %, car les contributions sociales y sont maintenues. Cette exception a été actée via la loi de finances 2026 qui maintient un taux global de 30% sur l’épargne logement éligible (dispositif voté).
Autrement dit, un épargnant qui utilise l’épargne logement ne bascule pas automatiquement à 31,4 %, ce qui peut redonner de l’intérêt à ces supports pour une poche sécurisée.
- Un PEL imposable supporte 12,8 % d’impôt et 17,2 % de contributions, soit 30 % au total.
- Un CEL suit la même logique lorsque ses intérêts sont imposables, avec une retenue visible au crédit des intérêts.
- Le taux contractuel du plan reste déterminant : une fiscalité plus douce ne compense pas un rendement trop bas.
L’enjeu est de comparer le net avec les alternatives, en tenant compte de l’horizon et de la disponibilité des fonds. Pour une comparaison crédible, il faut mettre en face des produits assurantiels concrets et leurs rendements servis, et ce point sur le taux pour une assurance vie GMF donne un repère utile pour calibrer la poche “sécurisée” hors CTO.
L’exception des livrets réglementés (Livret A, LDDS) face au PFU
Les livrets réglementés échappent au PFU : leurs intérêts ne supportent ni impôt ni prélèvements sociaux, ce qui en fait une poche de liquidité utile, même quand le rendement nominal paraît modeste.
Pour un ménage qui cherche de la disponibilité, les livrets réglementés offrent un net immédiat, sans arbitrage fiscal à la déclaration. C’est aussi un support naturel pour l’épargne de précaution.
- L’exonération totale signifie que le rendement affiché est celui encaissé, sans surprise sur l’avis d’impôt.
- Les conditions d’éligibilité peuvent limiter certains livrets, mais ceux ouverts restent simples à gérer au quotidien.
- La garantie des dépôts sécurise les montants dans les limites prévues, ce qui complète la logique de réserve de sécurité.
Dans une stratégie globale, ces livrets jouent un rôle de socle, tandis que le régime fiscal du PFU s’apprécie surtout sur la poche d’investissement et de rendement.
Cas particuliers : Quand la Flat Tax devient complexe
Le PFU donne une impression de simplicité, mais certains revenus sortent du cadre, et c’est là que les erreurs deviennent fréquentes. Les situations qui mélangent immobilier, expatriation ou revenus atypiques exigent de vérifier le régime applicable, car le taux n’est pas toujours celui attendu. Cette section présente les cas particuliers où la flat tax ne fonctionne pas comme sur un compte-titres. Dans ces configurations, l’arbitrage ne se résume plus à un taux, et notre avis sur les meilleurs placements financiers aide à comparer les supports selon leur régime fiscal réel, la liquidité et la prévisibilité du net.
SCPI et revenus fonciers : Pourquoi le PFU ne s’applique-t-il pas ?
Une SCPI détenue en direct verse le plus souvent des loyers : ces distributions sont qualifiées de revenus fonciers. Elles relèvent donc du barème de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux applicables à l’immobilier, pas du PFU. Le contraste se voit vite : deux placements affichant le même rendement brut peuvent produire des nets très différents selon le taux marginal.
Exemple fréquent : un foyer à 30 % de TMI qui encaisse des distributions régulières découvre que l’impôt suit la logique des revenus immobiliers, et non une retenue “tout compris”. À l’inverse, la même exposition via une assurance-vie suit la fiscalité du contrat, ce qui change le calcul. C’est précisément là que se pose la question de l’enveloppe la plus cohérente pour viser du rendement net, et ce comparatif SCPI ou PEA aide à arbitrer entre fiscalité, régularité des revenus et contraintes de détention.
Plus-values immobilières : La distinction entre PFU et régime général
La vente d’un bien immobilier n’entre pas dans le PFU : elle suit un régime spécifique, généralement une imposition au titre de l’impôt et des prélèvements sociaux, avec parfois une surtaxe selon le montant de la plus-value. Le point décisif tient aux abattements pour durée de détention : plus la détention est longue, plus l’assiette taxable diminue, jusqu’à l’exonération au terme des délais légaux, qui ne sont pas identiques pour l’impôt et pour les prélèvements sociaux (en pratique, 22 ans et 30 ans). Concrètement, la date d’acquisition est souvent plus déterminante que le “taux” dans l’arbitrage.
Non-résidents fiscaux : Le prélèvement forfaitaire est-il libératoire ?
Pour un non-résident, le traitement dépend du type de revenu et des conventions fiscales. Sur des dividendes ou intérêts de source française, une retenue peut être opérée, puis un ajustement est possible si la convention prévoit un taux réduit. Le sujet central est le prélèvement à la source : selon la situation, il peut constituer l’imposition finale, ou n’être qu’un acompte qui ouvre droit à restitution sur demande.
La clé est documentaire : attestation de résidence, formulaires adaptés, et respect des délais. Un dossier incomplet conduit souvent à subir le taux par défaut, puis à attendre longtemps pour corriger.
Exit Tax : Comment la Flat Tax suit-elle votre expatriation ?
Lors d’un départ de France, l’exit tax vise certaines plus-values latentes sur des participations importantes, même sans vente immédiate. Le point clé est la résidence fiscale : le changement de résidence peut déclencher des obligations déclaratives et des mécanismes de sursis, sous conditions, qui se fragilisent si les formalités sont mal respectées.
Dans la pratique, un dirigeant qui prépare une expatriation doit anticiper la valorisation de référence, le calendrier de départ et les projets de cession à moyen terme. L’enjeu n’est pas de comparer 31,4 % et 30 %, mais de sécuriser le dossier avant le départ.
Arbitrage 2026 : Faut-il choisir le PFU ou le barème progressif ?
Le PFU donne une réponse immédiate, mais il n’est pas toujours optimal. Le bon critère n’est pas le taux affiché, c’est votre taux effectif après abattements, déductions possibles et régularisation à la déclaration. À compter du 1er janvier 2026, le PFU passe à 31,4 %, ce qui rend la comparaison encore plus sensible dès que les revenus financiers deviennent récurrents.
Le nouveau « point de bascule » fiscal selon votre TMI (0%, 11%, 30%, 41%, 45%)
L’arbitrage se lit comme un choix entre une taxe ou prélèvement forfaitaire qui sécurise un net prévisible, et une imposition au barème qui peut s’adoucir sur les dividendes grâce aux abattements. Le point de bascule dépend de la tranche marginale, mais aussi de la nature des revenus et du profil global du foyer.
- À 0 %, le barème est souvent gagnant si l’assiette reste faible.
- À 11 %, les dividendes éligibles peuvent basculer côté barème.
- À 30 %, les intérêts et plus-values penchent souvent côté PFU.
- À 41 %, le barème devient l’exception, pas la règle.
- À 45 %, le PFU est généralement le repère le plus protecteur.
En pratique, l’option est globale et passe par la case 2OP : elle s’applique à l’ensemble des revenus concernés, pas à un seul produit, ce qui impose une simulation “année complète” avant de trancher.
Le secret des dividendes : comment l’abattement de 40 % change la donne
L’abattement de 40 % ne réduit pas la taxation sociale sur les dividendes : il réduit la base soumise à l’impôt sur le revenu lorsque le barème est choisi. La conséquence est simple : ce qui compte, c’est la part correspondant à l’IR dans votre facture, pas le total prélevé à la source.
Sur 10 000 € de dividendes, l’assiette d’IR tombe à 6 000 €, mais les prélèvements sociaux restent calculés sur le brut. Autre nuance : l’abattement vise les dividendes éligibles, pas les intérêts, et il s’apprécie dans un arbitrage global (option 2OP).
Pourquoi l’option au barème permet de déduire une partie de CSG (6,8 %)
Quand le barème est choisi, une fraction de CSG devient déductible du revenu imposable l’année suivante. Cette CSG 6,8 % ne crée pas un remboursement immédiat, mais diminue la base d’impôt sur le revenu, donc le coût final selon la tranche. La logique est donc à deux temps : prélèvement aujourd’hui, avantage fiscal l’année suivante, ce qui peut compter quand les montants deviennent significatifs.
Simulation 2026 : Calcul de rentabilité pour un dividende de 10 000 €
Un investisseur perçoit 10 000 € de dividendes sur un compte-titres en 2026. Au PFU, le repère est clair : 31,4 % prélevés, soit 3 140 €, pour un net de 6 860 € (taux global appliqué à compter de 2026).
Si le barème est choisi, l’abattement de 40 % ramène l’assiette d’IR à 6 000 €, mais les prélèvements sociaux restent dus sur 10 000 €. À 11 % de tranche, l’IR avoisine 660 €, et le total (IR + contributions) devient inférieur au PFU.
À 30 %, l’IR grimpe vers 1 800 €, le total dépasse 3 660 €, et le PFU redevient généralement plus favorable, même en tenant compte de la déductibilité partielle de CSG. Pour transformer cette logique en décision concrète, comparer une distribution à un rendement “simple” est souvent éclairant, et ce repère sur le rendement mensuel pour 10 000 euros permet d’évaluer ce que le net représente réellement en revenu.
Stratégies d’optimisation pour dirigeants et hauts revenus
Pour un dirigeant ou un foyer très imposé, la fiscalité se pilote en structure, en calendrier et selon les besoins du foyer. Quand les distributions deviennent régulières, l’arbitrage entre salaire, dividendes et réinvestissement se raisonne comme une stratégie. Dans certains cas, le régime mère-fille aide à capitaliser au niveau d’une société avant de remonter des revenus vers la personne physique.
Dividendes vs Salaire : L’arbitrage pour les chefs d’entreprise (SAS/SASU)
Dans une SAS ou SASU, le salaire ouvre des droits et se finance via des cotisations, mais il est déductible du résultat et s’intègre au barème des traitements. Les dividendes, eux, ne sont pas déductibles et arrivent au foyer soumis à la flat tax par défaut.
En 2026, l’augmentation du PFU rend l’écart plus visible sur les distributions régulières. Le point décisif dépasse souvent l’impôt : protection sociale, capacité d’emprunt, stabilité du revenu et besoin de trésorerie personnelle. La méthode robuste consiste à partir du revenu annuel nécessaire au foyer, puis à ajuster le mix en tenant compte des objectifs de long terme.
La Contribution Différentielle (CDHR) : L’imposition minimale de 20 %
La contribution différentielle sur les hauts revenus vise à éviter qu’un foyer très aisé affiche un taux d’imposition trop faible au regard de ses revenus. Le mécanisme consiste à comparer l’impôt effectivement acquitté à un minimum et, si nécessaire, à ajouter une contribution pour atteindre un plancher proche de 20 % d’imposition effective, selon les règles et seuils applicables.
Comment le PFU impacte votre Revenu Fiscal de Référence (RFR)
Même lorsqu’un revenu est taxé au PFU, la mécanique déclarative et les seuils restent déterminants. Le RFR pilote notamment la possibilité de demander une dispense d’acompte sur certains revenus, et peut conditionner des dispositifs liés à des plafonds.
Concrètement, un foyer qui cumule dividendes, intérêts et plus-values doit donc regarder l’arbitrage PFU vs barème, mais aussi l’effet “seuils” (dispense, contributions, avantages conditionnels) avant de figer sa stratégie.
Holding patrimoniale : Une alternative au PFU pour réinvestir sans frottement
Une holding patrimoniale peut changer la logique, non pas en supprimant l’impôt, mais en déplaçant le moment de la taxation personnelle. L’idée est de recevoir des flux au niveau de la société, de les réallouer et de réduire le frottement fiscal immédiat lorsque l’objectif est de réinvestir plutôt que de consommer.
Cette approche a du sens quand les montants sont significatifs, que la gouvernance est claire et que les coûts de structure restent proportionnés.
- La remontée de dividendes depuis une filiale peut être largement neutralisée dans certaines configurations, ce qui facilite la capitalisation.
- Le réinvestissement se fait au niveau de la société, avec une discipline de gestion comparable à celle d’un portefeuille.
- La sortie redevient fiscale quand l’argent remonte vers la personne physique, ce qui impose un plan cohérent.
Ce type de structuration doit rester défendable et documenté, car les règles évoluent au gré des textes votés à l’Assemblée Nationale. Une holding utile se pilote comme un outil de long terme, avec une comptabilité propre et des décisions formalisées.
Guide déclaratif : Comment déclarer vos revenus au PFU en 2026 ?
La Flat Tax se joue en deux temps : prélèvement à l’encaissement, puis régularisation lors de la déclaration. Les erreurs les plus coûteuses viennent rarement du taux, mais d’un document absent ou d’une case mal cochée. Ce guide déclaratif sert à verrouiller le parcours, du versement jusqu’au traitement final.
- Janvier 2026 : versement du dividende, retenue de 31,4% par la banque
- Février 2026 : réception de l'IFU (au plus tard le 15 février 2027 pour transmission définitive)
- Avril-mai 2027 : déclaration 2042 relative au revenu 2026, choix PFU ou barème (case 2OP)
- Été 2027 : avis d'imposition 2026, régularisation éventuelle
Formulaire 2777 et déclaration 2042 : Les dates clés du calendrier fiscal
Le jour où un dividende ou un intérêt est crédité, l’établissement payeur retient généralement l’impôt et les contributions, et l’investisseur voit directement un montant net. Le formulaire 2777-SD concerne surtout les payeurs : il sert à reverser les retenues selon un rythme mensuel.
Côté particulier, le point de vigilance est la date de paiement : c’est elle qui rattache le revenu à l’année fiscale. Ensuite, la déclaration 2042 (au printemps) sert à confirmer le régime, imputer l’acompte et régulariser le solde.
Les cases indispensables à connaître : 2OP, 2BH, 2VG et 2TR
Les montants sont souvent préremplis via l’IFU de la banque, mais le choix final dépend des cases fiscales cochées. Nuance clé : l’option 2OP s’applique en bloc, pas ligne par ligne. Relire ces cases avant validation évite un basculement involontaire.
- 2OP : l’option pour le barème bascule les revenus concernés au barème progressif, parfois plus favorable selon la situation.
- 2BH : elle sécurise l’imputation du prélèvement à la source sur certains intérêts, pour éviter une double taxation apparente.
- 2VG : elle reprend les plus-values mobilières nettes, après compensation des moins-values et prise en compte des reports.
- 2TR : elle regroupe des produits à revenu fixe (intérêts, coupons), généralement préremplis à partir de l’IFU.
Avant envoi, conserver l’imprimé fiscal unique et comparer avec les relevés reste le meilleur contrôle. Ce réflexe repère les doublons, les revenus étrangers oubliés et les erreurs de rattachement d’année.
Prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL) : Comment éviter l’avance de trésorerie ?
Dans certains cas, l’impôt sur le revenu lié aux intérêts et dividendes est prélevé sous forme d’acompte, puis régularisé ensuite. C’est le sens “non libératoire” : l’acompte n’éteint pas l’impôt, il l’anticipe. Pour éviter cette avance, il est possible de demander une dispense d’acompte sur la part “impôt” lorsque le revenu fiscal de référence est sous les seuils (50 000 € pour une personne seule, 75 000 € pour un couple).
Attention : la dispense ne supprime pas les prélèvements sociaux, et la régularisation se fait toujours à la déclaration. La demande se fait auprès de l’établissement payeur.
Comment demander une dispense d’acompte de Flat Tax pour 2027 ?
La demande se prépare avec l’avis d’impôt le plus récent, car l’éligibilité dépend du revenu fiscal de référence de l’année retenue.
Concrètement, il faut transmettre à la banque ou à l’établissement payeur une attestation sur l’honneur avant la date limite fixée par l’administration (souvent fin novembre), pour que la dispense s’applique aux versements de l’année suivante. Les seuils de dispense doivent être respectés au moment de la demande : en cas d’erreur, l’acompte peut être réclamé. Ce dispositif n’annule pas les prélèvements sociaux.
FAQ 2026 : Tout comprendre au Prélèvement Forfaitaire Unique
La fiscalité du capital peut sembler simple, puis devenir floue dès qu’il faut choisir une option, compenser une moins-value ou comprendre une exception. Cette FAQ répond à des situations concrètes, avec des repères fiables pour optimiser votre fiscalité et éviter les mauvaises surprises au moment de valider la déclaration.
La hausse de la Flat Tax à 31,4 % est-elle rétroactive sur les gains 2025 ?
En règle générale, le taux applicable dépend de l’année où le revenu est réputé acquis, le plus souvent lors de son encaissement. Un dividende payé et crédité en 2025 reste rattaché à 2025, même si le titre a été détenu depuis longtemps. À l’inverse, un coupon crédité en janvier 2026 relève de 2026. Le principe de non-rétroactivité est donc respecté, mais la frontière est très concrète : date de versement, date de valeur et enveloppe fiscale.
Peut-on compenser des moins-values boursières avec des revenus au PFU ?
Les moins-values sur titres s’imputent d’abord sur des plus-values de même nature, au sein de l’année, puis peuvent être reportées sur les années suivantes. Elles ne viennent pas réduire des dividendes ou des intérêts, qui suivent leur propre traitement. En pratique, la clé est la traçabilité : conserver les avis d’opéré et récapitulatifs annuels permet d’utiliser vos moins-values reportables quand un gain important se présente, plutôt que de les perdre faute de justificatif.
La Flat Tax s'applique-t-elle aux revenus fonciers (SCPI, location nue) ?
Non, en détention directe, une SCPI distribue majoritairement des revenus fonciers qui relèvent du barème de l’impôt sur le revenu, avec les prélèvements sociaux correspondants. Le PFU peut réapparaître si l’investissement immobilier est logé dans une enveloppe comme l’assurance-vie, car le revenu est alors traité au niveau du contrat. La nuance utile est donc de distinguer SCPI en direct et SCPI logée dans une enveloppe, car la déclaration et le régime fiscal changent vraiment.
Le PEL est un cas particulier : ses intérêts sont imposés chaque année, et les règles varient selon la date d’ouverture. Pour les plans les plus anciens, une phase d’exonération d’impôt sur le revenu a pu s’appliquer, puis l’imposition intervient au-delà d’un certain âge du plan. Dans le cadre 2026, l’enjeu est surtout de vérifier si le PEL reste dans le régime spécifique à 30 % ou s’il bascule au taux standard. Le bon repère est l’ancienneté du plan indiquée sur l’IFU.
Quel est l'impact de la Flat Tax sur les réductions d'impôts (Dons, Pinel) ?
Les réductions d’impôt s’imputent en priorité sur l’impôt sur le revenu calculé au barème. Or, le PFU est un prélèvement forfaitaire : une partie de vos revenus peut sortir du calcul “classique”, ce qui limite parfois l’utilisation de certaines réductions (dons, Pinel, etc.). L’arbitrage devient intéressant lorsque l’option au barème fait revenir ces revenus dans l’assiette du barème, ce qui peut améliorer l’efficacité de vos réductions d’impôts. Une simulation simple avant de cocher 2OP évite une mauvaise surprise.
- Legifrance - Loi n° 2025-1403 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (JORF)
- Vie publique - LFSS 2026, synthèse des mesures et hausse ciblée de CSG sur les revenus du capital
- Assemblée nationale - Amendement n°1104 au PLFSS 2026, exceptions à la hausse de CSG
- Impots.gouv.fr - Les revenus mobiliers, PFU et option 2OP
- Impots.gouv.fr - Valeurs mobilières, imposition des dividendes et plus-values
- Impots.gouv.fr - Dispense du prélèvement forfaitaire non libératoire, conditions liées au RFR
- BOFiP-Impots - Prélèvement forfaitaire obligatoire non libératoire, règles et seuils
- Impots.gouv.fr - Formulaire 2777-SD, revenus de capitaux mobiliers et prélèvements à la source
- Impots.gouv.fr - Formulaire 2042, déclaration des revenus
Comment est taxé un vieux PEL (plus de 12 ans) avec le nouveau taux ?